Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
Littérature - Polars/Thrillers - SFFF - Romances - BD....
Affichage des articles dont le libellé est Littérature américaine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature américaine. Afficher tous les articles

mercredi 23 septembre 2026

Chronique : Pour l'honneur de tous les miens - Amanda Skenandore



couverture du livre Pour l'honneur de tous les miens - Amanda Skenandore
Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman Pour l'honneur de tous les miens, écrit par Amanda Skenandore et publié aux éditions Faubourg Marigny.



Fiche technique du livre :
Titre :  Pour l'honneur de tous les miens
Auteur: Amanda Skenandore
Traducteur : Laura Bourgeois
Éditeur : Faubourg Marigny
Genre : roman historique

Date de parution : 11 octobre 2022


Le résumé de l'éditeur :
Philadelphie, 1906.
Alma Mitchell est brutalement rappelée à son enfance par un article de journal : un agent fédéral a été assassiné et le suspect est un ami d’enfance de la jeune femme, Harry Muskrat. Harry – ou Asku, ainsi qu’Alma l’a toujours appelé – était l’élève le plus prometteur de l’école dirigée par le père d’Alma, la Stover School, créée à la suite des guerres indiennes, et qui avait pour vocation d’aider à l’assimilation des enfants indiens des réserves voisins (« d’apprivoiser les sauvages », en somme). Alma y était la seule élève blanche.

Mon avis : 

J'avais beaucoup d'attente sur ce livre et je n'ai pas du tout été déçue, loin de là... Je l'ai commencé et j'ai eu un mal fou à le poser. Une histoire particulièrement prenante qui se dévoile entre deux temporalités 

1906, Alma est mariée à Stewart, un avocat. Tout va très bien dans sa vie jusqu'à ce qu'elle tombe sur un article de journal. Tout son passé qu'elle maintenait fermement à distance, lui revient brutalement. On comprend qu'elle a vécu un drame et qu'elle a coupé tous les ponts avec sa famille, son enfance ...

1886, le père d'Alma prend la direction d'une école pour les enfants des réserves indiennes. Sa fonction qu'il prend très à cœur sera de les "civiliser", de leur enlever leur identité de "sauvages". Seule blanche parmi eux, elle va partager leur quotidien, être témoin des traitements infligés, nouer des liens solides......


Le récit va alterner entre ces deux époques pour dévoiler peu à peu tous les secrets, les violences et l'immense traumatisme refoulé. C'est passionnant !
Il y a le présent lorsque Alma lit dans cet article que son ami Aku est accusé de meurtre et qu'il va être pendu, elle ne peut y croire, se souvenant de sa gentillesse, de sa douceur, de son intelligence. Stewart sans rien connaître du passé de sa femme accepte par amour de défendre l'accusé. C'est le retour au pays, c'est la découverte de la vie dans les réserves, du sort des indiens, de leur seule perspective. C'est aussi les retrouvailles avec un ami profondément changé, à la volonté inflexible.

Il y a le passé avec la violence de l'arrivée des enfants, les cheveux coupés, les vêtements et objets personnels jetés au feu, il y a les coups, les brimades journalières. Alma est solidaire, empathique et peu à peu gagne des amitiés.

Deux jeunes garçons se distinguent :

Asku, élève brillant, doux, discipliné, c'est aussi son meilleur ami. Il représente la réussite de l'école, et intègre l'université.

Tshikwä'set, entier, lucide, révolté qui jamais ne plie, il intègre un apprentissage.

Ces deux-là semblent avoir un avenir totalement opposé.... et pourtant !


Le plus de ce roman c'est indéniablement que l'histoire se raconte par les yeux d'une petite fille blanche qui évidemment ne peut que croire ce qu'on lui raconte, ce qu'on lui explique. Tout cela, c'est pour leur bien... Malgré l'amour et la confiance qu'elle ressent pour son père, elle ne peut s'empêcher parfois de s'interposer, de désobéir mais elle ne remet jamais en question le bien fondé de l'école. Et puis, bien des années plus tard, on suit la jeune femme qui ouvre les yeux sur la réalité révoltante des conditions de vie offertes dans les réserves, qui perd peu à peu ses illusions et constate la cruauté de son monde. Elle mesure ce qu'on a réellement fait à ses amis, ce que son père et elle même ont fait.

Tant de culpabilités, de violence, tant de vies brisées  !

J'ai adoré voir la conscience d'Alma se réveiller peu à peu, sa volonté farouche d'aller au bout des choses.


La violence du livre est insidieuse, elle commence dès l'arrivée des enfants, puis pendant leur séjour, violence physique, violence psychologique quotidienne jusqu'à l'acte injustifiable, insoutenable...... je n'étais pas prête et pourtant j'aurais dû, peut-il y avoir une fin heureuse lorsqu'on connait l'Histoire ?

Le pire dans tout ça c'est que le père avec son école est persuadé de faire le bien, il est plein de bonnes intentions, avec une bonne conscience évidente mais il est dépassé par ses préjugés, ses certitudes et enfin par les évènements.


Au delà de toute la tragédie, il y a de jolis moments, cette connivence qui peu à peu s'installe entre les enfants, leur innocence et leur faculté de résilience, leurs jeux, leurs escapades dans les bois.

Il y a aussi le mari d'Alma, un homme droit qui réussit à dépasser ses idées reçues inculquées par la société par amour pour elle.


