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dimanche 16 août 2026

Chronique : La petite bonne - Bérénice Pichat

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman La petite bonne, écrit par Bérénice Pichat et publié aux éditions Le livre de poche.

livre La petite bonne - Bérénice Pichat


Fiche technique du livre :
Titre : La petite bonne
Auteur : Bérénice Pichat
Éditeur : Le livre de poche
Genre : Littérature française  

Date de parution : 02 janvier 2026



Le résumé de l'éditeur :
Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?

Mon avis :

J'ai mis longtemps à me décider à lire ce livre... La forme en vers ne m'encourageait pas et pourtant.. je l'ai commencé le matin, juste comme ça pour voir et je ne l'ai plus lâché jusqu'à l'avoir terminé... Un coup de cœur 

Quel livre !

La petite bonne dont nous ne saurons jamais le nom, trime toute la journée à nettoyer chez la bourgeoisie. Elle navigue entre plusieurs familles, du matin jusqu'au soir, armée de son seau lourd de brosses et produits.

Parmi ses maîtres il y a les Daniels chez qui tout le roman se focalise. Blaise, une gueule cassée, invalide, n'est plus que l'ombre d'un homme et Alexandrine sa femme se dévoue corps et âme à son chevet.

Mais Blaise ne supporte plus son sacrifice continuel, il l'incite à sortir, à vivre... Si elle résiste au départ, finalement "soit il en sera ainsi" et il est convenu que c'est la petite bonne qui restera à son chevet pour l'aider, parce que Blaise n'est plus autonome, il faut l'aide pour manger, se laver, s'habiller. 


Les débuts sont tendus, lui la trouve stupide, elle est surtout gênée de son état et ne sait pas vraiment ce qu'elle doit faire. Ils vont rapidement s'apprivoiser, se comprendre, s'apprécier. C'est la rencontre de deux âmes brisées, de deux solitudes.

C'est par petites touches que l'on voit cette si belle relation se construire.

Chaque petit rien, un regard, un geste, il y a tant de pudeur, d'authenticité entre eux.

Mais que c'est beau, que c'est poignant !

La scène du bain est incroyable d'intensité... Je n'ai pas les mots pour retranscrire les émotions.


Comment ne pas compatir sur l'état de Blaise, sa terrible histoire qui se dévoile, sa souffrance quotidienne à la fois physique et morale et puis il y a aussi le secret de la petite bonne qu'elle porte comme une croix. Et quand Monsieur lui dévoile ce qu'il attend d'elle, c'est un dilemme insoluble... 

Et Alexandrine de son côté est aussi un personnage marquant plein de nuances, terriblement humain. Elle est pétrie de certitudes et a le sens du devoir chevillé au corps. Il y a un mélange d'excitation mais aussi de vague culpabilité à s'échapper ainsi. Son week-end promis est une vraie déception, la froide réalité est loin d'être à la hauteur de ses rêves. Elle ne souhaite plus que retourner auprès de Blaise, retourner dans la quiétude se son quotidien rassurant.

Mais Bérénice Pichat nous rappelle que le destin est particulièrement cruel et qu'il peut se jouer des hommes...

La musique tient aussi une grande place dans le récit, la petite bonne découvre sa magie. Il y a des lignes tellement belles sur les émotions qu'elle procure, sur son pouvoir de communication. J'ai tellement aimé tous ces passages-là.

Et j'en reviens à cette forme qui me faisait reculer et qui en fait devient une des forces du roman... Les petits vers sont finalement plutôt une prose mise en forme minimaliste pour les pensées, le point de vue de cette petite bonne invisible, qui sait si bien se faire oublier.
La prose classique plus pleine et déliée est réservée aux maîtres qui savent les mots, qui ont l'habitude de s'exprimer. Et puis, entre les deux, il y a ses petits extraits en italique qui parsèment le roman et dont je n'ai compris la signification qu'à la fin.

