Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
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lundi 19 juin 2017

La balade électrique d'Emily Archer


Auteur : Jof Brigandet
Editions : Editions du Caïman


Selon les critères du FBI, Sam Scott est un tueur « unlisted », aux motivations multiples et aux modes opératoires imprévisibles. Alors que professionnellement tout va de mieux en mieux et qu'il vient d'obtenir une grosse somme d'argent, un homme et sa fille, les Archer, vont imprudemment lui souffler l'appartement qu'il convoitait. Sam décide de les tuer.
Emily Archer est gravement handicapée et clouée dans un fauteuil. Sam Scott, que révulse ce genre de personne, décide alors de faire durer le plaisir avec cette proie facile et sans défense.
Habituellement méticuleux et organisé, il va cependant être imprudent et à deux doigts de se faire tuer. Scott réalise que le gibier n'est peut-être pas celui qu'il pensait et que pour la première fois, il vient de s'engager dans un combat pour sa propre vie.
Paru le 8 décembre 2016

Mon avis :
Quelle jolie surprise que ce petit polar très court, lu le temps d'un battement de cil !
En général, je reste quasiment toujours frustrée en fin de lecture sur les textes de ce format là, mais celui-ci est particulièrement bien maîtrise et surtout totalement abouti !
Un petit bijou de polar subtil, intelligent et remarquablement bien construit ! 

Sam Scott, un tueur sans état d’âme, un type cynique pour qui faucher une vie est une activité courante, facile .... les gens qui l'agacent, qui se trouvent sur son chemin.....et dès les premières pages, le lecteur est le témoin de ses pensées les plus intimes, les plus perturbantes ....
Avec une rentrée d'argent inespérée, il décide d'acquérir l'appartement à côté du sien pour agrandir son espace de vie et commence à envisager les plans.... seulement tout tombe à l'eau lorsqu'il se rend compte que cet appartement libre depuis des années est subitement occupé juste au moment où il pouvait mettre la main dessus....

Le récit est brillamment construit, on sent la colère qui monte petit à petit en lui avec ce bruit singulier qui vient le narguer quasi quotidiennement, exacerbant ses ressentiments .... un huis clos avec ses voisins invisibles, une atmosphère qui se tend  à l'extrême.... un parfait scénario hitchcockien !

Et lorsque enfin il finit par rencontrer ces fauteurs de troubles qu'il va éliminer à coup sûr, il a la surprise de découvrir un père charmant et sa fille handicapée profonde sur son fauteuil roulant. Avec cynisme, il se délecte de la facilité avec laquelle il va se débarrasser de ces intrus.... Il va malmener sans aucune pitié ce "légume" qui est venu déranger tous ses plans, c'est cruel et terrifiant... puis c'est le coup de théâtre.... inattendu, génial !

Trois parties bien distinctes, pleines de surprises et surtout qui doucement va amener le personnage principal vers une évolution totalement inattendue.... bon sang que j'ai aimé ce contre-pied, c'est subtil, remarquablement amené, maîtrisé de bout en bout ! Il s'agit certes d'un polar, mais pas que.... c'est bien plus dense que ça...

A tout cela s'ajoutent une narration infaillible avec des petits aller retours astucieux entre passé et présent, des personnages secondaires insolites et attachants comme John le pote routier travesti , ou le père d'Emily plein de délicatesse et de savoir vivre... .... du suspens et des retournements de situation qui changent les perspectives, tout est parfaitement dosé!

Une formidable lecture, un polar brillant, abouti, surprenant, j'ai tout simplement adoré ! 

Ma notation : 4,8/5

jeudi 15 juin 2017

L'oiseau du bon dieu



Auteur : James McBride
Editions : Gallmeister



En 1856, Henry Shackleford, douze ans, traîne avec insouciance sa condition de jeune esclave noir lorsque le légendaire abolitionniste John Brown débarque en ville avec sa bande de renégats. Henry se retrouve libéré malgré lui et embarqué à la suite de ce chef illuminé qui le prend pour une fille. Affublé d’une robe et d’un bonnet, le jeune garçon sera brinquebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes en passant par les bordels de l’Ouest, traversant quelques- unes des heures les plus marquantes du XIXe siècle américain. 
Cette épopée romanesque inventive et désopilante a été récompensée par le prestigieux National Book Award, le plus prestigieux des prix littéraires américains.
Paru le 20 août 2015 et le 4 mai 2017 en version poche

Mon avis :
Quelle découverte ! Quel fabuleux moment de lecture ! J'ai adoré chaque page de ce bouquin....
Je ne l'ai pas lu d'une traite parce que c'est tout de même un pavé mais quasiment...

C'est une histoire racontée par Henri Shackleford , dit Henrietta, dit la petite échalote, jeune esclave noir, sa propre histoire qui débute le jour où il va croiser la route de l'emblématique John Brown. Cette rencontre déterminante va changer totalement le cours de sa vie.