Tshikwä'set et Asku resteront longtemps dans ma mémoire, deux petits garçons puis deux hommes dépouillés de leur identité, tentant chacun à leur façon de s'adapter sans y parvenir : un destin subi, un destin revendiqué....

Une lecture coup de cœur.

Sur mon échelle : 




dimanche 22 juin 2025

Le monde suspendu - tome 1 : Le Mercenaire et la Saltimbanque



                                      

Auteur : Axie Oh
Editions : Lumen
Traduction :  Camille Cosson




Pour ceux qui sont nés sous des étoiles contraires, le destin est en marche

Voilà dix ans que Ren a dû fuir les siens et qu'elle a été recueillie par une troupe d'artistes itinérants. Dix ans pendant lesquels elle a dû dissimuler ses aptitudes magiques pour ne pas attirer l'attention. Dix ans pendant lesquels elle s'est forgé une nouvelle vie qui se voit réduite à néant le jour où, attaquée par un démon en plein spectacle, la jeune saltimbanque libère son pouvoir sous la forme d'une lumière qui passe tout sauf inaperçue.
Bientôt, tous les mercenaires de l'empire sont engagés pour la retrouver. Sunho, un ancien soldat devenu chasseur de primes après s'être réveillé sans aucun souvenir de son passé, il y a deux ans de ça, participe à la traque. Mais l'enjeu est tout autre pour le jeune homme qui cache un terrible secret. Car cette quête pourrait enfin lui apporter les réponses qu'il cherche sur sa propre identité.
Alors, quand les chemins de Ren et de Sunho finissent par se croiser, c'est sans savoir que leurs destins sont bien plus liés qu'ils n'auraient pu l'imaginer... Après La Fiancée du dieu de la mer, Axie Oh imagine une duologie qui fait à nouveau la part belle au folklore coréen. Un univers fascinant, où même dans le noir le plus total brille toujours une lumière.

Paru le 15 mai 2025


Mon avis :

Une superbe couverture, un titre intrigant et il ne m'en fallait pas plus pour être harponnée ... Et quel plaisir d'avoir remporté le livre lors d'une masse critique Babelio ! J'ai plongé dedans sans même prendre la peine de lire le résumé, en totale découverte, et ce fut une bien belle lecture ! Comme quoi parfois il faut savoir faire confiance à son instinct.

L'auteur nous entraîne dans un monde extrêmement bien construit, entre montagnes, vallées, monde inférieur et monde suspendu. Tous les habitants n'ont pas la chance de profiter de la lumière, et le précieux mithril (petite référence à la Terre du Milieu ?) risque de manquer mettant en danger tout le précaire équilibre de cet univers.

Le Mercenaire : Sunho est un jeune mercenaire dont la mémoire est effacée en grande partie, il est à la recherche de son passé et surtout de ce frère dont le vague souvenir le hante. Lorsqu'on lui fait miroiter la possibilité de savoir enfin ce qui lui est arrivé en échange d'une mission : retrouver une jeune femme et la ramener vivante il n'hésite pas un instant...

La Saltimbanque : Ren a 17 ans et elle fait partie d'une troupe itinérante. Elle a été adoptée et ne cherche nullement à retrouver sa famille d'origine. Sa vie lui convient parfaitement mais elle va commettre une erreur irréparable et attirer sur elle tous les regards. Elle n'est désormais plus en sécurité et doit s'éloigner et se cacher....

Bien entendu, les deux destins sont liés et la rencontre est inévitable, l'un doit retrouver l'autre et la protéger des tueurs envoyés à ses trousses.
Aventures, manigances politiques, légende coréenne, combats, magie parfaitement dosée, on ne devine que très peu de choses et on ne s'ennuie pas un instant bien que, j'avoue, la romance des deux protagonistes ne m'a pas transportée. Par contre, les deux quêtes de vérité personnelle est un fil rouge fascinant.

Une très chouette lecture qui me rappelle que la littérature jeunesse offre de bien belles pages.

Merci Babelio et les Lumen pour cette belle découverte 

Vivement le tome 2, je serai au rendez-vous !

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

vendredi 21 février 2025

Des loups ordinaires

 



Auteur : Seth Kantner
Editions : Buchet-Chastel
Traduction : Anne Pouzargues




Né et élevé en Arctique, Cutuk Hawcley a appris les règles de la chasse, de la pêche et du troc auprès du peuple inupiak. Seuls blancs à des kilomètres à la ronde, sa famille et lui vivent dans un igloo au beau milieu de la toundra, avec pour voisins les loups et les caribous. Après avoir été scolarisé en famille, il quitte le foyer pour étudier à l’université et découvre la vie urbaine, parfois plus hostile que la nature sauvage.

Roman d’apprentissage et de nature, largement inspiré par la vie de son auteur, Des loups ordinaires est une plongée unique dans un monde en voie de disparition. Avec puissance et poésie, Seth Kantner nous fait entendre les chants du loup, le hurlement meurtrier du blizzard et la rengaine entêtante de ceux qui veulent survivre à l’inhabitable.

Paru le 9 janvier 2025


Mon avis :

Cutuk a 5 ans, 10 ans, 12 ans, 16 ans , Cutuk est adulte, il raconte chapitre après chapitre le quotidien de sa famille, une famille de blancs perdue au fin fond du territoire inupiak et vivant dans des conditions plus drastiques encore que les autochtones. 

