Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
Littérature - Polars/Thrillers - SFFF - Romances - BD....

mardi 16 juin 2020

Le fantôme de Mrs Muir









Auteur : R.A. Dick
Editions : Libretto




Au début des années 1900 en Angleterre, une jeune veuve, Lucy Muir, étouffant auprès de sa belle-mère et de sa belle-soeur, décide de louer un cottage dans la station balnéaire de Whitecliff. Elle s y installe avec sa fille Anna et son fils Cyril. La maison est hantée et, dès le premier soir, elle surprend l apparition de l ancien propriétaire, un capitaine de la marine du nom de Daniel Gregg....
Paru le 4 novembre 2016

Mon avis :

Une jolie surprise que ce petit roman dont je n'avais jamais entendu parler.

Lorsque la "petite" Mrs Muir se retrouve veuve, elle décide d'enfin prendre sa vie en main et de décider seule de ce dont elle a envie. Pour fuir une belle famille envahissante, elle projette d'aller vivre à Whitecliff, au bord de la mer. Tout de suite, son choix se porte sur la propriété Les mouettes que l'agent immobilier finit par lui faire visiter avec beaucoup de réticence. Et pour cause..... la maison est hantée par son ancien propriétaire, un vieux loup de mer qui a bourlingué sur tous les océans du monde. Qu'à cela ne tienne, la jeune femme ne recule pas et maintient son désir d'habiter la maison.
Entre la réservée et même timorée jeune femme qui ose à petits pas s'émanciper et ce vieux bougon irascible qui a tout vécu, les relations vont être parfois houleuses, et souvent drôles.... Mais finalement ils passent un accord, une sorte de pacte de confiance, et la cohabitation commence de façon plus ou moins tumultueuse pour s'installer au mieux avec quelques épisodes marquants.

Les années passent ainsi, les sentiments s'infléchissent doucement sans même qu'ils l'appréhendent tant la relation amoureuse est impossible, les enfants grandissent et Daniel Gregg veille inlassablement sur Lucy, il est là pour l'aider, pour la sortir d'embarras, pour la consoler, tantôt en tempêtant et la bousculant, tantôt avec beaucoup de délicatesse mais aussi pour la pousser à réaliser ce qu'elle veut ...... De bien jolies interactions entre ces deux personnages si différents, des moments cocasses, d'autres plus sensibles...

C'est vraiment un roman savoureux, plein d'humour mais pas que.... très subtilement, on y décèle une critique sous-jacente de la place de la femme dans la famille et dans la société et de la difficulté de s'affirmer dans bien des domaines... L'auteur dresse un très jolie portrait de femme fragile mais déterminée qui peu à peu s'émancipe.
Mon petit bémol sera pour la longueur du roman, une vie entière en 196 pages, c'est un peu court, j'en aurais aimé un peu plus, mais cependant la lecture a été fort agréable et vraiment divertissante.

Mon appréciation📚📚📚

samedi 13 juin 2020

Sept mensonges






Auteur : Elizabeth Kay
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire





Tout a commencé par un mensonge. Un tout petit mensonge...

Jane et Marnie sont inséparables depuis l'enfance. Et si Jane avait été honnête depuis le début – si elle n'avait pas menti cette toute première fois –, alors peut-être que les choses auraient pu tourner autrement. Peut-être que le mari de sa meilleure amie serait encore en vie.
Le temps est venu pour Jane de dire la vérité, enfin... sa vérité. Tandis qu'elle se confie et décortique les sept mensonges qu'elle a racontés à Marnie, chacun plus terrible que le précédent, elle révèle les couches de noirceur qui ont infiltré leur amitié et les secrets toxiques qui remuent sous la surface. Mais une vérité peut toujours en cacher une autre...
Paru le 11 juin 2020

Mon avis

Comment parler de ce livre sans tout d'abord se focaliser sur l'objet livre incroyable. Il est magnifique et attire l’œil avec ses 7 encoches qui font échos au titre et qui s'inscrivent totalement dans l'esprit du livre. Quel beau travail éditorial ! 