J'ai adoré ce livre, la plume sensible, d'une humanité folle et puis l'histoire de ces deux êtres qui n'étaient pas destinés à se rencontrer, qui se trouvent, s'apprivoisent, se dévoilent, se libèrent....C'est beau, c'est émouvant, c'est déchirant !

Mon seul bémol sera pour les deux dernières pages pour cette conclusion trop rapide, mais c'est un minuscule bémol sur cette formidable lecture.

Sur mon échelle



mardi 1 août 2023

Vent d'Est vent d'Ouest





 Auteur : Pearl Buck
Editions : Le livre de poche
Traduction : Germaine Delamain






Années 1920. Kwei-Lan « vient d'être mariée », sans le connaître, à un jeune Chinois auquel elle a été promise avant même sa naissance. Ce Chinois revient d'Europe, il a oublié la loi de ses ancêtres, il ne respecte ni les coutumes ni les rites.
Le frère de Kwei-Lan, l'héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, qui vient de passer trois ans en Amérique, annonce son mariage avec une étrangère ; il revient avec elle.
À travers les réactions des membres de cette famille de haute condition où l'attachement aux traditions, le culte des ancêtres, l'autorité du père et de la mère n'avaient encore subi aucune atteinte, la grande romancière Pearl Buck nous fait vivre intensément le conflit souvent dramatique entre la jeune et la vieille Chine.
Paru troisième trimestre 1975

Mon avis :

Un livre lu jadis  dont je gardais un fort souvenir. Cette relecture m'a permis de réitérer mon plaisir.
C'est d'ailleurs amusant de noter que ce ne sont pas du tout les mêmes aspects du roman qui m'ont marquée cette fois-ci....

Le récit est conduit à la première personne par une jeune chinoise élevée dans la pure tradition ancestrale, une jeune femme soumise à ses parents qui doit épouser un jeune homme qu'elle ne connait pas et à qui elle est promise depuis sa naissance.

Mais tout son monde bascule brutalement car son époux est médecin, il a fait ses études aux Etats-Unis et s'est irrémédiablement éloigné de leur éducation commune.
C'est le choc des cultures, le conflit orient-occident est amené au sein de la cellule familiale.
En bonne épouse, Kwei-Lan suit les désirs de son mari mais c'est avec crainte, douleurs, parfois violence qu'elle abandonne ses traditions, ses croyances et que peu à peu elle gagne l'affection de son époux.
En parallèle, son frère épouse une étrangère et vient la présenter à sa famille plus que réticente. La jeune épouse a beaucoup de mal à s'intégrer dans cette culture si cloisonnée, c'est encore une collision entre un monde en évolution et un monde figé dans ses superstitions et croyances, l'ébranlement du socle des traditions.

Quel texte ! Tout en délicatesse, il traduit, à petites touches avec sensibilité et pudeur, le conflit de deux mondes qui se télescopent.. Comme c'est douloureux de comprendre, d'apprendre, d'évoluer ! Avec élégance et simplicité, l'auteur raconte la place de la femme, la médecine, la religion, le progrès, l'évolution inévitable, l'abandon de ses certitudes..

J'ai beaucoup aimé que le point de vue soit seulement celui de l'héroïne, sa vision est très marquée par l'époque, son éducation et l'Occident peu à peu lui apparait comme un monde étrange mais fascinant.
L'auteur reste juste en donnant la vision particulière, à défaut d'être toujours actuelle, d'une jeune chinoise dans les années 1920.
 
Une excellente lecture !

Sur mon échelle : 📚📚📚📚 

mardi 14 mars 2023

Un cri sous la glace


 

 Auteur : Camilla Grebe
Editions : Le livre de poche
Traduction :  Anna Postel




Emma, jeune Suédoise, a un secret : son patron Jesper, qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main, mais il ne veut surtout pas qu'elle ébruite la nouvelle. Deux mois plus tard, son fiancé disparaît sans laisser de traces et l'on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d'une femme, la tête tranchée. Personne ne parvient à l'identifier.
Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, font équipe pour enquêter. Or ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans auparavant. Et Hanne dissimule aussi un secret : elle vient d'apprendre qu’elle est malade.
Dans un Stockholm envahi par la neige, un étourdissant récit à trois voix prend forme. Chaque personnage cache ses propres zones d'ombre. À qui donc se fier ?
 