Il y a Abe le père, taiseux, hanté, énigmatique, peintre à ses heures perdues qui élève seul ses trois enfants. Il y a Jerry le grand frère solide sur lequel on peut compter, Iris le soleil de la maison et le petit Cutuk aux yeux grands ouverts sur le monde, friand d'histoires et de légendes. Etre chasseur, faire des prouesses, un rêve entretenu par les visites du singulier Enuk Wolfgrove.

Mais il est bien difficile de se sentir accepté lorsqu'on est blanc au sein d'une population inupiak. Toute sa vie, l'enfant, puis l'adulte sera en quête d'identité. Partir, voir le monde, revenir, s'ancrer dans un territoire, une culture... Se trouver, s'affirmer...

Quel beau roman, dépaysant, profond qui fait la part belle à la nature, à l'essentiel et qui raconte le progrès dévastateur parfois, souvent...toujours ! Certains passages sont magnifiques, le lecteur est emporté dans le froid, la neige, des courses poursuites haletantes. Les loups rodent, partageant le territoire, vivant en harmonie avec l'homme.
Mais les étrangers arrivent, les chiens de traineaux laissent place aux motoneiges et le quotidien en est bouleversé.

Des personnages singuliers, attachants qu'on aime suivre, des descriptions vivantes, poétiques, un propos intelligent et profond,

Merci Babelio et les Editions Buchet-Chastel pour cette belle découverte 

"La vraie chasse, c'est fini. [....] Quelque chose manque en moi - c'est comme être né loup et choisir la vie d'un chien " Cutuk p.430

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


mercredi 6 novembre 2024

Seule restait la forêt




Auteur : Daniel Mason
Editions : Buchet-Chastel
Traduction : Claire-Marie Clévy




C’est dans la forêt que tout commence. Pourchassés par les membres de leur colonie puritaine, deux amoureux en fuite se réfugient dans les bois du Nord et posent la première pierre de leur foyer. Au cours des quatre cents ans qui suivront, cette cabane deviendra une maison, abritera des vies entières, des solitudes et des familles, des gloires, des doutes, des échecs et parfois des fantômes.
Sous la plume de Daniel Mason, un soldat promis à tous les honneurs leur tourne le dos pour se consacrer à la culture des pommes, un chasseur d’esclave fait face à la justice des hommes, un peintre naturaliste vit une histoire d’amour interdite et un journaliste comprend que la terre garde jalousement ses secrets.
Alors que les propriétaires se succèdent, aucun ne possède vraiment la maison, qui leur survit entre ruine et réparations. Seul triomphe le récit, qui traverse le temps, la nature et la littérature pour narrer l’histoire de tout un pays par le biais d’un arpent de forêt.
Paru le 22 août 2024


Mon avis :

Je lis beaucoup moins depuis quelques mois à cause de problèmes de vue et je me dois de choisir mes lectures avec plus de soin qu'avant... Pari gagné cette fois-ci encore !

 Quel incroyable livre !

Nouvelle-Angleterre, un jeune couple fuit droit devant lui pour vivre ensemble loin d'un mariage arrangé, loin des carcans de la société. Ils sont libres, ils sont insouciants, ils sont heureux et se fondent dans une nature hospitalière.. Dans une clairière, au bord d'un ruisseau, ils déposent une pierre plate, fondation d'une cabane, élément central du roman, que l'on suit à travers les âges dans ses multiples mutations.

Unité de lieu mais variété de temps, de textes, de personnages pour ce petit coin de terre, raconter la vie de ses habitants successifs, et en filigrane derrière le récit, raconter l'Amérique, son Histoire.

J'aime d'habitude m'attacher à un ou plusieurs personnages, les suivre sur la longueur (je préfère souvent les gros romans) et je n'aurais jamais cru autant aimer une lecture si parcellaire. La plume de l'auteur (et du traducteur) y est certainement pour beaucoup, quelques passages sur la nature sont de toute beauté, et la diversités des types de récits (extrait de journaux, lettres...etc...) offre un plaisir renouvelé.  A  cela s'ajoute la dimension humaine dans ces brèves rencontres avec ces individus lambdas, parfois pittoresques, certains bien difficiles à oublier. Je pense entre autre aux deux sœurs propriétaires du verger ...

Roman pétri d'humanité, foisonnant de nature en évolution et d'animaux, proposant divertissement, émotion mais aussi réflexion sur la place de l'homme dans le monde, une fin  inattendue et l'on referme son livre avec le sentiment d'avoir lu un vrai beau roman.

Pour finir, les illustrations bienvenues qui jalonnent le texte ajoutent une plus-value à l'objet-livre.

Merci Babelio et les Editions Buchet-Chastel pour cette belle découverte 


Sur mon échelle : 📚📚📚📚


mardi 3 octobre 2023

La sentence




Auteur : Louise Erdrich
Editions : Albin Michel
Collection : Terres d'Amérique
Traduction : Sarah Gurcel




« Quand j'étais en prison, j'ai reçu un dictionnaire. Accompagné d'un petit mot : Voici le livre que j'emporterais sur une île déserte. Des livres, mon ancienne professeure m'en ferait parvenir d'autres, mais elle savait que celui-là s'avérerait d'un recours inépuisable. C'est le terme "sentence" que j'y ai cherché en premier. J'avais reçu la mienne, une impossible condamnation à soixante ans d'emprisonnement, de la bouche d'un juge qui croyait en l'au-delà. »