Libéré sans le vouloir, il se retrouve, déguisé en fille, à la traîne d'une armée dépenaillée menée par un vieux fou, la tête pleine d'utopie. Je n'avais jamais entendu parler de ce John Brown et le portrait qui en est fait est saisissant... personnage charismatique, totalement halluciné, empreint tantôt de grandeur, tantôt de ridicule, qui cite sa propre interprétation de la Bible à tout va et trucide tous ceux qui se mettent sur son chemin sans état d'âme. A la fois protecteur, aimant, loyal mais aussi outrancier, violent, obsédé par son objectif, c'est un homme complexe et fascinant.

Toute cette troupe va sillonner un pays désorganisé où la mort rode, où les tensions se cristallisent entre esclavagistes et abolitionnistes.
Page après page se déroule tout un pan d'histoire décryptée par les yeux sarcastiques d'un jeune noir futé. C'est un roman historique, d'aventure, plein d'action, de fureur, de sang, de folie et d'abnégation, mais c'est aussi d'un humour décapant (Le passage de l'échalote qui va donner son surnom au jeune héros est un must !) et parfois d'une vraie irrévérence !

On rit, on tremble, on est captivé par ces péripéties hors normes et on s'attache à la galerie de personnages tous plus troublants les uns que les autres : Fred le fils simple d'esprit, Owen très pragmatique, Bob, Pie, Sibonia,   etc....les lâches comme les héroïques.... tous sont marquants.

Mais la force du récit c'est avant tout la narration brillante, c'est vivant, piquant, drôle, saisissant. Que j'ai aimé ce style ciselé, à la fois si familier et tellement travaillé, avec sa foison d'expressions colorées, imagées, un style que j'ai savouré tout du long comme une véritable friandise rare et subtile.

Et que dire de la fin si ce n'est que la dernière page, superbe, vient tout magnifier, vient grandir le dérisoire et délivrer un message profond et poétique. Du grand art !

Un récit vivant, des personnages saisissants, un style particulièrement savoureux, un roman parfaitement maîtrisé qui m'a emportée dès les premières pages et m'a chamboulée sur la fin. Une lecture mémorable !

Un grand merci aux éditions Gallmeister et à Babelio pour cette formidable découverte !

Ma notation : 4,9/5


jeudi 27 avril 2017

Un cœur sombre


Auteur : R.J. Ellory
Editions : Sonatine


Sous sa façade respectable, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd'hui, il a touché le fond, et la grosse somme d'argent qu'il doit à Sandià, le roi de la pègre d'East Harlem, risque de compromettre toute son existence, voire de lui coûter la vie. Il n'a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent mal : il doit se débarrasser de ses complices, et une petite fille est blessée lors d'échanges de tirs. Rongé par l'angoisse et la culpabilité, Madigan va s'engager sur la dernière voie qu'il lui reste : celle d'une impossible rédemption. 

Jamais l'expression d' anti-héros n'aura été aussi pertinente. Avec ce portrait passionnant et sans concession, R. J. Ellory creuse au plus profond de la conscience d'un homme au cœur sombre, pour tenter d'en faire resurgir toute l'humanité enfouie. Le bien et le mal, l'innocence et la culpabilité sont en effet si intimement mêlés en Vincent Madigan qu'il lui est devenu presque impossible de les distinguer. D'une écriture si puissante qu'on la ressent physiquement, ce long blues, aussi déchirant qu'une chanson de Tom Waits, aussi maîtrisé qu'un film de James Grey, réserve à son lecteur de tels rebondissements qu'il serait criminel d'en dévoiler plus ici.
Paru le 1 octobre 2016

Mon avis :

Un beau coup de cœur que ce livre qui m'a amenée jusqu'au bout de la nuit littéralement et métaphoriquement......
Un livre puissant sur l'introspection d'un homme, sur son envie de remettre en ordre une vie déguenillée, sur ses doutes, ses culpabilités... un homme plein de noirceur qui traîne avec lui des actes violents, des compromissions inacceptables mais sous lesquels palpite contre toute attente, un cœur, un cœur sombre certes, mais un cœur qui parvient à émouvoir et même gagner le lecteur..... une belle gageure réussie de main de maître.... éblouissant!

Vincent Madigan est un homme qui trempe dans des affaires sordides depuis longtemps, endetté jusqu'au cou, il tente le tout pour le tout pour se sortir de ce très mauvais pas et organise un braquage particulièrement dangereux. Tout est calculé au cordeau, rien n'est laissé au hasard  mais ce jour-là, une enfant innocente est victime des tirs de son équipe et ce fait qui pourrait sembler anodin au regard de son palmarès pour le moins fourni, prend une dimension particulière..... Cet imprévu va le tourmenter sans répit, réveillant une consciente enfouie depuis longtemps, projetant une lumière particulière sur ses propres enfants et les relations qu'il entretient avec eux, sur la perspective de toute une vie de violences et de gâchis... Il va entreprendre une véritable introspection et décider de se racheter.

Dès lors, on le regarde se débattre contre une immense toile dans laquelle il s'est englué lui-même petit à petit. On le voit dénouer fil après fil toutes les difficultés qui se présentent, calculer, manigancer, tirer les fils pour manipuler tous ceux qui l'entourent et déjouer chaque danger l'un après l'autre... une véritable partie d'échecs qui se joue page après page.
Le scénario est machiavélique, vibrant d'intelligence et de suspense, jusqu'à une fin percutante à laquelle on arrive le souffle court... une fin qui ne pouvait être autrement.

