Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
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mercredi 30 juin 2021

Les détectives du Yorkshire - tome 6 : Rendez-vous avec la ruse

 






Auteur : Julia Chapman
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire






Enquêter sur un adultère ? Ce n'est pas vraiment le rêve de Samson et Delilah, les détectives de l'Agence de Recherche des Vallons. Seulement voilà, la demande vient de Nancy Taylor, une femme charmante à laquelle on ne peut rien refuser. L'infidèle, quant à lui, est le maire, mais aussi un respectable entrepreneur et l'ex-beau-père de Delilah. Diable ! Le duo va devoir marcher sur des œufs
Or Samson et Delilah découvrent qu'une affaire peut en cacher une autre. Et que ruses, fourberies ou tromperies sont bien plus présentes à Bruncliffe qu'ils ne le croyaient.
Paru le 22 octobre 2020

Mon avis :

C'est avec beaucoup de plaisir que je suis retournée à Bruncliffe pour la sixième fois, une villégiature devenue incontournable ! 

Après la réussite inespérée avec l'impossible Cliff dans le tome précédent, l'agence de Delilah connait un succès croissant. Les clients affluent.
Entre elle et Samson, les relations ont évolué, chacun s'est avoué de son côté ses sentiments mais un fossé s'est ouvert entre eux, Samson toujours sous le coup d'un danger de plus en plus tangible ne souhaite pas l'entraîner avec lui et la tient à l'écart.

Lorsque Nancy Taylor vient trouver Samson pour lui demander d'enquêter sur son mari, le maire bien aimé du village qu'elle soupçonne d'avoir une liaison, Delilah ne peut s'empêcher de fourrer son nez dans l'affaire.
Bernard Taylor doit participer à une partie de chasse avec le véreux Procter ainsi que des investisseurs immobiliers. Le buffet est organisé par Lucy et c'est très facilement que Delilah se glisse parmi le personnel en se proposant d'aider pour le service. Sans avertir Samson, bien entendu, elle décide d'un camouflage réussi mais très encombrant.... (mouarf)

Lors de cet événement sont présentes de vieilles connaissances que je vous laisserai découvrir.
Mais tout va de travers, les investisseurs bulgares sont incontrôlables, leur comportement est irrévérencieux voire dangereux... La partie de chasse  prend fin avec la mort d'un des participants.

C'est une catastrophe, une simple filature pour infidélité devient une scène de crime. Delilah se ronge de culpabilité, Samson qui est resté à la périphérie avec Caliméro, se sent impuissant... L'enquête s'annonce épineuse, les suspects sont nombreux.

Le tour de force de l'auteur est d'avoir mis le lecteur en position d'observateur privilégié, il est au courant de certaines choses (pas toutes, il reste des surprises), et voit les erreurs d'appréciations, les pièges dans lesquels tombent tous les protagonistes,  c'est extrêmement prenant !

Si l'on est focalisé sur l'enquête, nous n'en sommes pas moins toujours dans le petit village où les ragots sont légions, l'ostracisme et les commérages vont bon train.  Tous les personnages qui font la saveur de la série sont bel et bien là, les résidents de la maison de retraite toujours prêts à donner un coup de main, Stuart Lister... et la si savoureuse Ida Caspter, (mais que j'aime ce personnage !) sans oublier Calimero .
De plus le roman est agrémenté de petites enquêtes secondaires plutôt amusantes qui renforcent l'humour toujours bien présent. 

Si l'enquête trouve sa résolution, la menace plane plus que jamais au dessus de Samson et la toute fin pleine de suspense donne furieusement envie de lire la suite.

Vite le tome 7 ! 


Un grand merci à Robert Laffont et La collection  La Bête noire  ! 