Après avoir bénéficié d'une libération conditionnelle, Tookie, une quadragénaire d'origine amérindienne, est embauchée par une petite librairie de Minneapolis. Lectrice passionnée, elle s'épanouit dans ce travail. Jusqu'à ce que l'esprit de Flora, une fidèle cliente récemment décédée, ne vienne hanter les rayonnages, mettant Tookie face à ses propres démons, dans une ville bientôt à feu et à sang après la mort de George Floyd, alors qu'une pandémie a mis le monde à l'arrêt...
Paru le 6 septembre 2023

Mon avis : 

Tookie, jeune amérindienne à la dérive est entraînée par son amie dans une histoire tellement improbable de vol de cadavre. Elle n'en ressortira pas indemne, la sentence tombe : 60 ans de prison ferme. 
Pendant son incarcération, elle se plonge dans les livres, dévore des ouvrages de tout genre et développe un amour profond pour la lecture.
Au bout de 10 ans, elle bénéficie d'une libération conditionnelle et trouve un emploi dans une librairie spécialisée en littérature autochtone.
Tout va très bien pour elle jusqu'à ce qu'une de ses clientes décède et vienne ensuite hanter les rayons de la librairie....

Quel superbe roman ! La plume a un charme indéfinissable qui m'a littéralement emportée.

C'est l'histoire de Tookie dans toutes ses dimensions, sociales, intimes, familiales et les relations entre les personnages sont d'une telle justesse, relations amicales, relations entre collègues, relations mère-fille évolutives avec l'arrivée d'un bébé, l'histoire complexe et intense de Pollux et Tookie (♥). C'est passionnant, plein de sensibilité et d'émotions, de rires et de drames, d'authenticité.

En filigrane se déploient des thèmes profonds, identité autochtone, croyances, traditions, mort, qui s'appuient sur un contexte social authentique et apportent une dimension supplémentaire au récit. Le covid suspend le monde entre peur et confinement,  puis la mort de Georges Floyd ravive le sentiment de racisme et d'identité et provoque des émeutes sanglantes. 

On suit Tookie dans ses introspections, ses sentiments, ses frayeurs, ses enthousiasmes, son cheminement intérieur pour revenir à l'essentiel, se retrouver. Quel joli personnage et son couple avec Pollux est beau et émouvant ! Rien n'est simple ou manichéen, ce qui donne toute sa richesse au roman.

Un roman généreux, profond, sensible, dramatique mais aussi plein d'humour, un roman qui s'ancre dans notre époque, un roman où l'amour des livres transpire à chaque page, un Louise Erdrich très réussi, un coup de cœur ! 


Sur mon échelle : 



mardi 1 août 2023

Vent d'Est vent d'Ouest





 Auteur : Pearl Buck
Editions : Le livre de poche
Traduction : Germaine Delamain






Années 1920. Kwei-Lan « vient d'être mariée », sans le connaître, à un jeune Chinois auquel elle a été promise avant même sa naissance. Ce Chinois revient d'Europe, il a oublié la loi de ses ancêtres, il ne respecte ni les coutumes ni les rites.
Le frère de Kwei-Lan, l'héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, qui vient de passer trois ans en Amérique, annonce son mariage avec une étrangère ; il revient avec elle.
À travers les réactions des membres de cette famille de haute condition où l'attachement aux traditions, le culte des ancêtres, l'autorité du père et de la mère n'avaient encore subi aucune atteinte, la grande romancière Pearl Buck nous fait vivre intensément le conflit souvent dramatique entre la jeune et la vieille Chine.
Paru troisième trimestre 1975

Mon avis :

Un livre lu jadis  dont je gardais un fort souvenir. Cette relecture m'a permis de réitérer mon plaisir.
C'est d'ailleurs amusant de noter que ce ne sont pas du tout les mêmes aspects du roman qui m'ont marquée cette fois-ci....

Le récit est conduit à la première personne par une jeune chinoise élevée dans la pure tradition ancestrale, une jeune femme soumise à ses parents qui doit épouser un jeune homme qu'elle ne connait pas et à qui elle est promise depuis sa naissance.

Mais tout son monde bascule brutalement car son époux est médecin, il a fait ses études aux Etats-Unis et s'est irrémédiablement éloigné de leur éducation commune.
C'est le choc des cultures, le conflit orient-occident est amené au sein de la cellule familiale.
En bonne épouse, Kwei-Lan suit les désirs de son mari mais c'est avec crainte, douleurs, parfois violence qu'elle abandonne ses traditions, ses croyances et que peu à peu elle gagne l'affection de son époux.
En parallèle, son frère épouse une étrangère et vient la présenter à sa famille plus que réticente. La jeune épouse a beaucoup de mal à s'intégrer dans cette culture si cloisonnée, c'est encore une collision entre un monde en évolution et un monde figé dans ses superstitions et croyances, l'ébranlement du socle des traditions.

Quel texte ! Tout en délicatesse, il traduit, à petites touches avec sensibilité et pudeur, le conflit de deux mondes qui se télescopent.. Comme c'est douloureux de comprendre, d'apprendre, d'évoluer ! Avec élégance et simplicité, l'auteur raconte la place de la femme, la médecine, la religion, le progrès, l'évolution inévitable, l'abandon de ses certitudes..

J'ai beaucoup aimé que le point de vue soit seulement celui de l'héroïne, sa vision est très marquée par l'époque, son éducation et l'Occident peu à peu lui apparait comme un monde étrange mais fascinant.
L'auteur reste juste en donnant la vision particulière, à défaut d'être toujours actuelle, d'une jeune chinoise dans les années 1920.
 