Jane est la narratrice et elle s'adresse à quelqu'un dont on ne connait pas l'identité. Elle lui raconte son histoire d'amitié-fusion avec l'envoûtante Marnie. Une belle amitié qui peu à peu sera abîmée par une suite de mensonges depuis le plus petit, anodin,  qui va entraîner tous les autres...
Jane raconte la rencontre, la fascination, la profonde connexion entre elles... Elle raconte les hommes de leur vie Jonathan, Charles qui les ont accompagnées ou séparées... Elle raconte les bonheurs de la vie mais aussi ses injustices, les deuils....

Elle livre les moments clés de leur parcours méthodiquement avec une volonté de transparence et de sincérité qui contraste avec les mensonges évoqués un à un. L'auteur instaure un jeu de temporalité entre les secrets du passé et la franchise du présent.

Des indices sont révélés peu à peu, mots en italique parsemés au fil des pages, permettant de comprendre l'implication de chacun, à quel degré... mort annoncée avant la narration des faits, prévenant le mystérieux interlocuteur, attirant son attention, suscitant une attente et par là-même celle du lecteur, la tension psychologique enfle lorsque les mensonges s'enchaînent inéluctablement...

Outre l'histoire complexe entre les deux jeunes femmes, j'ai beaucoup aimé le mystère entretenu sur l'identité de l'interlocuteur., on est amené par de minuscules indices, un adjectif possessif, une interpellation... à déduire et imaginer de qui il s'agit. C'est très intelligemment construit, deux mystères qui s'imbriquent et nous tiennent en haleine.

Quant à la plume de l'auteur, elle est élégante avec un vrai sens des formules. Elle décrit de façon fouillée les relations entre les personnages, se fait parfois cinématographique en se focalisant sur un geste, un détail, grossissant un trait, elle évoque les interrogations de Jane et sème insidieusement le doute sur l'authenticité du récit ....

(p.108) ".Qu'est ce que ça raconte de moi? De ma capacité à travestir la vérité ?.[......] 
C'est ma vérité, après tout. Ce n'est pas exactement la même chose que la vérité."

Une plume qui aborde en plus de l'intrigue principale des sujets divers avec sensibilité, les émotions affleurent  avec beaucoup de justesse, les relations entre sœurs, avec la mère, la maladie, la vieillesse, le deuil, la douleur de l'absence.... il y a vraiment de très beaux passages dans ce roman et l'articulation entre le sordide et l'humanité est vraiment maîtrisée. Et d'ailleurs le personnage de Jane est particulièrement intéressant, on a tantôt beaucoup d'empathie pour elle, et tantôt de l'incompréhension, voire du rejet..

Une superbe lecture et une fin parfaite que j'ai particulièrement aimée, cette ouverture inquiétante qui donne le frisson.....  Un livre que je relirai assurément !


Un grand merci à Robert Laffont et La collection  La Bête Noire 





lundi 27 avril 2020

Paul Manacoeur







Auteur : Bertrand Le Chatain
Editions : Librinova


Paris, février 2018 Paul Manacoeur - ancien ministre bardé de diplômes et de décorations, patriarche respecté de sa famille - semble avoir tout réussi. Mais deux mots, murmurés avec peine à sa petite-fille Juliette, suffiront à dynamiter cette image lisse et austère, si soigneusement entretenue. Deux mots, dont le prénom d'une femme que personne ne connaît... Qui est donc cette mystérieuse personne ? Quel a été son impact sur la vie de Paul ? Et pourquoi ce secret ? 

Paris, octobre 1962 Jeune fonctionnaire prometteur, Paul Manacoeur débute sa carrière à Matignon, en tant que "plume" du Premier ministre. Au cœur du pouvoir, il y fréquente les grandes figures de la République, de Georges Pompidou au jeune Jacques Chirac. Il y fait bientôt une autre rencontre, à laquelle rien ne l'a préparé. Que s'est-il donc passé entre ces deux dates ? Quelle a vraiment été la vie de Paul Manacoeur ? Surmontant ses peurs, Juliette va mener une enquête qui la mènera dans les coulisses de l'État aux débuts de la Ve République, pour percer ce mystère : qui était vraiment Paul Manacoeur ? Plongez dans ce roman palpitant, entre amour passionnel, politique et secrets de famille. 
Paru le 13 décembre 2019

Mon avis :

Lorsque Bertrand Le Chatain m'a contactée pour me proposer son livre, j'avoue avoir hésité... La politique n'est pas un thème qui me passionne mais la promesse d'un mélange des genres à finir par me convaincre de tenter cette lecture et je ne le regrette absolument pas.....