Sur mon échelle : (je ne suis plus objective, je suis fan !) 📚📚📚📚


lundi 28 juin 2021

Le fleuve des rois





Auteur : Taylor Brown
Editions : Albin Michel
Traduction : Laurent Boscq



Un an après le décès de leur père, Lawton et Hunter entreprennent de descendre l’Altamaha River en kayak pour disperser ses cendres dans l’océan. C’est sur ce fleuve de Géorgie, et dans des circonstances troublantes, que cet homme ténébreux et secret a perdu la vie, et son aîné compte bien éclaircir les causes de sa mort.
Il faut dire que l’Altamaha River n’est pas un cours d’eau comme les autres : nombreuses sont ses légendes. On raconte notamment que c’est sur ses berges qu’aurait été établi l’un des premiers forts européens du continent au XVIe siècle, et qu’une créature mystérieuse vivrait tapie au fond de son lit.
Remontant le cours du temps et du fleuve, l’auteur retrace le périple des deux frères et le destin de Jacques Le Moyne de Morgues, dessinateur et cartographe du roi de France Charles IX, qui prit part à l’expédition de 1564 au cœur de cette région mythique du Nouveau Monde. De cette passionnante épopée se dégagent une grâce et une intensité qui imposent Taylor Brown comme un digne héritier de Cormac McCarthy et de Ron Rash.
Paru le 12 mai 2021

Mon avis :

Une très belle lecture une fois encore grâce à la collection Terres d'Amérique, je découvre peu à peu cette littérature américaine  et j'aime infiniment...

Quel livre ambitieux et quelle jolie réussite ! Autour de l'Altamaha River en Georgie se déclinent deux histoires bien distinctes.
0n descend le courant avec deux frères unis dans le deuil et on remonte le temps jusqu'au XVIe siècle au moment des grandes explorations, un voyage autant géographique que temporel. Des destins qui se forgent, des histoires qui s'écrivent au bord de ce fleuve majestueux et  immuable  sur et autour duquel se concentrent des légendes et bien des passions humaines.

Hunter et Lawson en kayak portent les cendres du père, décédé un an plus tôt, pour les disperser dans l'océan mais aussi pour faire la lumière sur cette mort étrange. De deux tempéraments différents, l'aîné est nageur de combat et porte avec lui le spectre de la guerre et le second étudiant à l'université, ils entretiennent des relations fortes faites de connivence, de confiance, d'entraide et de sourde rivalité. Ce lien prend sa source dans le rapport au père, figure autoritaire dont la présence reste prégnante, un homme de silence, un homme de terrain mais aussi un homme de passions qui cache bien des secrets et dont la forte ascendance sur ses fils perdure au delà de la mort...  Les frères sont unis autour d'une éducation et de souvenirs communs qu'ils ne peuvent partager avec personne d'autre, une part d'enfance qui n'appartient qu'à eux.  J'ai été très  touchée par ces deux hommes qui, entre souvenirs et révélations, doivent faire le deuil du père, deuil physique mais aussi moral. Un voyage périlleux qui peut tout autant raffermir les liens que les défaire....  
 
Jacques Le Moyne de Morgues est dessinateur et cartographe du roi Charles IX, il accompagne l'expédition de 1564 qui vient implanter le Fort Caroline dans le nouveau monde. 
Il est le témoin privilégié de l'arrivée des colons et des difficiles relations avec les autochtones. Un moment d'Histoire passionnant ! Installation, enthousiasme, alliance, pacte, trahison, bataille, famine, rébellion, lâcheté mais aussi courage, il y a un véritable condensé d'humanité dans cette fantastique épopée. Ses dessins d'époque enrichissent le récit et lui donnent une dimension supplémentaire, une réalité plus tangible.

Le fleuve reste le point commun de ces deux histoires, cours d'eau majestueux, auréolé de mystères (ne dit-on pas qu'il abrite une bête monstrueuse aperçue plusieurs fois au fil des ans...), il s'étire le long des berges en réservant parfois des surprises, en occasionnant des rencontres insolites, souvent dangereuses... Tantôt rassurant, tantôt menaçant, il déploie ses multiples facettes au fil des pages, 

L'écriture somptueuse magnifie le récit (merci au traducteur pour la grande qualité de son travail), une plume absolument magnifique, sensible qui donne à voir, à sentir, à entendre, qui offre des moment suspendus, des moments de grâce et d'autres effroyables toujours avec justesse. Les descriptions pleines de poésie sont un véritable hymne à la nature trop souvent malmenée, qu'il faut préserver... 