Quelques personnages denses entourent le héros, Bernie Tomczak le truand étonnamment loyal, Sandià dangereux et retors,  Duncan Walsh le flic intègre qui se brûle les ailes, des femmes qui passent, silhouettes éphémères dans une vie chaotique...

Et puis il y a cette solitude âpre qui colle aux êtres, cette solitude toujours présente dans les livres de R.J. Ellory, cette solitude qui me touche à chaque fois.... ses personnages, aussi sombres soient-ils ont toujours une part d'humanité, et Madigan a réussi à m'émouvoir.... les chapitres à la première personne m'ont embarquée dans ses doutes, ses souvenirs, ses regrets, ses remords.... c'est un homme acculé qui porte un regard sans concession sur lui-même et qu'on ne peut s'empêcher d'accompagner avec une certaine empathie entachée d'effroi ...

Un livre fort, percutant, passionnant, plein de surprises et de rebondissements, des personnages denses, violents, attachants et terriblement humains.... un scénario diabolique, totalement maîtrisé qui nous balade de bout en bout....  un superbe livre, vecteur d'émotions, à la fois d'un pessimisme vertigineux et d'un optimisme vivace... Une vraie réussite !

ma notation : 4,9/5





dimanche 26 février 2017

Une vie entre deux océans


Auteur : M.L Stedman
Editions : Stock et Le livre de poche 


Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant.
Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler « l’incident » et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…
Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du cœur et du sang.
Paru le 9 octobre 2013 chez Stock
        le 1 octobre 2014 chez le livre de poche


Mon avis :

J'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre puissant.... Rarement un livre m'aura autant bringuebalé le cœur entre ses pages...

Le livre commence par l'arrivée sur une plage d'une barque avec à son bord le cadavre d'un homme et un nouveau-né.
Puis on revient en arrière pour nous raconter l'histoire de Tom, le gardien du phare qui découvre cette barque. On nous raconte son enfance difficile, sa rencontre avec Izza.

Tom est un personnage exceptionnel, droit, rescapé de l'enfer de la guerre. Il aime noter tous les jours dans un recueil le moindre des événements de sa journée. Cela l'aide à s'ancrer dans la réalité à se sentir vivre et à maintenir sa vie droite.
Homme solitaire, quasiment mutique, secret, empli de douleurs et de silence. Il est animé d'un sens du devoir exacerbé du à une éducation extrêmement stricte.

Izza quant à elle, est une jeune fille passionnée, entière qui va lui tendre la main et le choisir, lui qui ne s'autorise même pas de rêver.Cette jeune femme est son miracle personnel, il est tout brisé, éteint et elle est vibrante, passionnée, rêve d'une vie pleine d'enfants...Tom se réveille la nuit pour contempler cette magnifique femme, cadeau de la vie.
Elle sera à la fois sa planche de salut et celle qui va le perdre.

Parfois, quand il se réveille à côté d'Isabel, il lui arrive d'être surpris, et soulagé, qu'elle ne soit pas morte. Il guette avec soin sa respiration, juste pour être sûr. Puis, il pose la main sur le dos de sa femme et fait siens la douceur de sa peau, les légers mouvements de son corps endormi. C'est le plus grand miracle auquel il lui ait été donné d'assister.
Il y a un cadre très particulier à cette histoire, une île battue par les vents où ils vivent totalement coupés du monde, en vase clos avec ce phare, lumière dans la nuit, symbole du sauvetage dans la tempête.

Tous les deux, installés sur leur île, vivent des premiers temps idylliques puis le destin va les rattraper et la douleur arrive, la vraie, celle qui ravage les âmes. Izza va souffrir dans sa chair de femmes et tous ses espoirs vont être anéantis. Tom sera à ses côtés jours après jours, acceptant le sort comme inéluctable, ayant connu déjà le pire.

Izza va le pousser à prendre des décisions lourdes de conséquences. Repoussant sa conscience, il va accéder à ses désirs, il l'aime tant et il veut tellement la rendre heureuse....
Tant que la famille reste sur son île à l'abri du monde, c'est le bonheur, Izza le savoure.
Mais le monde extérieur les rattrape et tout va exploser
La culpabilité va tout ronger. 

J'ai eu beaucoup d'empathie aussi pour Izzy, en tant que femme et mère, on ne peut pas rester indifférente à ce qu'elle vit, c'est impossible. En lisant les lignes les plus dures, j'ai eu l'impression de ressentir ses souffrances. On comprend ses décisions bien sûr... Je n'ai pas eu l'envie de la condamner, et ce à aucun moment...

Mais Tom.... quel homme exceptionnel, il est capable de s'oublier lui-même par amour pour elle... son amour est infini !
Il oublie son devoir, sa conscience, il est prêt à se sacrifier pour elle. J'ai tellement aimé son personnage, sa droiture, son honnêteté, sa profonde humanité, et ses doutes qui le déchirent....