Lorsque sur son lit d’hôpital, Paul Manacoeur, l'honorable ancien ministre, murmure le prénom d'une femme inconnue à sa petite fille Juliette, celle-ci n'aura de cesse de comprendre qui est cette personne qui semble si importante pour son grand-père. Cette quête va peu à peu lui laisser entrevoir le jeune homme qu'il a été, bien loin de l'image grave et sérieuse qu'elle lui connait. Et c'est en découvrant les écrits qu'il lui a laissés qu'elle va prendre la mesure de cette vie incroyable ....

1962, Matignon est le cadre prestigieux dans lequel Paul Manacoeur,  jeune homme ambitieux bien décidé à s'élever dans la société, fait ses armes. Il a soif de réussite et de reconnaissance. Dans ce haut lieu, il croise des noms bien connus qui sous la plume de l'auteur prennent une densité toute particulière. La figure policée de ces hommes d'état laisse place à des êtres plus abordables, plus humains Il y a Georges Pompidou au regard perspicace, grand amateur d'art et de littérature.  Et puis aussi Jacques Chirac, facétieux et bon enfant qui se révélera plein de délicatesse et un ami inestimable ...
Paul est en pleine ascension lorsqu'il rencontre Julie et c'est le coup de foudre immédiat...

Juliette lit jour après jour la confession passionnante du vieil homme, c'est une cartographie précise d'un amour idéalisé, secret, en huis clos, un amour violent, étouffant mais auquel il ne peut échapper.
Julie est une femme exaltée, irrationnelle qui a soif d'absolu et qui se montre parfois d'une jalousie féroce. Les blessures du passé ont forgé sa personnalité complexe et envoûtante. Paul est plus rationnel, et c'est avec l'expérience des années qu'il porte un regard sans concession sur ses erreurs, sur sa naïveté et sur son auto satisfaction...

L'histoire est belle, pleine de bruit et de fureur, une histoire extra-ordinaire qu'on a du mal à lâcher. Elle s'articule entre le présent de la jeune étudiante au chevet de son grand-père et le passé de cet homme qu'elle ne savait pas connaître si peu... Tous les éléments s'imbriquent dans un récit alerte, captivant jusqu'au dénouement seulement suggéré et totalement inattendu...  Mon côté cartésien a trouvé terriblement frustrant de ne pas en savoir plus, j'aurais bien lu quelques pages supplémentaires...

Il y a beaucoup de choses que j'ai aimé dans ce roman, les personnages très denses, la précision des sentiments, l'élégance des scènes intimes, l'intelligence de la narration entre passé-présent, entre correspondance, journal et récit, la réalité de l'époque (on sent un vrai travail de documentation), les références littéraires et musicales, le Japon qui prend une place prépondérante  et j'ai surtout beaucoup aimé cette idée de transmission entre les générations, cette confession qui permet à la jeune fille de remettre de l'ordre dans sa propre vie.

Une bien jolie lecture et je remercie tout particulièrement l'auteur
pour sa confiance et sa très grande compréhension ... 


.Mon appréciation📚📚📚📚

samedi 18 avril 2020

Un hiver long et rude







Auteur : Mary Lawson
Editions : 10-18





Rien ne va plus chez les Cartwright. Alors qu'Emily s'apprête à donner naissance à son huitième enfant, qu'Edward, le père, cherche dans son bureau une échappatoire au chaos ambiant, que Tom, le fils aîné, s'enferme dans la dépression, Megan, fille unique de la fratrie et mère de substitution de chacun, décide de voler de ses propres ailes. À vingt et un ans, l'heure est venue pour la jeune fille de se libérer des siens. Adieu le Grand Nord canadien, bonjour le swinging London ! Pendant que Megan se cherche dans la Vieille Europe, les Cartwright, eux, tentent de survivre. Qui pour s'occuper du foyer, désormais ? Pour remplir le frigo ? Pour protéger Adam, quatre ans, et ses frères de la folie douce d'Emily ?
Paru le 21 janvier 2016

Mon avis

Un petit coup de cœur pour ce livre tellement sensible.... Je crois vraiment que les romans qui me touchent le plus sont ceux dont les personnages sont au premier plan, personnages fouillés, en constante évolution, avec une histoire crédible et profonde et c'est assurément le cas de celui-ci.