Mais ne vous y fiez pas, rien d'idyllique dans tout cela, les hommes déchainent les passions, le danger omniprésent et la mort jamais bien loin  font glisser le récit doucement mais sûrement vers le roman noir ! Une réussite ! 

Un grand merci aux Editions Albin Michel  ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚📚 ++

dimanche 27 juin 2021

Les sœurs Grémillet - tome 2 : Les amours de Cassiopée






Auteur :  Giovanni Di Gregorio 
Illustrateur : Alessandro Barbucci
Editions : Dupuis





Haut les cœurs! Comme tous les étés, les sœurs Grémillet vont passer les vacances à la campagne chez leur grand-mère, sauf que cette année Cassiopée, la cadette, a le cœur brisé: Ulysse, son amoureux, est resté en ville. Elle ne peut même pas confier sa peine à ses sœurs qui ne comprendraient pas. Mais à leur arrivée dans le village, un autre prétendant l'attend: le bel Olivier. Il leur apprend qu'un mystérieux fantôme sonne les cloches de l'ancienne église pendant la nuit.
Paru le 11 juin 2021

Mon avis :

C'est avec plaisir que l'on retrouve Sarah, Cassiopée et Lucille en partance pour des vacances à la campagne chez leur grand-mère, une charmante grand-mère pleine de bons conseils mais qui perd un peu la tête et connait quelques problèmes de mémoire.

Toujours avec leurs caractères bien distincts, entre chamailleries et connivence, les trois sœurs se trouvent une fois de plus mêlées à une singulière enquête et tente de surprendre un fantôme dont l'existence semble liée à de vieilles légendes. Sorties de nuit, pièges, elles se démènent pour découvrir le fin mot de l'histoire...

Dans ce tome-ci, celle qui est mise en avant est la seconde, Cassiopée dont le cœur balance entre Ulysse  et Olivier. Beaucoup plus léger que l'album précédent, plus jeunesse aussi, le récit s'attache aux amours adolescentes, aux sentiments troubles mais aussi aux  activités et loisirs d'été de la joyeuse fratrie.

Un joli moment de lecture plein de charme aux dessins toujours aussi beaux et colorés, mais un ton en dessous du premier album.
Vivement la suite, Lucille reste ma préférée et ce devrait être son tour d'être à l'honneur !



Sur mon échelle : 📚📚📚

jeudi 24 juin 2021

Les fantômes de Harvard




Auteur : Francesca Serritella
Editions : Pygmalion
Traduction : Tiphaine Scheuer




Acceptée à Harvard, Cadence Archer décide de s'installer sur le campus alors que ce choix menace de détruire sa famille. Car c'est dans la prestigieuse université que son frère aîné a mis fin à ses jours, l'année précédente, après avoir développé une schizophrénie. Cady ne peut se résoudre à continuer de vivre sans savoir ce qui a poussé cet étudiant de génie à se suicider. Avec pour seul élément un cahier bleu empli des gribouillages obscures d'Eric, devenu paranoïaque et en proie aux hallucinations, elle enquête sur les ultimes mois de sa vie. Plus Cady avance, plus ses soupçons augmentent. Puis, elle-même commence à entendre des voix...
Paru le 5 mai 2021

Mon avis :

Il y a des livres comme ça qui vous attirent de façon irréfléchie sur un titre, une couverture.... celui-ci en fait partie et je ne regrette  absolument pas cette lecture malgré mes quelques réserves.

La famille Archer est dévastée par le suicide du fils aîné, brillant étudiant à Harvard mais diagnostiqué schizophrène. Lorsque la jeune sœur Cady exprime à son tour le vœu d'aller étudier à Harvard c'est toute la famille qui retient son souffle.... Que cherche t-elle outre le prestige de l'établissement ? Marcher sur les traces de son frère, s'imprégner de son environnement, comprendre son geste et éteindre la folle culpabilité qui l'étreint ... ?