Parallèlement, il y a Hannah et Franz, et aussi Bill et Violette dont les douleurs sont muettes.
Ce sont des morceaux de vie, d'amours et de douleurs déchirantes.
Des personnages secondaires attachants, Blue, Ralph....

Alors assurément, ce n'est pas une romance, mais c'est l'histoire d'un amour fou, total, absolu, tant de désespoirs et de passions, de renoncement, de sacrifices....c'est l'histoire d'un homme magnifique rongé de culpabilité dont je suis tombée éperdument amoureuse...


Ma notation : 4,9/5

jeudi 2 février 2017

Prendre Lily


Auteur : Marie Neuser
Editions : Fleuve Editions et Pocket


Une mère de famille retrouvée assassinée dans sa baignoire, les doigts comme un écrin renfermant deux mèches de cheveux. Le corps d'une étudiante coréenne abandonné la nuit dans un quartier désert. Et des jeunes femmes qui témoignent : leurs cheveux coupés net, tandis qu'elles vivent, marchent, respirent dans une petite ville balnéaire d'Angleterre qui ne connaît pas les débordements. 
Non loin de la salle de bains de Lily Hewitt vit Damiano Solivo. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si ce n'étaient ces déviances auxquelles il s'adonne en secret. Mais son épouse peut le jurer : Damiano est innocent. Damiano est même victime. Victime, oui : de la complexité d'une machinerie sociale et judiciaire qui sait comment on façonne les monstres.
Paru le 14 mai 2015



Mon avis
Il y a des livres que vous prenez comme ça, un peu par hasard, plus parce qu'une couverture ou une quatrième vous a fait de l’œil que parce que vous en avez réellement entendu parler et qui soudain vous emporte dans un plaisir de lecture incroyable.... il y a des livres que vous avez du mal à quitter, des livres que vous tardez à finir parce que vous ne voulez pas le refermer, parce que vous voulez continuer de vivre à côté des personnages, avec les personnages....
Prendre Lily est un de ces livres, j'ai adoré chaque page, chaque ligne de ma lecture ! C'est un livre passionnant de bout en bout !

Si le début du roman se présente comme un polar classique, très vite il s'en détache... pour prendre une dimension toute particulière.

Un crime particulièrement sordide confié à un trio d'enquêteurs : Daphné, Jim et Gordon
La victime : une jeune femme Lily, tout à fait insignifiante sans signe particulier qui ne sortait quasiment pas de chez elle et un constat effrayant, tout le monde peut être la cible à n’importe quel moment
Un narrateur : Gordon McLiam, l'un des trois enquêteurs, il raconte dans un langage très familier tous les aspects de l'investigation .... c'est le flic qui raconte avec son franc parler, qui pose ses mots sur des  événements, des sentiments, des émotions....

Dès les premières pages on perçoit que cette affaire est une véritable plongée dans l'enfer...sentiment de quelque chose de plus dans cette histoire, des flics aguerris sont ébranlés
C’est l’atmosphère, Jim. Et tu sais, j’en ai dans ma besace, des affaires sordides. Mais là, tu vois, chez la couturière, il y avait une atmosphère… ce froid dans le dos, je n’ai pas été le seul à le sentir, n’est-ce pas, Gordon ? Je vais vous dire un truc. J’ai supporté beaucoup de scènes de crime. J’ai vu des enfants qu’on avait égorgés dans leur sommeil. J’ai vu des femmes tellement tabassées par leur mari qu’elles avaient les os du nez qui sortaient par les orbites. J’ai reconstitué des puzzles d’adolescentes, disséminés un bras là, un bras là-bas, dans des décharges publiques. Ici, bordel, dans le Dorset. Mais dans cette salle de bains, les gars… J’ai eu les poils de l’échine qui se sont mis au garde-à-vous et c’est de l’azote liquide qui a coulé dans mes veines. Vous avez mis un pied dans le chaudron du Diable. Vous allez vous y cramer le cul et je vous souhaite bien du courage.
Et la vision de Lily dans sa baignoire colle aux pensées de Gordon et de tous ceux qui l'ont vue , une vision comme gravée derrière les rétines et qui ne les quitte plus.... 
Mon premier… Voilà que je me sens comme une vierge qui vient de voir le loup. Comme un puceau entrant au bordel. Mon premier meurtre, non. La mort qu’on donne, je l’ai déjà vue, et reniflée, et manipulée. Ce n’est pas mon premier, en fait, mais ma première. Ma première femme équarrie, ma première plongée dans le crime sans queue ni tête, celui qui ne sert à rien sauf pour la jouissance, car de la jouissance il a dû y en avoir là-dedans, dans cette salle de bains qui ne me quitte plus, dans ces chairs arrachées qui se collent toujours à moi, plus d’une semaine après, c’est bien ce que disait le vieux le jour même, c’est ma première apnée dans le chaudron du Diable.
Il en perd même le sommeil ....
Ce n’est que la centième fois que je me repasse cette chronologie dans la tête, et ce n’est pas encore le matin. Je n’ai pas fermé l’œil. Je me sens proche du point de rupture de l’élastique qui maintient le cerveau en place.Il paraît qu’il suffit de trois nuits sans dormir, je veux dire de trois jours et trois nuits, pour sombrer dans la folie.Je n’en suis pas loin.J’ai tout essayé pourtant. Faire des pompes jusqu’à épuisement ; boire à m’en abrutir ; m’enrouler dans des couvertures devant des émissions sur la chasse, la pêche et la dentelle de Cornouailles. Que dalle. Mes yeux comme des billes.Encore une nuit comme ça et je bascule.
Mené par un nouveau chef Bradfort, étonnamment jeune mais solide, l'enquête avait débuté de façon tout à fait classique  avec les sempiternelles questions aux voisins, les recherches de baskets pouvant correspondre aux empreintes etc... l'ex-mari est immédiatement dans le collimateur, mais d'une chose l'autre, ils ont fini  par se focaliser sur un suspect : Damiano Solivo, personnage particulièrement répugnant et insaisissable qui s'adonne à d'étranges et sordides pratiques ...