Struan, fin des années 60, la famille Cartwright, famille nombreuse de 7 enfants, se débat dans des difficultés quotidiennes. C'est Megan la seule fille qui tient toute la maison avec rigueur et efficacité. Elle pallie auprès de ses frères aux manques des parents. Le père, démissionnaire vit entre son bureau, ses livres, et son travail. Emily la mère ne se réalise qu'avec un nourrisson dans les bras, oubliant à chaque naissance le reste de sa progéniture. 

Lorsque Adam le dernier-né a suffisamment grandi, Megan parvient enfin à prendre son envol, se libérer de cette famille qu'elle aime mais qui ne lui permet pas de se réaliser... Elle part s'installer à Londres. Ce départ légitime va bouleverser totalement le fragile équilibre familial d'autant plus qu'un petit dernier inattendu pointe le nez après son départ....

C'est à travers trois personnages en particulier que l'on va suivre et comprendre au fil des pages les relations si complexes de cette famille désunie. 
Megan, son départ, son arrivée en Angleterre et son installation mouvementé. Quel joli personnage, vibrant, intelligent, plein de ressources. Sa découverte du monde pleine de désillusion est passionnante.

Tom, le fils aîné, brillant étudiant dans la filière aéronautique, est d'une grande lucidité et d'une grande sensibilité mais en proie à une profonde dépression. Il est refermé sur lui-même, repoussant difficilement une culpabilité dévorante, oubliant ses ambitions et refusant tout contact humain.  Il traîne sa solitude dans le chasse-neige municipal, nettoyant les rues jour après jour... C'est aussi le seul à prendre en compte l'adorable petit Adam beaucoup trop effacé et complètement délaissé.

Edward le père, qui semble tellement égoïste mais qu'on apprend peu à peu à comprendre. Hanté par son passé, ses rêves, ses regrets, rongé par la colère d'une vie qu'il subit,  il reste en périphérie de la famille, dépassé par ses adolescents, démuni devant sa femme à la dérive, conscient de ses manques mais totalement paralysé par la peur et les souvenirs des drames de son enfance. C'est émouvant de le voir échouer chacune de ses velléités de communication avec ses enfants... 

Je les ai tous aimés avec leurs failles, leurs blessures, leurs hésitations, chacun évolue au fil du temps, tente de faire ce qu'il peut pour s'en sortir.
J'ai tellement aimé Tom, sa sensibilité à fleur de peau, et sa relation si particulière avec Adam, !
Megan est formidable, figure de prou de la famille, la plus solide j'ai particulièrement apprécié son caractère bien trempé, sa détermination à s'en sortir mais aussi son profond attachement à sa famille et son sens du devoir.
Quant à Edward, on comprend son désarroi sans l'absoudre pour autant....
Des personnages tout en contraste, jamais manichéens, tous émouvants et même parfois bouleversants.

Trois années tumultueuses dans l'intimité d'une famille dévastée... on y parle de parents déficients, d'enfants mal aimés, de négligence devenant maltraitance, d'adolescents en perdition,  de la difficulté à s'accomplir mais surtout à communiquer,  de la solitude de chacun,  mais aussi de solidarité familiale....
Après un long et rude hiver, le printemps n'est-il pas attendu ?

Un superbe roman  !