Une excellente lecture !

Sur mon échelle : 📚📚📚📚 

samedi 22 avril 2023

Les cartographes






Auteur : Peng Shepherd
Editions : Albin Michel
Traduction : Anne-Sylvie Homassel





La carte est le territoire. Si vous falsifiez la carte, vous modifiez le territoire.

Cela fait trente ans que Nell a perdu sa mère. Et voilà maintenant que son père, le Dr Young, un célèbre cartographe de la New York Public Library, est retrouvé mort dans son bureau.
Elle l'adorait et voulait prendre sa suite, mais la famille, c'est parfois très compliqué. En fouillant dans les affaires du défunt, elle trouve, bien cachée, une carte routière. Nell se souvient parfaitement de cette maudite carte. Elle lui a valu une engueulade homérique et lui a coûté sa carrière auprès de son père.
En reconstituant cet événement avec un regard neuf, elle ne tarde pas à se rendre compte que le document comporte une erreur singulière, une signature pour ceux qui sont initiés à l'art de la cartographie. Pour percer ce mystère, la jeune femme contacte certains amis de ses parents. Trente ans plus tôt, ils formaient un groupe de sept personnes, très soudé : les Cartographes.
Qu'ont-ils découvert ?
Quels crimes ont-ils commis contre la réalité ?
Paru le 29 mars 2023

Mon avis : A venir





Sur mon échelle : 📚📚📚📚 



mercredi 19 avril 2023

La colère







Auteur : S.A. Cosby
Editions : Sonatine
Traduction : Pierre Szczeciner







Un état des lieux sans concession de l’Amérique des marges.
Ike Randolph est noir. Buddy Lee Jenkins est blanc. En Virginie-Occidentale, cela revient à dire que tout les oppose. Ils ont pourtant été tous les deux pareillement lamentables en dénigrant avec la même violence l’homosexualité de leurs fils, maintenant mariés l’un à l’autre. Alors, quand Isiah et Derek sont assassinés, la douleur a un goût de culpabilité. Qui a tôt fait de se transformer en colère, un colère viscérale, qui réclame un exutoire.
Paru le 6 avril 2023

Mon avis : A venir





Sur mon échelle : 📚📚📚📚





mardi 21 mars 2023

Nous aurions pu être des princes


 

 Auteur : Anthony Veasna So
Editions : Albin Michel
Collection : Terres d'Amérique
Traduction :  Héloïse Esquié






À Stockton, Californie, les temples bouddhistes et les épiceries cambodgiennes ont fleuri depuis l'arrivée massive de familles ayant fui leur pays et le régime génocidaire des Khmers rouges. Dans cette ville entre Asie et Amérique, on croise ainsi des bonzes, de vieilles tantes intrusives et des adolescents mortifiés par l'ennui, tout un monde d'histoires passées sous silence, de désirs naissants, de tiraillements identitaires et sexuels, où l'avenir tente de se construire sur les fondations d'un traumatisme profond et en dépit du poids des traditions.
Paru le 8 février 2023

Mon avis : 
Je continue à découvrir peu à peu et à apprécier de plus en plus le genre de la nouvelle grâce avant tout à la collection Terres d'Amérique.

"Nous aurions pu être des princes" est un recueil de neuf nouvelles écrites par Anthony Veasna So, disparu bien trop tôt. Neuf nouvelles originales, d'une écriture résolument moderne et qui parfois se font échos par le biais de personnages récurrents.

Stockton est une petite ville des Etats-Unis où nombre de Khmers se sont réfugiés pendant le génocide à la fin des années 70. A travers les différents récits, l'auteur raconte une communauté solidaire et surtout la difficulté pour les jeunes générations, hétéros ou gays, à s'affranchir du douloureux passé de leurs parents, à exister par et pour eux-mêmes sans pour autant renier leurs origines. 
Qu'est-ce que veut dire être un jeune Khmer au XXIe siècle au cœur de l'Amérique ? Entre désir de liberté, carcan des traditions, poids de l'Histoire, il faut parvenir à trouver sa propre identité tout en ménageant les anciens, un chemin d'équilibriste souvent douloureux...

Neuf nouvelles marquantes, émouvantes, neuf petits morceaux de vie, "Le garage" étant ma préférée pour la prise de conscience finale du personnage central particulièrement réussie.
Un beau recueil sensible, intelligent, très réaliste et la seule trace laissée par un jeune auteur très prometteur dont ce sera l'unique œuvre.


Sur mon échelle : 📚📚📚📚 

mardi 7 mars 2023

Là où chantent les écrevisses




 Auteur : Delia Owens
Editions : Seuil
Traduction :  Marc Amfreville






Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.
A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...
Paru le 2 janvier 2020

Mon avis : à venir




Sur mon échelle : 📚📚📚📚 +

samedi 25 février 2023

Mille Femmes blanches






Auteur : Jim Fergus
Editions : Le Cherche Midi
Traduction : Jean-Luc Piningre





En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire présent de mille femmes blanches à marier à mille de ses guerriers afin de favoriser l'intégration. Prenant pour point de départ ce fait historique, Jim Fergus retrace à travers les carnets intimes d'une de ces femmes blanches, May Dodd, les aventures dans les terres sauvages de l'Ouest de ces femmes recrutées pour la plupart dans les prisons ou les asiles psychiatriques. C'est à la fois un magnifique portrait de femme qu'il nous offre ainsi, un chant d'amour pour le peuple indien, et une condamnation sans appel de la politique indienne du gouvernement d'alors.
Paru en avril 2000

Mon avis :

Un roman qui m'attendait depuis fort longtemps, il était temps que je le sorte, j'avais peur d'avoir le cœur brisé et ça n'a pas manqué....