Très vite, sa culpabilité devient une certitude pour la police mais les enquêteurs n'ont aucune preuve tangible juste une intime conviction et sont terriblement frustrés....s'en suit un interminable jeu du chat et de la souris, interminable dans le temps mais tout bonnement passionnant.
Interrogatoires, contre-interrogatoires, le bras de fer est incroyable et toujours Solivo s'en sort... Baveux, adipeux, repoussant..... il déploie une inertie étonnante et sous ses dehors de pauvre type se devine une intelligence redoutable...

Des mois passent : vidéos, enregistrements, planque, poursuites, tous les moyens sont mis en branle.
On nous décrit par le menu les affres de l'enquêteur, ses espoirs, ses frustrations, ses angoisses, tout cela par la voix de Gordon . Ce dernier, hanté par l'image de Lily et la pensée de la vie fracassée de ses deux filles, prend tellement à cœur cette affaire qu'elle en devient une affaire personnelle...
Eh bien non, en quinze ans de service, non. Je les ai tous eus. Tous. Les assommeurs de petites vieilles. Les liquidateurs de concurrents, en amour comme en affaires. Les étrangleurs de belles-mères. Les dealers offensés. Tous ceux qui avaient usé de leur pouvoir à donner la mort. Quelques jours, quelques semaines, et je les avais eus. C’est Lily… C’est le chaudron du Diable… C’est la jouissance… C’est ça, qui ne passe pas, qui me donne l’impression d’avoir un cactus au fond de la gorge et de ne pouvoir survivre que grâce à une goutte d’eau qui ne vient toujours pas.

 J'ai tellement aimé cette plongée intime au cœur de l'enquête, tout est vécu de l'intérieur, rendu de façon brute, directe avec les mots familiers de Gordon, chacune de ses émotions nous atteint. Le style vif, alerte, la familiarité du ton, le langage imagé, je me suis sentie tellement proche de lui ...
Sa vie privée est totalement vampirisée par ce meurtre, cette obsession va le rendre parfois incontrôlable, et c'est avec une réelle lucidité qu'il évoque des tentations auxquelles il résiste difficilement....
Cette histoire va finalement le chambouler en profondeur, le questionner  et  les constats sont parfois cruels...

Je n'ai absolument pas vu passer les 500 et quelques pages, c'est un récit prenant qui nous emmène loin dans le temps, dans l'espace (jusqu'en Italie où un gros dossier est ouvert). La narration est particulièrement efficace, elle nous tient en haleine, dissèque avec soin chaque pan de l'histoire et j'ai été plus d'une fois surprise, doutant même parfois de la culpabilité de Solivo 
Les inspecteurs (et surtout Gordon....) font preuve d'une prodigieuse inventivité et d'un acharnement infini...les erreurs, les oublis, les manques, ils ratissent inlassablement le dossier, ressassant chaque infime piste avec en fond le fantôme de Lily qui attend d'être soulagé... et pas une fois, même devant la lenteur des progrès, je ne me suis ennuyée, le pan psychologique des personnages m'a passionnée et tout particulièrement le personnage de Gordon que j'ai trouvé si attachant.. 
Il va loin, très loin, trop loin ....il y perd un peu de son âme mais aussi loin qu'il aille, il est lucide et tous ses excès ne m'ont fait que l'aimer encore plus je crois bien, c'est un homme tellement humain, fait d'ombres et de lumière, un inspecteur impuissant et frustré mais qui jamais n'a renoncé et qui nous livre cruement ses errements...et il ne sort certainement pas indemne de cette éprouvante et interminable enquête.
Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point j’étais triste.
Est-ce que je l’étais déjà avant le meurtre de Lily ? J’essaie de fouiller dans cet avant, mais il y a une vitre dépolie qui m’en sépare. Une vitre de salle de bains.

Quand le 12 novembre est revenu j’ai chanté de nouveau la petite chanson entêtante.
As time…
Sept ans.
Était-il possible que je me sois mis tout ce temps entre parenthèses ?