Mon appréciation :

jeudi 16 avril 2020

Fanny Cloutier ou L'année où mon père m'a forcée à le suivre au bout du bout du monde




Auteur : Stéphanie Lapointe
Illustrations : Marianne Ferrer
Editions : Kennes Editions



Partir. J'ai lu quelque part qu'il existe dans la vie deux catégories de personnes. Les optimistes... et les autres. Et je suis pas débile: c'est sûr que je voudrais gros comme le monde appartenir à la première catégorie. Mais depuis que mon père a décidé de me forcer à le suivre au Japon. C'est la grosse catastrophe internationale dans ma tête. Je peux pas croire... Je preux juste pas croire qu'il ose me déraciner pour la deuxième fois en un an!!!!!! Et j'ai pas le choix. Je vais devoir partir. "Un jour ma belle Fanny, je suis sûr que tu vas me remercier pour tout ça!" Le remercier. Mon père est fou. Besoin de toi dès maintenant, Journal.
Paru le 13 novembre 2019

Mon avis

J'avais beaucoup aimé le tome 1 et j'attendais avec beaucoup d'impatience ce tome 2 pour suivre les nouvelles aventures de la petite Fanny.
Au tout début du récit, Fanny se prépare à quitter le Québec pour rejoindre, contrainte et forcée, son père au Japon. Il lui est très difficile de faire ses adieux à ses amis Léonie et Henri, les situations sont troubles et conflictuelles, elle laisse derrière elle des malentendus et des non-dits.

Son arrivée au Japon n'est guère plus simple, ses relations avec son père sont toujours tendues et la présence de la nouvelle compagne Yoko n'arrange en rien les choses.
Nouveau pays, nouvelle vie, nouveau lycée.... il faut se faire de nouveaux amis et son journal reste primordial dans sa vie d'adolescente. Elle y déverse toutes ses frustrations, ses joies, ses hésitations, ses peurs et ses chagrins. Toujours aussi à fleur de peau, Fanny réagit souvent de façon exagérée, maladroite ou colérique,  mais réussit à s'intégrer à un petit groupe et à apaiser ses relations avec son père. Cependant ses amitiés restent chaotiques et ses émois amoureux confus.

Si j'ai retrouvé un objet livre coloré, graphique, toujours aussi agréable à feuilleter, j'ai été plutôt déçue par l'histoire en elle-même. Je n'ai pas retrouvé ce petit plus, cette profondeur qu'il y avait dans le premier tome. Les soucis premiers de Fanny sont désormais ses amours, elle a un pied au Japon et un pied au Québec et elle reste indécise. Tous ses écrits sont ceux d'une adolescente impulsive face ses troubles émotionnels.
J'ai été beaucoup moins touchée par ses nouvelles préoccupations, son triangle amoureux et ses déboires en amitié et surtout j'ai grandement regretté la pauvreté des allusions au Japon.... Finalement, Fanny va dans un lycée français, elle ne côtoie guère que des français à l'exception des quelques trop rares apparitions de Yoko et sa mère. Elle ne découvre absolument pas le pays, ses coutumes..... j'ai été très frustrée pendant toute ma lecture de ce manque-là. J'ai regretté aussi qu'il n'y ait pas plus de références japonaises dans les dessins et les graphismes.... En définitive, n'importe quel pays aurait fait l'affaire, le seul intérêt de ce voyage était l'éloignement de Sainte Lorette....

J'ai refermé ce livre avec un sentiment très mitigé, une vraie déception quand au contenu mais toujours aussi admirative sur la forme, les illustrations, les typographies variées, colorées.

Mon appréciation📚📚📚


mardi 7 avril 2020

François le champi





Auteur : George Sand
Editions : Folio



Un champi était un enfant abandonné dans les champs par ses parents. En grandissant, disent « les bonnes gens », les champis deviennent des paresseux et des voleurs. Non, pas s’ils sont aimés, répond George Sand. Une pauvre femme, la Zabelle, puis Madeleine, une jeune femme mal mariée, recueillent un bel enfant et l’aiment tant qu’il le leur rend au centuple. Il n’est question, dans ce livre, que d’amour, amour maternel et amour filial, amour frivole ou passionné. Les romans champêtres de George Sand se passent dans les bois et les champs, dans les cours de ferme et les fêtes campagnardes. Ils rayonnent de pureté. Ils sont aussi un acte de foi et d’espérance en un avenir meilleur pour les pauvres et les malheureux. Pour eux, George Sand a combattu toute sa vie.
Paru en 2005

Mon avis :

Voilà bien longtemps que je comptais poursuivre ma lecture de George Sand dont je n'avais jusqu'alors lu que La mare au diable et La petite Fadette.