A travers ses carnets intimes, on suit l'histoire de May Dodd, une femme éprise de liberté dans un monde qui ne le lui permettait pas. Une vie étriquée de dessine devant elle et elle ne peut s'en contenter. Ses choix sont jugés scandaleux, vie avec un homme de basse extraction, deux enfants hors mariage. Il n'en faut pas plus pour que sa famille s'offusque et la fasse enfermer dans un asile de fous pour perversion sexuelle.
Des mois de solitude et de souffrance lorsque la seule échappatoire qui s'offre à elle est cette singulière demande d'un chef cheyenne au président Grant : mille femmes blanches contre mille chevaux afin de favoriser l'intégration entre les deux peuples. C'est une opportunité inespérée qu'elle saisit aussitôt.

Quelle histoire incroyable ! 
Un premier convoi de volontaires s'enfoncent vers l'Ouest, chacune avec sa propre histoire souvent douloureuse. L'auteur nous offre une jolie galerie de femmes tantôt fortes, sensibles, blessées, révoltées, rouées, extravagantes. May raconte dans son journal les multiples péripéties de cet improbable voyage,  la solidarité qui se développe entre elles, sa rencontre essentielle avec le capitaine Bourke .

Puis c'est l'arrivée, l'immersion dans un nouveau monde, un choc de cultures qui finalement s'aplanit assez rapidement pour ces femmes déjà à la marge de leur société.
Peu à peu, elles s'imprègnent de nouvelles traditions, s'attachent à leur nouvelle famille,. May raconte leur quotidien,  les difficultés qu'elles rencontrent, leurs petites révoltes et leurs petits bonheurs, elle raconte ces sauvages qui leur témoignent plus de respect qu'elles n'en ont jamais eu. Quelques personnages sont particulièrement attachants, je pense encore à Horse Boy...

May devient le témoin impuissant de la déchéance de son nouveau peuple, alcool, mensonge des hommes blancs, trahison. Jusqu'au dernier moment elle refuse de voir l'inéluctable.

Un beau roman sans concession qui parle de la condition féminine, de la politique indienne de l'époque, de la religion, de la famille... c'est dur, parfois violent, parfois d'une tendresse infinie, c'est écrit avec intelligence et sensibilité.


Sur mon échelle : 📚📚📚📚

mercredi 8 février 2023

La femme de ménage




Auteur : Freida McFadden
Editions : City Editions
Traduction : Karine Forestier




Chaque jour, Millie fait le ménage dans la belle maison des Winchester, une riche famille new-yorkaise. Elle récupère aussi leur fille à l'école et prépare les repas avant d'aller se coucher dans sa chambre, au grenier. Pour la jeune femme, ce nouveau travail est une chance inespérée. L'occasion de repartir de zéro. Mais, sous des dehors respectables, sa patronne se montre de plus en plus instable et toxique. Et puis il y a aussi cette rumeur dérangeante qui court dans le quartier : madame Winchester aurait tenté de noyer sa fille il y a quelques années. Heureusement, le gentil et séduisant monsieur Winchester est là pour rendre la situation supportable. Mais le danger se tapit parfois sous des apparences trompeuses. Et lorsque Millie découvre que la porte de sa chambre mansardée ne ferme que de l'extérieur, il est peut-être déjà trop tard...
Paru le 4 janvier 2023


Mon avis :

Attention, roman captivant ! Une fois ouvert, il est impossible de le refermer... Je l'ai dévoré sans voir le temps passer.

Après un court prologue intrigant qui suggère un drame, le lecteur est ramené trois mois plus tôt.
Millie sort de prison, elle est désormais en liberté conditionnelle mais vient de perdre son travail puis son logement. Elle vit désormais dans sa voiture et doit retrouver impérativement un emploi sous peine de retourner derrière les barreaux.
Lorsqu'elle décroche un entretien pour un emploi de femme de ménage dans une belle demeure d'un quartier huppé, c'est sans grande illusion qu'elle rencontre la maîtresse de maison, Nina Winchester. Et contre toute attente, elle est embauchée. 
Sa chance semble avoir tourné : un job de rêve dans une maison prestigieuse, des patrons sympathiques, un jardinier italien sexy, logée et nourrie en plus d'un salaire inespéré... Que demander de plus !

Mais bien vite, la belle vitrine se fissure, Nina se révèle être une patronne capricieuse, son comportement instable et parfois agressif, sa jalousie imprévisible mettent Millie dans une réelle insécurité. L'enfant du couple, la petite Ceceelia est une véritable peste et ne lui facilite pas la tâche. Et pourquoi est-elle logée sous les toits, dans une chambre placard qui ne ferme que de l'extérieur ? Pourquoi le bel Enzo semble vouloir la prévenir d'un danger ?  Heureusement, Monsieur Winchester est là pour la soutenir. Cet homme est une perle, beau comme un dieu, gentil, patient, empathique, c'est un précieux allier mais il ne sait tenir tête à sa femme..

Mais quel bouquin ! Un quasi huis-clos, des personnages complexes, un suspense crescendo et parfaitement dosé, une atmosphère angoissante, une construction machiavélique avec un basculement de point de vue particulièrement réussi. C'est absolument captivant, intelligent, tout est millimétré, chaque détail prend sens, chaque révélation arrive à point nommé, le passé de Millie, les problèmes de Nina... Le lecteur est baladé de bout en bout, du grand art ! 