Une fin judicieuse, une fin qui ne pouvait être autre chose... et j'ai refermé mon livre avec l'envie de poursuivre immédiatement avec le second volet tout en sachant déjà qu'il n'y aurait pas Gordon. ....
Il reste l'ossature principale de ce premier récit, l'atout indiscutable (pour moi) qui a rendu ma lecture aussi captivante et il va cruellement me manquer....
Une formidable lecture !

Ma notation : 4,8/5




dimanche 8 mai 2016

Le petit génie, Pierre, dit Pi


Auteur : Nathalie Marie
Editions : Amazon


Pierre est un petit génie de l'informatique. Élève précoce, au physique quelconque et à l'allure improbable, il a longtemps subi les brimades de ses « camarades ». Très proche de sa mère et de sa grand-mère, il peut aussi compter sur sa meilleure amie Pascaline. Son seul ami, c'est 3.14, son ordinateur. Sa langue acérée et son intelligence lui ont permis d’affuter son humour : il s’en sert comme d’une arme de pointe et l'utilise sur tous les tons. Recruté pour ses talents de hacker, il se retrouve à travailler dans la lutte antiterrorisme. Sa rencontre avec Léo va bouleverser sa vie, et réciproquement. Ce dernier, flic dans le même service, va craquer pour l'original Pierre, dit Pi. Leur attirance les surprend autant l'un que l'autre, mais sera-t-elle suffisante pour résister à leurs différences ?
Paru le 22 avril 2016



Mon avis :

Le Petit génie, Pierre, dit Pi

Si vous avez des bleus à l'âme, si vous êtes morose et si le blues vous submerge, rien de tel que la lecture de ce livre pour vous redonner le sourire.
Ce livre est un véritable condensé de tendresse, de douceur et d'humanité.. J'aime beaucoup, j'aime vraiment, j'aime infiniment sans aucune restriction ! 

Pierre est un personnage vraiment extra-ordinaire : à 24 ans, il vit en marge de la société, entouré de 3 femmes aimantes mais un peu étouffantes qu'il laisse volontairement envahir sa vie: sa meilleure amie Pascaline, sa mère qui lui cuisine des petits plats et lui lave son linge et sa grand-mère qui lui tricote des pulls improbables...
Ses journées se passent en tête à tête avec 3,14, son ordinateur, parce que Pierre est un génie, un de ceux qui sont tellement intelligents que toutes les petites choses prosaïques de la vie leur importent peu.. Il a la tête pleine de chiffres et de formules et aime affûter son intelligence sur des problèmes divers.
Pierre, c'est aussi ce jeune homme que les blessures de la vie ont poussé à se replier sur lui-même, souffre-douleurs des imbéciles pendant de nombreuses années, il ressent un manque de confiance abyssal et tente par tous les moyens de s'effacer : des vêtements trop amples, des lunettes teintées trop grandes, tout ce qui peut faire écran entre lui et le monde pour lequel il se sent si inadapté.
Et inadapté, il l'est assurément, il a beaucoup de mal à s'intégrer dans tout ce qui régie une société, l'autorité le hérisse, la ponctualité est une notion qu'il ne connait pas....

Lorsqu'il intègre une unité de police spécialisée dans la lutte contre le terrorisme qui le recrute pour ses qualités de hacker, il aspire à un petit coin tranquille - voire un placard à balais -  pour rester dans sa bulle, mais c'est terrifié qu'il découvre qu'il va devoir partager  son bureau avec deux autres agents : Antoine et Léo. Si le premier lui semble inoffensif et tout à fait gérable, il n'en est pas de même du second. Grand, beau, ténébreux, Léo est un homme viril et Pierre se sent immédiatement petit et vulnérable à côté de cette masse de muscles et de testostérone.
Quant à Léo, il voit ce jeune gars insignifiant, petite silhouette fragile, d'un œil critique.Très vite, il le plaisante, le surnomme geek au grand dam de Pierre.
Celui-ci se révèle un interlocuteur bien plus percutant que ne le laisse penser sa retenue. Les dialogues sont savoureux, Pierre est d'un humour ravageur, sarcastique. Sa répartie est redoutable.
J'ai particulièrement aimé l'alternance des points de vue qui nous permet de suivre les pensées des deux protagonistes, on s'attache ainsi à chacun d'eux.

Très vite, Léo va se sentir attiré par ce si singulier petit gars qui manie le paradoxe, à la fois timide et batailleur, voulant passer inaperçu et arborant des pull-overs extravagants qui attirent tous les regards, Pierre est une véritable énigme.
Puis un jour, Léo va rencontrer le regard le Pierre, il va tout bonnement chavirer parce que Pierre c'est aussi ce regard absolument magnifique  qui est une véritable fenêtre sur sa belle âme. Léo n'en ressort pas indemne...

son regard plonge dans le mien et j’en reste comme deux ronds de flanc. La peau sous ses yeux est rouge, comme s’il avait pleuré ou qu’il s’était terriblement retenu, et ses iris me clouent sur place. Je n’ai jamais vu une telle transparence. Ils sont d'un bleu vert incroyable. Ils sont flous et lointains à cause de sa myopie, et pourtant, je les sens sur moi avec une telle intensité que j’en frissonne.