François est un "champi", un enfant abandonné dans les champs, recueilli par Zabelle qui peine à s'en occuper. Madeleine, jeune femme marié à Cadet Blanchet, un meunier infidèle et querelleur, le trouve un jour en allant faire sa lessive. Intriguée par ce bel enfant, elle se rapproche de sa mère adoptive et décide de les aider en cachette de son mari et de sa belle-mère.

Les deux femmes entourent François de beaucoup d'amour qu'il leur rend au centuple. C'est un enfant magnifique mais qui semble un peu simplet. Généreux, travailleur, serviable, il doit constamment lutter contre les préjugés  que subissent les champis traités bien souvent de voleurs...
C'est avec droiture et moralité que le jeune garçon grandit et montre de grandes qualités jusqu'alors insoupçonnées.
Mais Cadet Blanchet et sa maîtresse font tout pour se débarrasser de lui.... Il est ainsi obligé de partir et de se louer chez un nouveau meunier, un homme heureusement bon qui va l'aider à se réaliser. Loin de Madeleine, François ne l'oubliera jamais elle et son fils Jeannie. Et c'est plus tard qu'il lui viendra en aide à son tour ...

Dans ce roman champêtre, George Sand décrit la vie des paysans, la misère, l'endettement, la condition de la femme soumise à son mari, les préjugés, les ragots, les malversations financières... Mais parallèlement, elle décrit aussi la grandeur d'âme, l'affection vraie, l'amour pur et idéalisé.

Dans un style très classique mais vivant, le récit est agrémenté d'expressions populaires du Berry, j'ai beaucoup aimé ce côté terroir authentique.

Mon appréciation📚📚📚,

lundi 6 avril 2020

La Saga des Jalna – tome 1 : La naissance de Jalna








Auteur : Mazo de La Roche
Editions : Le livre de Poche






En seize romans, la vie de la famille Whiteoak à travers quatre générations, depuis le mariage du capitaine Philippe Whiteoak et d'Adeline Court au milieu du XIXe siècle jusqu'au centenaire de leur bien-aimé domaine de Jalna. Un best-seller mondial depuis les années 1930.
Paru le 1er janvier 1963

Mon avis :

Il s'agit là d'une relecture, j'avais lu cette saga, du moins une grande partie pendant mon adolescence et j'en avais gardée un bon souvenir. Et je n'ai pas été déçue...

Dans ce premier tome, on suit Philippe, jeune militaire anglais et sa femme irlandaise, Adeline, un couple très uni et au tempérament aventurier. Si lui est d'un caractère plutôt calme mais ferme, elle est une flamboyante jeune femme, pleine de vie, parfois colérique. 

Après un long séjour en Indes où ils se sont rencontrés et mariés, ils décident de partir à l'aventure et de s'installer avec leur petite fille Gussie, sa nurse hindoue, un perroquet, au Canada où un oncle leur a légué une maison. 

Le roman raconte tout leur périple : leur départ, leur bref séjour en Angleterre, puis en Irlande, le long voyage en bateau, l'arrivée à Québec, puis l'installation en Ontario, terre pleine de promesse.... C'est là, sur ces terres vierges au bord d'un des grands lacs qu'ils vont construire leur domaine Jalna.

D'une narration extrêmement classique parfois savoureusement surannée, le roman est à la fois plein de descriptions et d'actions, il y a foison d'aventures, de rencontres diverses, il nous plonge dans une époque révolue où les habitudes de la haute société étaient bien différentes... le lien aux enfants qu'on n'élève pas vraiment  soi-même et que l'on peut même parfois céder à la famille avec promesse d'un héritage, les relations homme-femme qu'Adeline avec son caractère tempétueux tente bien souvent d'ébranler..., les codes de savoir-vivre dont il est bien difficile de se défaire...

Le jeune couple moderne, plein d'audace et de fougue, s'installe sur ses terres avec la volonté de s'affranchir d'un tas de contraintes, plus facile à dire qu'à faire.... Un second enfant arrive Nicolas.... puis un troisième, Ernest...

La dynastie des Whiteoak est fondée ! 

Mon appréciation📚📚📚