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lundi 27 novembre 2017

Au milieu de nulle part


Auteur : Roan Parrish
Editions : Juno Publishing



Daniel Mulligan est un dur à cuir tatoué à la langue bien pendue, cachant son mal-être derrière le sarcasme. Il ne s’est jamais intégré – que ce soit chez lui à Philadelphie avec son père et ses frères mécaniciens, ou à l’école où ses camarades de classe de la Ivy League le regardaient de haut. Maintenant, Daniel est soulagé d’avoir un emploi dans un petit collège de Holiday, dans le Michigan, mais c’est un garçon de la ville et il est clair que cette petite ville est un autre endroit dans lequel il ne s’intègrera pas.
Rex Vale s’accroche à sa routine pour tenir sa solitude à distance : affûtant son corps musclé, perfectionnant ses recettes, et fabriquant des meubles sur mesure. Rex vit à Holiday depuis des années, mais sa timidité et sa taille imposante l’ont empêché de se lier aux habitants. Lorsque les deux hommes se rencontrent, l’alchimie est explosive, mais Rex craint que Daniel ne soit qu’un autre homme dans une longue lignée de gens qui l’ont quitté, et il a appris que laisser quelqu’un s’approcher de trop près peut être une faiblesse fatale.
Alors qu’ils commencent à briser les murs qui les isolent, Daniel est rappelé chez lui à Philadelphie, où il découvre un secret qui change sa perception des choses.
Paru le 30 juin 2016

Mon avis :

L'atout principal de cette lecture est Daniel, un personnage extrêmement attachant, complexe et plein de contradictions....il ne cesse de surprendre et de toucher.
La vie ne lui a pas fait de cadeau, il a du se battre tout seul, à force de volonté, pour parvenir à se construire, à gravir les échelons, devenir professeur... Son passé est terriblement difficile. Issu d'une fratrie de garçons tous voués à travailler dans le garage paternel, il a persévéré pour réussir ses études bien qu'il détonne dans cette famille de manuels où sa sexualité n'a jamais été acceptée et ses aspirations jamais comprises. Véritable électron libre, il a appris à ne compter que sur lui-même.

Lorsqu'il rencontre Rex au milieu de nulle part, c'est un être solitaire, farouche qui refuse de laisser quiconque s'approcher trop près et surtout incapable de faire confiance. Un ipod constamment sur les oreilles, une sorte d'écran entre lui et les autres...c'est un citadin branché, adepte des technologies qui a sciemment choisi sa solitude.
Il y a un vrai contraste entre ces deux là, Rex c'est la force tranquille, un brin ombrageux, il est là pour Daniel encore et toujours, prêt à l'aider à maintes occasions. Il y a chez lui un grand pragmatisme, une habilité manuelle qu'il met bien volontiers à son service.
Quant à Daniel il n'est pas du tout prêt à le laisser faire. Chaque geste lui semble suspect, il ne veut devoir rien à personne et ne sait rien accepter en toute simplicité, il est asocial, incapable du moindre partage et bien souvent terriblement blessant. Tous ses refus sont autant de rejets cinglants. Il y a des quiproquos entre eux, des incompréhensions, des malentendus mais Rex est un phare dans la tempête, droit, solide, toujours là... Quel joli personnage ! Ses faits et gestes tout en délicatesse en disent souvent bien plus que les mots...

Un bien beau récit plein de profondeur sur la solitude, sur la difficulté à faire confiance, sur les fratries et leurs relations parfois tumultueuses, bouillonnantes, bien plus complexes qu'il n'y parait au premier abord..
Quelle histoire que celle de Daniel et sa famille ! Des relations dures, violentes entre frères qui ne se comprennent pas.... c'est cruel mais aussi passionnant et la densité du personnage de Colin m'a beaucoup touchée...
Et puis il y a tout l'environnement  : la forêt, la tempête de neige, tous les petits détails du quotidien, le pain beurré avec les pâtes.... et l'ambiance feutrée, chaude, conviviale de la maison de Rex...