 Je n’arrive pas intégrer la beauté de ses yeux, de ce bleu piqueté de vert plus on s’approche de la pupille, de leur clarté, de leur lumière.

 Les sentiments s'installent et que cette relation est belle ! Deux gars aussi différents que tout sépare ne semblent pas pouvoir s'accorder, une différence d'âge, Léo a 8 ans de plus, l'un solide comme un roc, l'autre tendre et fragile,  et pourtant ça fonctionne, il y a tant d'amour, de compréhension.... Léo n'a de cesse  de tenter de conforter Pierre toujours en insécurité. Je crois bien que le contraste entre cette apparence de flic robuste, viril et la tendresse dont il fait preuve , la délicatesse avec laquelle il entoure Pierre est une des choses qui m'a le plus touchée. Il l'accepte avec toutes ses singularités, et fait preuve d'un respect magnifique. Il est également très protecteur comme le montre la scène  de la vendeuse de parfum, Léo n'accepte pas que le moindre affront soit fait à Geeky et c'est réjouissant de voir comment il lui ménage une petite revanche afin de regonfler son égo... Tout est fait avec intelligence et tact !

Toutes les scènes entre eux sont belles, jusqu'aux scènes intimes, ils ont beaucoup d'égards l'un pour l'autre,  de complicité et d'empathie, jamais de disputes interminables, de règlements de compte et Léo aide Pi à sortir de sa coquille, à s'épanouir, à dialoguer. Petit à petit, Pierre se dévoile et c'est parfois bouleversant d'humanité, c'est tellement rare de savoir vraiment aimer !
— Tu sais, ma grand-mère est âgée et pas éternelle. Tant qu’elle est encore capable de tricoter pour moi et d’y prendre plaisir, je porterai ses pulls, que j’ai l’air d’un con ou pas. Il y a belle lurette que les regards moqueurs qu’on peut me jeter me laissent de glace. Ma grand-mère a bien plus d’importance que tous les inconnus que je croise dans une journée.
Il y a de l'émotion à foison mais il y a aussi beaucoup d'humour. Quelques passages sont à mourir de rire, les dialogues bien souvent où Pierre manie le verbe avec adresse et je pense également à l'épisode où Léo reçoit le cadeau de la famille de Pierre...Quel fou-rire, j'en ris encore !

Je ne peux pas finir mon avis sans parler des pyjamas doudous de Pierre qui m'ont fait totalement fantasmer pendant ma lecture. J'ai désormais une furieuse envie de pyjamas imprimés !
Sérieux !.....Si ce n'est pas le signe d'un grand livre ça ! Afficher l'image d'origine Bouche ouverte

J'ai lu ce livre en epub et maintenant je le veux en papier comme tous mes livres coups de cœur !
 J'aime pouvoir les feuilleter, les manipuler ! Ils doivent trôner en bonne place dans ma bibliothèque ! 




ma notation : 4,8/5





jeudi 3 décembre 2015

A quatre mains


Auteur : Renée Carlino
Editions : Milady

« Ce roman délicieusement insolent vous ira droit au cœur. » Kathy Evans
« Un livre bouleversant et bien écrit qui résonne longtemps dans le cœur. » Shh Mom's Reading

Pour s'investir dans ses études au sein d'une prestigieuse université, Mia a mis une croix sur sa vraie passion, le piano. À la mort de son père, elle part à New York et reprend le bar qu'il tenait un lieu incontournable qui offre leur chance aux jeunes musiciens. C'est là qu'elle rencontre Will, un guitariste qui incarne exactement le style de vie auquel elle s'est refusée. Après s être liée d amitié avec Will, Mia lui propose de devenir son colocataire. Finira-t-elle par laisser libre cours à ses passions ?

Paru le 20 novembre 2015



Mon avis :

J'ai refermé mon livre quasiment au petit matin.... Emportée par l'intensité de mes émotions, je n'ai pu me résoudre à le poser avant de l'avoir terminé...
C'était il y a une poignée de jours maintenant, mais l'intense complicité et les douloureux déchirements de Will et Mia résonnent encore en moi...

Mia a grandi dans une famille aimante où le respect de chacun est le maître mot. Son père et son beau-père s'estimaient et s'appréciaient. Sa mère et son père, séparés depuis longtemps, ont toujours éprouvé beaucoup d'amour l'un pour l'autre. Elle a vécu essentiellement auprès de sa mère et de David qu'elle appelle papa, mais chaque année, elle séjourne chez son Papou qui tient un bar à Los Angeles.
Papou , décédé depuis peu reste un personnage central de l'histoire. Il lui a légué bien plus que son bar le Kell's, ce bar où l'on peut croiser musiciens et artistes et qui a vécu des heures de gloire comme l'attestent les vestiges, photos en noir et blanc placardés sur les murs .... il lui a aussi légué tout un art de vivre.... Il représente la liberté d'esprit,  la joie de vivre, le grain de folie .
Le reste du temps, Mia baigne dans l'univers plus classique de sa  mère et de David, un univers où la raison est essentielle. Dans son quotidien, tout est pensé,organisé, rien n'est laissé au hasard.