Arrivée à l'université, Cady s'adapte à sa nouvelle vie estudiantine : les cours, les examens, les fêtes, la colocation, les profs et leurs caractères. Toute la vie estudiantine est parfaitement décrite et Harvard prend vie à travers les pages, les descriptions. Mais très vite des phénomènes irrationnels viennent perturber le quotidien de la jeune fille. C'est certainement la partie que j'ai préférée, ce côté fantastique extrêmement bien construit s'appuyant sur un postulat scientifique fascinant.

Très vite Cady se pose des questions particulièrement stressantes, est-elle frappée du même mal que son frère, le schizophrénie est-elle génétique ?

Une histoire très prenante construite sur deux suspenses parallèles, en premier lieu la recherche de tous les détails des derniers jours d'Eric faite de messages codés, de rencontres, de découvertes variées et parfois surprenantes et en second lieu, le mystère des personnages qui hantent Cady et risquent de la pousser dans ses derniers retranchements....

Au delà de l'intrigue, différents thèmes sont abordés : l'esclavage, la responsabilité scientifique, la question des différentes dimensions, le deuil dans une famille et la culpabilité de chacun, la reconstruction intime et la communication souvent défaillante..
Des références littéraires, historiques, scientifiques viennent donner corps au récit.

Mon bémol sera pour le côté irrationnel qui n'est pas abouti de mon point de vue, les manifestations se terminent brusquement sans aucune explication et il est difficile d'en trouver la finalité. Une petite déception d'autant plus que ce pan de l'histoire m'avait vraiment passionnée. 

Ceci mis à part, ce fut une jolie lecture, un auteur à suivre !


Sur mon échelle : 📚📚📚

lundi 21 juin 2021

Kamik : Chasseur au harpon







Auteur : Markoosie Patsauq
Editions : dépaysage
Traduction : Valérie Henitiuk et Marc-Antoine Mahieu




Quelque part au nord du monde. Le froid, la faim. Un campement attaqué, des chiens éventrés. Un ours devenu fou. L'expédition punitive tourne mal, le sang rougit la banquise. Un jeune chasseur armé d'un simple harpon se retrouve seul à suivre les traces du redoutable carnassier. Mais en vérité, qui traque qui ?
Rédigé dans une langue sobre et efficace, Kamik est l'histoire cruelle de cette chasse au long cours, à la fois haletant récit d'aventures et quête initiatique. C'est aussi le tout premier roman écrit par un Inuit du Canada, un geste d'une portée historique et sociale considérable. Traduit fidèlement depuis l'inuktitut, Kamik est un classique de la littérature autochtone nord-américaine.
Paru le 15 janvier 2021


Mon avis :

Lorsqu'un ours blanc furieux attaque le campement où vivent Kamik et sa famille, il est décidé de le poursuivre pour l'abattre sans quoi son retour serait inévitable. Les hommes s'équipent et se lancent sur sa piste. Pour Kamik c'est le baptême du feu, il est avide d'exploit et compte prouver sa valeur de chasseur. Mais l'ours ne sera pas si facile à abattre, chiens et hommes meurent les uns après les autres...  et  Kamik vit une aventure dramatique, éprouvante dans sa chair et dans son âme.

Ecrit au présent, dans un style direct, sans fioritures, ce roman est un joli récit-hommage efficace et saisissant sur la vie rude dans les contrées du grand froid. Y sont décrites les traditions de la pêche, de la chasse à l'ours blanc avec de simples harpons, de la construction des iglous, mais aussi la cohésion d'un peuple qui sait s'entraider pour survivre. 