Les personnages secondaires sont tous importants et savoureux, Will et Léo, mais surtout la meilleure amie de Daniel, Ginger la tatoueuse, si attachante et si présente dans sa vie, c'est sa seule réelle affection ....  je souris encore au souvenir des petits surnoms vraiment craquants dont elle l'affuble : citrouille, pissenlit etc....

La fin est particulièrement cruelle pour le lecteur, il manque certaines réactions qu'on attendait ... L'histoire de Colin reste en suspens, ainsi que certaines décisions...
Quelle frustration de ne pas avoir le tome 2 sous la main !

Un bémol pour la traduction qui souffre de nombreuses maladresses.... 

Ma notation : 4,6/5

lundi 29 août 2016

La cicatrice



Auteur : Erin E. Keller
Editions : Juno Publishing



Quand l'aspect physique disparaît au bénéfice de l'âme...
Ryan a une cicatrice sur le visage qui lui fait croire qu’il a perdu tout attrait.
Mais, il y a des gens qui ne s'arrêtent pas à l'apparence. Il y a des personnes qui réussissent à voir la beauté en chacun. Il y a des personnes qui aiment faire sourire les gens. Il y a des personnes comme Sean, qui ne se laissent pas décourager par l’aspect extérieur et la cage dans laquelle s’est enfermé Ryan.
Paru le 21 mai 2016




mon avis

Un joli petit roman qui traite de l'image de soi et son rapport aux autres.


Ryan est affublé d'une longue cicatrice sur le visage, séquelle d'un accident. Depuis lors, son caractère a changé, il se cache derrière cette cicatrice, ne s'autorise plus aucune vie, ne se définit plus que par elle.
Sa liaison s'effiloche et il est persuadé (à juste titre semble t-il) que son ami ne veut plus le regarder comme avant ...

Ryan s'est donc renfermé sur lui-même. Lorsqu'il se présente dans une bibliothèque pour son premier jour de travail, il rencontre Sean qui travaille dans un salon de tatouage dans la même rue. Si l'attirance est immédiate et réciproque, Ryan ne va pas le laisser approcher facilement... il est taciturne, bougon, abrupt, désagréable, à la limite de la grossièreté parfois... il ne peut concevoir que quelqu'un s'intéresse à lui avec cette cicatrice qui lui mange le visage. Face à lui, Sean est son exact contraire, solaire, souriant, ouvert, chaleureux... et il fait montre d'une patience infinie, d'une compréhension incroyable...
Il a un regard sincère, sans arrière-pensée et restera solide et sûr de lui face à un Ryan irrésolu et difficile.

J'ai aimé que ce soit Ryan qui raconte l'histoire, il est sans concession envers lui-même, lucide sur ses erreurs qu'il relate sans faux semblants mais englué dans une spirale dont il n'arrive pas à s'extirper... J'ai trouvé très intéressant cette introspection, voir tous ses questionnements et la façon dont il se perçoit vraiment.
Je veux ajouter quelque chose, parce que je me sens comme un connard, mais tous mes mots restent obstinément coincés dans ma gorge. Le pauvre homme essaie seulement d’être gentil, et il ne sait pas que c’est vraiment dur pour moi rien que d’essayer d’être détendu.
C'est entre ses mains que tout est déposé, il se trouve confronter à des choix essentiels qu'il ne peut prendre que seul. Et j'ai trouvé très judicieux qu'à un moment donné il apprenne à ne plus regarder que son nombril et se tourne vers Sean pour voir que sous ce naturel heureux se cachent aussi des blessures...

Un livre vite lu, avec des personnages intéressants, des personnages secondaires sympathiques (la copine  exubérante de Ryan et l'associé de Sean). La question de l'estime de soi, des complexes et des rapports à l'autre est plutôt bien traitée, on suit un Ryan englué dans ses certitudes et sa souffrance et c'est un rude combat qu'il mène pour surmonter ses démons et accepter de voir ce qui est essentiel, aidé en cela par la bienveillance d'un Sean irréprochable.

Un tout petit bémol, quelques phrases maladroites parfois dues certainement à la traduction, mais j'ai lu tellement pire depuis qu'il me parait presque parfait maintenant ....

ma notation : 4/5