Douée pour la musique, Mia va faire des études de musique, apprenant la technique inlassablement, dans le cadre très académique des conservatoires mais pendant ses séjours au Kell's, son père lui ouvre les portes d'un autre monde musical, plus viscéral, plus émotionnel... Poussée en parallèle par son besoin de stabilité, elle entame aussi des études plus "sérieuses", des études commerciales.

samedi 21 novembre 2015

Clouer l'Ouest


Auteur : Séverine Chevalier
Editeur : La Manufacture de Livres



Longtemps je ne me préoccupais pas de la scène blanche. Elle me hantait en sourdine et je faisais taire ses murmures, ou les laissais cogner, légers, aux parois d’une minuscule boîte, enfouie au plus profond de moi.

Les bourdonnements de l’extérieur remplissaient leur office de fossoyeurs efficaces, diligents.
Je ne savais pas qu’alors, les cadavres refusaient de se décomposer.


Vingt ans après son départ, Karl est de retour chez les siens.
Le plateau de Millevaches est enneigé. Les arbres sont noirs.
Noirs comme la bête qui se cache dans les bois et que nul ne parvient à abattre.
Paru en juin 2015

Mon avis


Un IMMENSE coup de cœur 

Une écriture qui transcende l'histoire, une écriture dépouillée parfois à l'extrême mais à la puissance émotionnelle incroyable.... J'ai tout d'abord été bousculée par la forme, puis j'ai été totalement subjuguée, emportée, bouleversée... Une écriture des sensations, des non-dits, des désarrois...
Des personnages singuliers, complexes, criants de réalisme...

Une magnifique expérience de lecteur !  

Ma notation : ♥♥♥♥♥

jeudi 29 octobre 2015

Ugly Love



Auteur : Colleen Hoover
Editeur VO : Atria Book
Editeur VF : Hugo New Romance

When Tate Collins meets airline pilot Miles Archer, she knows it isn’t love at first sight. They wouldn’t even go so far as to consider themselves friends. The only thing Tate and Miles have in common is an undeniable mutual attraction. Once their desires are out in the open, they realize they have the perfect set-up. He doesn’t want love, she doesn’t have time for love, so that just leaves the sex. Their arrangement could be surprisingly seamless, as long as Tate can stick to the only two rules Miles has for her.
Never ask about the past.
Don’t expect a future.
They think they can handle it, but realize almost immediately they can’t handle it at all.
Hearts get infiltrated.
Promises get broken.
Rules get shattered.
Love gets ugly.

*********************

Quand Tate Collins rencontre Miles Archer, elle sait que ce n’est pas le coup de foudre. Et pour cause, le beau pilote n’a de temps que pour les aventures sans lendemain. Ils ne peuvent pourtant pas nier leur attraction mutuelle, aussi immédiate que brûlante.
Alors pourquoi ne pas se laisser séduire, quand le sexe est si bon ? Pas d’attaches, simplement la passion… Leur arrangement semble parfait, tant que Tate accepte de respecter les deux règles de Miles :

Pas de question sur le passé, Ne pas espérer de futur.

Cependant, ils vont vite comprendre que le coeur ne suit pas d’autres règles que les siennes. L’amour, même quand il n’est pas une évidence, sera-t-il plus fort que leurs promesses ?

Paru en VO en août 2014 
Sortie VF le 5 novembre 2015


Mon avis

Un énorme coup de cœur
  

intense
passionnant
émouvant
déchirant
captivant

mercredi 30 septembre 2015

Edenbrooke


Auteur : Julianne Donaldson
Editions : Milady
Collection : Pemberley




Eprise de liberté, Marianne Daventry n'est pas heureuse à Bath. Lorsque sa sœur l'invite à passer l'été à Edenbrooke, la jeune femme n'hésite pas une seconde. Devant parfaire son éducation, condition sine qua non pour pouvoir prétendre à l'héritage de sa grand-mère, Marianne tente désespérément de ne pas se laisser charmer par le maître des lieux, sir Philip. séducteur patenté. Parviendra-t-elle à contenir les élans de son cœur ou succombera-t-elle à son sourire ?

Paru le 19 septembre 2014


Mon avis :

J’ai refermé mon livre en me disant que je n’étais pas loin d’avoir eu un vrai coup de cœur...

Marianne est une très jeune fille (17 ans) qui a perdu de façon tragique sa mère il y a un an et depuis lors toute sa famille s’est dispersée : son père réside en France, sa sœur jumelle Cécily s’est débrouillée pour être accueillie à Londres chez une cousine et Marianne quant à elle vit recluse à Bath entre sa grand-mère et sa tante. Elle s’y ennuie profondément et sa famille lui manque. Autour d’elle gravite un prétendant aussi ampoulé que répugnant qu’elle peine à rejeter..
Dans sa correspondance, sa sœur Cécily lui parle de sa meilleure amie Louisa et du frère de celle-ci , héritier de la famille, sur lequel elle a jeté son dévolu et qu’elle compte bien épouser.
Quand elle lui envoie une invitation à les rejoindre à Edenbrooke, Marianne s’empresse d’accepter pour échapper à cette vie ennuyeuse et retrouver sa sœur qui lui manque.