Des annexes précieuse, préface, quelques pages à propos de la traduction (quel travail de précision !) et mot de l'auteur recontextualisent le récit et lui donne une dimension particulière. L'auteur a compilé des histoires racontées par les parents et les aïeux, de celles qu'on se transmet à la veillée le soir, pour en faire un roman. Premier écrit inuit, c'est une sauvegarde précieuse que d'avoir couché par écrit ces récits de la tradition orale appelés à disparaitre, témoignage d'un mode de vie d'un autre temps... il en ressort  quelque chose d'émouvant et d'un peu sacré...
C'est un plaisir d'avoir entre les mains un ouvrage des Editions dépaysage, j'aime beaucoup les couvertures avec une vraie identité et surtout le confort de lecture qu'offrent la qualité du papier et la mise en page. Le prochain est déjà commandé !


Sur mon échelle : 📚📚📚📚

dimanche 20 juin 2021

A l'ombre du convoi - tome 1 : Le poids du passé / tome 2 : L'espoir d'un lendemain





Scénario : Kid Toussaint
Dessins : José Maria Beroy
Editions : Casterman





Novembre 1943. Un convoi de déportés faisant route vers la Pologne s'immobilise soudainement. A son bord, Olya, une jeune Juive, mais aussi Wilhem, un membre de la police allemande, et non loin de là, un résistant belge tapi dans l'ombre. Tout les oppose mais ce train va pourtant les réunir.
tome 1 paru le 21 janvier 2012
tome 2 paru le 22 mars 2013

Mon avis :

Une fois n'est pas coutume ma chronique va parler des deux tomes de ce diptyque que j'ai lu à la suite et que je préfère présenter dans sa globalité. 
Une très belle BD qui en s'inspirant d'un fait réel dont je n'avais jamais entendu parler, rappelle que l'héroïsme, le vrai, n'a pas toujours besoin de grands moyens... une histoire très émouvante !

Plutôt qu'un récit linéaire, le scénario rassemble une mosaïque de moments de la vie de Olya Van Horn, une jeune juive allemande, de Wilhem, membre de la Schutzpolizei et Théodore un jeune Belge. Avec beaucoup d'intelligence, l'auteur montre comment peu à peu l'antisémitisme gagne du terrain tout d'abord en Allemagne, puis en Belgique et ailleurs....

Lorsque la vie devient trop difficile à Hambourg, Olya et sa famille se réfugie en Belgique. Mais la guerre venue, la situation se détériore une fois encore.
Wilhem est un jeune allemand doux et rêveur dont le passe-temps préféré est la lecture, mais la jeunesse allemande est soumise à un embrigadement forcé....
Théo, jeune Belge insouciant vit avec le poids d'un père brisé par la première guerre mondiale, il tombe sous le charme de la nièce de son coiffeur.

Ces trois personnages se retrouvent  dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943, entre Malines et Louvain autour du convoi de déportés dont Olya fait partie. Wilhem est chargé de convoyer ce train et Théo,avec deux amis, se prépare à une action incroyable d'audace et d'inconscience... 

Trois destins qui se croisent et s'entremêlent, emportés par une Histoire qui les dépasse et dont le scénario retrace les moments clés qui les ont conduit à ce rendez-vous. C'est tragique, dur, émouvant ... 

Les dessins réalistes sont très réussis, avec foison de détails sur le quotidien, les scènes de guerre et autres et des couleurs sombres expriment toute la dimension dramatique du récit. Pleine page ou vignettes en débordement, les souvenirs prennent de l'ampleur et les événements du poids.

Une très belle BD et un bel hommage à Youri Lovhchitz, Robert Maistriau et Jean Fauklemont dont il ne faut pas oublier les noms.