Une excellente lecture, passionnante jusqu'à la dernière page.


Sur mon échelle : 📚📚📚📚 ++

jeudi 2 février 2023

Les oubliés







Auteur : John Grisham
Editions : JCLattès
Traduction : Dominique Defert




À Seabrook, petite ville de Floride, le jeune avocat Keith Russo est tué à coups de fusil alors qu’il travaille un soir dans son bureau. L’assassin n’a laissé aucun indice. Aucun témoin, aucun mobile. Mais la police trouve bientôt un suspect, Quincy Miller, un homme noir et ancien client de Russo.
Quincy est jugé et condamné à une peine de réclusion à perpétuité. Pendant vingt-deux ans, il se morfond en prison et ne cesse de clamer son innocence. Il n’a pas d’avocat, personne pour le défendre. De désespoir, il écrit une lettre aux Anges Gardiens, une fondation où travaille Cullen Post, avocat et ancien pasteur de l’Église épiscopale.

Paru le 3 mars 2021

Mon avis :





Sur mon échelle : 📚📚📚📚

mardi 17 janvier 2023

Le paradis blanc





Auteur : Kristin Hannah
Editions : Le Livre de poche
Traduction : Matthieu Farcot




« Quelqu’un m’a dit un jour que l’Alaska ne forgeait pas le caractère, elle le révélait. La triste vérité, c’est que l’obscurité qui peut régner en Alaska a révélé le côté obscur de mon père. Il était vétéran du Vietnam, ancien prisonnier de guerre. Nous ne savions pas alors tout ce que cela signifiait. Maintenant, nous le savons. »
Quand Ernt rentre du Vietnam, sa fille Leni, dix ans, ne le reconnaît pas. Poursuivi par de terribles cauchemars, il se montre violent envers sa femme Cora. Un jour, il reçoit une lettre du père d’un de ses amis, mort dans ses bras durant cet enfer, qui lui lègue un terrain avec un chalet en Alaska. Il se dit qu’il pourra peut-être s’y reconstruire. Avant la guerre, ils étaient si heureux... Au coeur de l’Alaska des années 1970, une poignante saga familiale qui prend racine dans la beauté d’une nature éblouissante et sauvage.
Paru le 17 juin 2020

Mon avis :
Une chouette lecture dépaysante et pleine de profondeur.

Lorsque Ernt rentre de la guerre du Vietnam, ce n'est plus le même homme, quelque chose s'est brisée en lui et la violence s'est tapie dans ses fêlures, une violence sourde latente, imprévisible. Léni raconte le retour de ce père qui a tant changé. Son regard de petite fille ne comprend pas les relations complexes entre ses parents.

Des parents qui s'aiment au delà des emportements, de la fureur, des coups.... Cora la mère est prête à tous les compromis pour retrouver son homme du temps du bonheur, son amour est inconditionnel.
Une opportunité s'offre à la famille, Ernt a hérité d'un terrain avec une maisonnette en Alaska. Pleins d'espoir, ils partent à l'aventure vers cette terre lointaine, avec la certitude de s'y reconstruire.
Mais l'Alaska est une terre sauvage, inhospitalière où la lumière se fait rare et l'hiver est une véritable épreuve. La noirceur du père s'intensifie.

Au delà de l'histoire familiale douloureuse, il y a cette nature rude, somptueuse où l'entraide entre voisins est primordiale. Toute une galerie de personnages hauts en couleur vont devenir proches de Léni, Cora et Ernt. Il faut apprendre à survivre, il faut préparer les mois de grand froid et le travail est constant et harassant. Malgré ces vicissitudes, le charme de ce pays opère, un charme obsédant. La petite fille y trouve ses marques, grandit, s'épanouit en dépit de l'insécurité constante du foyer et des violences domestiques une fois la porte fermée. Elle crée de belles amitiés, ressent ses premiers émois amoureux. 
Mais les drames surgissent quand on baisse la garde, personne n'est épargné...

Descriptions de paysages superbes et d'un quotidien hors norme, roman de femmes, d'aventure, d'amitié, d'amour, de haine, de tendresse, de violence, roman noir aussi,  c'est beau, dépaysant, prenant, touchant, révoltant....  Une très belle lecture !


Sur mon échelle : 📚📚📚📚


samedi 17 décembre 2022

Où vivaient les gens heureux






Auteur : Joyce Maynard
Editions : 10/18
Traduction : 





Lorsque Eleanor, jeune artiste à succès, achète une maison dans la campagne du New Hampshire, elle cherche à oublier un passé difficile. Sa rencontre avec le séduisant Cam lui ouvre un nouvel univers, animé par la venue de trois enfants : la secrète Alison, l’optimiste Ursula, et le doux Toby.
Comblée, Eleanor vit l’accomplissement d’un rêve. Très tôt laissée à elle-même par des parents indifférents, elle semble prête à tous les sacrifices pour ses enfants. Cette vie au cœur de la nature, tissée de fantaisie et d’imagination, lui offre un bonheur inespéré. Et si entre Cam et Eleanor la passion n’est plus aussi vibrante, ils possèdent quelque chose de plus important : leur famille. Jusqu’au jour où survient un terrible accident…
Paru le 25 novembre 2021

Mon avis : 

Un roman qui m'a bouleversée...