Une mention particulière pour le très beau texte d'introduction de Simon Gronowski ♥


Sur mon échelle : 📚📚📚📚

mardi 15 juin 2021

Le carnaval des ombres






Auteur : R.J. Ellory
Editions : Sonatine
Traduction : Fabrice Pointeau





1958. Un cirque ambulant, avec son lot de freaks, d'attractions et de bizarreries, vient de planter son chapiteau dans la petite ville de Seneca Falls, au Kansas. Sous les regards émerveillés des enfants et des adultes, la troupe déploie un spectacle fait d'enchantements et d'illusions. Mais l'atmosphère magique est troublée par une découverte macabre : sous le carrousel gît le corps d'un inconnu, présentant d'étranges tatouages.
Dépêché sur les lieux, l'agent spécial Michael Travis se heurte à une énigme qui tient en échec ses talents d'enquêteur. Les membres du cirque, dirigés par le mystérieux Edgar Doyle, ne sont guère enclins à livrer leurs secrets. On parle de magie, de conspiration. Mais l'affaire va bientôt prendre un tour tout à fait inattendu.
Paru le 3 juin 2021

Mon avis :

Encore une fois, un livre de RJ Ellory fascinant ! 

Lorsqu'un cadavre est découvert en marge d'un spectacle de cirque à Serena Falls,  Michael Travis a le profil idéal pour se charger de l'affaire. Il est donc envoyé sur les lieux. Cependant, tout est inhabituel dans cette enquête, les règles usuelles sont balayées, l'agent spécial se retrouve seul sans coéquipier et sans aucun soutien logistique. 

Travis rencontre les artistes de ce cirque singulier, tous ont une particularité troublante et leur directeur est un être insaisissable. Les investigations sont difficiles d'autant plus que Travis tombe peu à peu sous le charme de ce monde atypique et de ses protagonistes charismatiques. 
Qui croire dans ce monde d'ombres où les apparences peuvent être trompeuses, un monde de faux semblants et de parade...?
L'enquête piétine puis peu à peu prend une direction totalement inattendue. Devant l'ampleur de ses découvertes et les dangers inhérents , Travis ne recule pas et ira jusqu'au bout.

La grande réussite de ce roman, outre l'atmosphère remarquable oscillant entre magie et mystère, est la galerie de personnages tous plus étonnants les uns que les autres et surtout celui de Travis, d'une richesse folle. Ce monde d'illusions dans lequel il est immergé le renvoie à sa propre histoire et il est  assailli par des souvenirs, par un traumatisme d'enfance qu'il tente de contenir en s'interdisant toute émotion, mais son infaillible maîtrise est mise à rude épreuve.
Les souvenirs affluent, de différentes époques, des moments clés de sa vie durs, bouleversants.
Cette enquête qui sort du schéma traditionnel provoque chez lui une profonde remise en question personnelle. 

Un roman encore une fois difficile à lâcher qui, à partir d'un fait divers dans une petite ville, explore la fin des années 50 dans une Amérique en pleine guerre froide. De l'action, de l'émotion, des surprises, une atmosphère particulièrement bien construite et des personnages denses,  une très bonne lecture !


Sur mon échelle : 📚📚📚📚

samedi 12 juin 2021

L'envol


 





Auteur : Kyrie McCauley
Editions : Pocket Jeunesse
Traduction : Virginie Cantin




Leigh parviendra-t-elle à se sauver et à sauver ses petites sœurs ?

Des milliers de corbeaux envahissent la petite ville d'Auburn, en Pennsylvanie, mais Leigh n'y prête aucune attention. Pour elle, la menace provient des crises terrifiantes de son père. Sa priorité : protéger ses deux petites sœurs coûte que coûte. Heureusement, un rayon de soleil éclaire ce sombre tableau : le beau Liam, différent des autres garçons, semble être le seul à comprendre Leigh. Avec son aide, elle va élaborer un plan pour mettre en sûreté sa famille. Mais son temps est compté : dans moins d'un an, elle devra partir pour l'université.
Paru le 8 avril 2021

Mon avis :

Lu en une petite journée, un roman jeunesse bien construit qui raconte les difficultés familiales de Leighton. A 17 ans, elle se sent investie d'une mission, protéger ses petites sœurs Campbell 13 ans et Juniper 9 ans contre la violence quotidienne de leur père. 

Son cœur balance entre son rêve d'intégrer la prestigieuse université de New York et son désir d'être là pour les siens. Il lui reste bien peu de place pour vivre une vie adolescente normale. Mais Liam s'invite dans l'équation. Il prend très vite une place importante et l'aide à s'ouvrir aux autres.
Ecrit à la première personne, le récit s'attache à raconter de l'intérieur le drame domestique que la petite ville d'Auburn en Pennsylvanie soupçonne mais feint de ne pas voir par lâcheté, compromission, préjugés...

Un sujet grave bien exploité et mis à la portée des adolescents, des personnages attachants, l'angoisse omniprésente de la fratrie et sa complicité, la fluctuation des sentiments entre l'amour et la haine au sein du couple, la dénonciation du silence coupable de tous rendent le roman intéressant mais c'est surtout la singulière présence des corbeaux et la petite pointe fantastique qui donnent tout son sel à l'histoire. Et lorsque le travail éditorial accompagne le propos c'est une réussite, j'ai beaucoup aimé les dessins qui augmentent au rythme de la présence des oiseaux.

Merci à Babelio et aux Editions PKJ pour cette agréable lecture. 



Sur mon échelle : 📚📚📚

vendredi 11 juin 2021

Les folles enquêtes de Magritte et Georgette - tome 1 : Nom d'une pipe !





Auteur : Nadine Monfils
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire




C'était au temps où Bruxelles bruxellait...
À l'arrêt du tram, le célèbre peintre René Magritte, chapeau boule, costume sombre et pipe au bec, a une vision étrange : une jeune femme en robe fleurie, debout à côté de son corps ! Il en parle à Georgette, son épouse, et immortalise la scène dans un tableau. Quelques jours plus tard, cette femme est retrouvée assassinée, avec une lettre d'amour parfumée dans son sac et un bouquet de lilas sous sa robe.
Paru le 6 mai 2021

Mon avis :

Quelle incroyable surprise que ce polar ! Je ne connaissais pas la plume de Nadine Monfils et vraiment quel bonheur de lecture !
Je ne sais pas par quel bout commencer ma chronique tant il y aurait de choses à dire... j'ai tellement aimé !

Une enquête bien ficelée autour de la mort de femmes appâtées par de jolis mots d'amour glissés dans des enveloppes bleues. Si la police enquête sérieusement, René Magritte qui avait peint la première assassinée, Madeleine, dans sa petite robe à fleurs après avoir croisé sa route, s'intéresse à l'affaire. Troublé par la coïncidence et la mise en scène, il suit de près toutes les avancées grâce à son ami policier Jefke. Il entraîne avec lui sa femme Georgette et tous deux mènent leurs propres investigations. De fil en aiguille, par rencontres, par ruses, par interrogations, par déduction, ils remontent jusqu'au coupable. Une histoire plausible, intelligemment construite entre réalité historique des personnages, de leurs pensées, de leurs propos et l'imaginaire de l'auteur. 

Ce couple célèbre prend vie sous la plume de l'auteur et quel couple attachant, amoureux comme au premier jour. Magritte sous ses dehors de bourgeois en costume et chapeau boule cultive son esprit rebelle, pose son regard si particulier sur le monde qui l'entoure, entre intuition et perspicacité, parle de sa peinture, de ses tableaux, c'est absolument passionnant et j'ai pris le temps d'aller regarder chaque tableau au fil de ma lecture, un voyage ô combien enrichissant !

Véritable immersion dans la culture belge, l'auteur nous "raconte" Bruxelles, ses places, ses rues, ses endroits pleins d'Histoire, ses sites immanquables, ses lieux mythiques, ses odeurs, ses couleurs. Et puis il y a les dialogues vivants pleins d'expressions belges, de bons mots, un style savoureux.

Pour finir, on ne peut que noter la foison de références (outre la peinture) au cinéma, à la musique et surtout aux chansons de Brel que je connais quasi par cœur depuis mon enfance. Quel talent d'avoir su  utiliser à si bon escient un tel patrimoine !