Eléanor est une jeune illustratrice qui a grandit seule à côté de parents totalement indifférents. Très jeune, grâce à ses illustrations, elle achète une vieille maison à retaper pour laquelle elle a eu un véritable coup de foudre dans le New Hampshire. Une maison parfaite pour construire une famille qu'elle n'a jamais connue.
Elle rencontre Cam, séduisant, insouciant, se marie, les enfants arrivent, trois beaux enfants. C'est le temps du bonheur.

Et puis le drame survient, terrible, innommable, déchirant, toute leur vie vole en éclats.

Un roman sensible plein d'images, de sensations, une plume qui raconte le bonheur tout simple, les rires et les odeurs de l'enfance, les petites choses du quotidien, les rituels qui accompagnent les gens heureux et donne une certaine plénitude à la vie. Mais elle raconte aussi le désespoir, le ressentiment, l'ingratitude, le couple qui se défait, les adolescents souvent cruels.

Quelle empathie pour Eléanor ! 
Son histoire douloureuse est tellement injuste. On la suit avec ses blessures, ses douleurs incommensurables de femme, de mère. C'est parfois tellement violent psychologiquement, ses émotions affleurent : solitude, renonciation, reconstruction, tenter de garder un semblant de famille tout en se sentant extérieure. Quelques petites bulles de douceur s'immiscent entre les pages, de jolies rencontres, des moments privilégiés.

Ce texte terriblement émouvant et d'une grande authenticité retrace la vie pleine d'aspérités d'une femme ordinaire à laquelle on peut si facilement s'identifier.  

Une excellente lecture !

Sur mon échelle : 📚📚📚📚 +

samedi 5 novembre 2022

Chinook





Auteur : Pete Fromm
Editions : Gallmeister
Traduction : Marc Amfreville





Le Chinook est un vent qui balaye ce Montana rural de ranchs et de petites villes, toile de fond des nouvelles de Pete Fromm qui nous parlent de vies de famille comme de solitude, d'amour et de fidélité, d'engagement ou d'héroïsme. À travers les portraits de gens simples se dessine le tableau tout en finesse des existences fragiles qui peuplent cet Ouest américain. On y découvre ce fils obéissant qui n'ose pas avouer à ses parents que sa femme vient de le quitter, ou ce père désespéré au point de kidnapper son propre fils... 
Paru le 7 avril 2011



Mon avis : A venir





Sur mon échelle : 📚📚📚📚


jeudi 13 octobre 2022

Le radeau des étoiles










Auteur
: Andrew J. Graff
Editions : Gallmeister
Traduction : Laure Manceau




"Merci de dire au shérif que Fish voulait pas tuer mon père. Mon père est chez nous dans la cuisine, par terre près de la table. Il est mort." Inséparables, Bread et Fish ont dix ans et passent leur été dans la poussière des champs du Wisconsin. Ils vivraient dans une parfaite insouciance, sans la figure violente du père de Bread qui terrorise le garçon. Un jour, au comble du désespoir, Fish décide de protéger son ami : un coup de revolver, et les gamins s'enfuient se croyant meurtriers. Ils se hâtent de rassembler du matériel, des provisions, et s'enfoncent dans l'immense forêt voisine. Construire un radeau, promesse de liberté, les expose immédiatement aux dangers réels de la traversée. Pendant ce temps, le grand-père de Fish et le shérif se lancent à leur recherche. Chacun devra faire son propre voyage en pleine nature pour affronter ses doutes et secourir les plus vulnérables.
Paru le 1er septembre 2022



Mon avis : 

Une fort jolie lecture avec une entrée en matière saisissante!

Deux gamins de dix ans, Bread et Fish, une amitié incroyable, un père violent, un geste irréparable sans aucune préméditation et les voilà perdus dans une forêt épaisse et inhospitalière en mode survie. C'est la fuite en avant vers un but qui n'existe pourtant pas...
Cal, shérif venu se mettre au vert à la campagne, en pleine interrogation sur sa vie, sur ses désirs,  part sur leurs traces accompagné du vieux grand-père de Fish, taiseux, ancien soldat aguerri.
Tiffany, à la recherche d'une amarre, d'un amour simple et solide, tellement peu sûre d'elle et la mère de Fish, farouche, profondément croyante, une femme solide que rien n'arrête s'allient aussi pour tenter de retrouver les deux garçons.

Ces trois duos, parfois improbables, vont être confrontés à la nature sauvage, au fleuve et aux rapides. C'est dans cet environnement âpre qu'ils vont se battre pour survivre, pour avancer... qui pour construire un radeau, trouver à manger, apprendre à monter à cheval, à pagayer dans un environnement grandiose et souvent hostile et menaçant. 
Fuite effrénée, poursuite acharnée, des moments suspendus, du danger, un ours noir, des confrontations parfois dures, des liens qui se renforcent et surtout chacun qui se réalise dans ces conditions extrêmes, face à la nature révélant la vérité de chacun. 

La plume est belle, les descriptions sensibles, la forêt et le fleuve deviennent personnages centraux de cette histoire, prenant l'ascendant sur l'Homme, le poussant dans ses retranchements.

Quelques surprises bienvenues (même si parfois invraisemblables) étoffent le récit et renforcent l'intérêt.
Mon bémol sera pour la fin un peu trop facile mais l'ensemble et surtout les personnages touchants et très attachants en font une belle lecture !

Merci à  Lecteur.com

Sur mon échelle : 📚📚📚