Un roman qui se veut léger, plein de charme et d'une richesse incroyable, un voyage à la fois dépaysant, distrayant et érudit, une pépite, un vrai coup de cœur ! 

Un dernier mot pour cette couverture en adéquation avec l'univers du peintre et très ressemblante au personnage, un jeu parfait entre réalisme et fiction.

Un grand merci à Robert Laffont et La collection La Bête Noire pour cette nouvelle découverte !

Sur mon échelle

mercredi 9 juin 2021

Son espionne royale - tome 7 : Son espionne royale et l'héritier australien


 

Auteur : Rhys Bowen
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire
Traduction : Blandine Longre





Comté du Kent, Angleterre, 1934.
Passer un smoking pour le dîner, utiliser une fourchette pour la viande, une autre pour le poisson... Franchement, quel intérêt à toutes ces simagrées ? C'est pourtant bien ce à quoi va devoir se plier Jack Altringham, héritier du duc d'Eynsford fraîchement débarqué d'Australie.
Pour l'aider, une seule candidate, la charmante Georgie. Mais, dès son arrivée à Kingsdowne Place, dans le Kent, elle découvre que certains membres de la famille d'Eynsford se donnent beaucoup de mal pour mener la vie dure à son élève. Et quelques jours plus tard, le duc meurt poignardé.
Aux yeux de tous, Jack est le suspect parfait. Sauf pour Georgie qui va tout faire pour démêler le faux du vrai entre petits secrets, rancune de classe et vengeance à froid...
Paru le 6 mai 2021

Mon avis

C'est encore une fois un vrai plaisir de retrouver Lady Georgiana dans ses singulières aventures.

Cette fois-ci, la reine la met en relation avec Edwina, la duchesse d'Eynsford qui vient de retrouver le dernier héritier du titre de sa famille dans un élevage australien de moutons.  Il doit être rapatrié en Angleterre très prochainement et Georgie est chargée d'aider le jeune homme élevé loin de la "civilisation" à se familiariser avec sa nouvelle position et tout le mode de vie qui en découle.

Direction le Kent, notre jeune Lady s'installe à Kingsdowne Place,le prestigieux domaine de la famille Altringham et fait bien vite connaissance avec toute la famille qui n'est pas des plus unie : le fils ainé et duc actuel, Cédric et les "Etourneaux" ses trois protégés artistes, Irène la fille et ses trois enfants Sissy, Katherine et Nicholas, les deux sœurs de la duchesse douairière, Charlotte et Virginia, Carter le précepteur, les domestiques. 
La cohabitation n'est pas des plus simples,  rancœur, jalousie, colère gangrènent les relations. 

Sur ce, le très naturel et attachant Jack arrive de son Australie natale mais n'est pas le bienvenu pour tous.  C'est avec surprise et dérision qu'il prend connaissance du décorum qui accompagne le quotidien de ces grandes familles. Réticent, le jeune homme qui n'avait rien demandé, a beaucoup de mal à s'acclimater et offre quelques savoureux moments de gaffes ou de quiproquos. Le choc des cultures fonctionne à merveille. Heureusement, Georgie est là et l'accompagne au mieux dans ses découvertes quotidiennes. 

Lorsque le Duc est assassiné sur ses terres, tout le monde ou presque est suspecté. Commence une minutieuse enquête menée par l'inspecteur Jollyface dans laquelle Georgie ne pourra évidemment pas s'empêcher de fourrer son nez. Soupçons, preuves diverses, les investigations vont bon train et plusieurs pistes s'ouvrent jusqu'à l'imprévisible fin .

Humour, péripéties, spiritisme, partie de chasse, galerie de personnages hauts en couleur, tout est là pour faire de ce tome 7 une nouvelle très bonne lecture. Et pour les habitués, pas d'inquiétude, la loufoque Queenie, la superficielle Belinda et le ténébreux Darcy sont encore une fois de la partie pour notre plus grand bonheur.

Un grand merci à Robert Laffont et La collection  La Bête Noire 


Sur mon échelle : 📚📚📚📚