Paru le 21 février 2018

Mon avis : à venir




Sur mon échelle : 📚📚📚

dimanche 19 février 2023

La Saga des Jalna – tome 6 : Les frères Whiteoak







Auteur : Mazo De La Roche
Editions : Le livre de Poche








En seize romans, la vie de la famille Whiteoak à travers quatre générations, depuis le mariage du capitaine Philippe Whiteoak et d'Adeline Court au milieu du XIXe siècle jusqu'au centenaire de leur bien-aimé domaine de Jalna. Un best-seller mondial depuis les années 1930.

Paru en 1973


Mon avis :

Tome 6 des aventures de la famille Whiteoak,  je prends toujours autant de plaisir à cette lecture parfois délicieusement surannée, c'est même certainement un de mes tomes préférés.

Tout le monde est réuni une fois de plus à Jalna autour d'Adeline qui aujourd'hui a 98 ans et toujours autant de caractère malgré une mémoire à court terme chancelante. Augusta, maintenant veuve, est arrivée accompagnée d'une jeune fille fortunée Dilly. Cette dernière sort d'une rupture amoureuse douloureuse et ne demande qu'à tourner la page.

Renny mène tout ce petit monde d'une main de maître tout en tirant le diable par la queue. Il mise beaucoup sur le prochain concours hippique. Si sa petite jument gagne, il pourra en tirer un bon prix et donner du souffle à ses finances. Il doit aussi repousser sans avec le plus de tact possible les avances répétées de leur jeune invitée.

Ce sont surtout les plus jeunes frères que l'on découvre un peu plus dans ce nouveau récit. Eden le poète en herbe qui rêve d'abandonner ses études de droit et partir voyager, Piers le terrien de la famille qui se laisse petit à petit séduire par la jeune Pheasant, Finch qui se cherche encore et le petit Wakefield, chenapan fragile qui fait tourner en bourrique tout son petit monde et pour qui l'on a toutes les indulgences.

Lorsque Eden rencontre Mr Kronk, ce dernier lui fait miroiter des gains faciles en investissant dans les mines d'or du lac indigo. L'affaire est des plus sûres ! Très vite, le jeune homme entraîne une grande partie de sa famille dans ce placement et empoche de belles commissions au passage. Tout le monde agit dans l'ombre, se cache des autres et jubile des gains promis. 

Comme dans le tome précédent, c'est le personnage de Pheasant qui me touche le plus, sa grande solitude, sa conscience aigue du rejet qui l'entoure. La relation qui se noue entre elle et Piers est tout en douceur, en sensibilité.

De bien beaux moments entre frères, des scènes épiques, des passages touchants, un fort joli tome .

Le suivant ne devrait pas rester très longtemps sur mes étagères ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚📚





mardi 17 janvier 2023

Le paradis blanc





Auteur : Kristin Hannah
Editions : Le Livre de poche
Traduction : Matthieu Farcot




« Quelqu’un m’a dit un jour que l’Alaska ne forgeait pas le caractère, elle le révélait. La triste vérité, c’est que l’obscurité qui peut régner en Alaska a révélé le côté obscur de mon père. Il était vétéran du Vietnam, ancien prisonnier de guerre. Nous ne savions pas alors tout ce que cela signifiait. Maintenant, nous le savons. »
Quand Ernt rentre du Vietnam, sa fille Leni, dix ans, ne le reconnaît pas. Poursuivi par de terribles cauchemars, il se montre violent envers sa femme Cora. Un jour, il reçoit une lettre du père d’un de ses amis, mort dans ses bras durant cet enfer, qui lui lègue un terrain avec un chalet en Alaska. Il se dit qu’il pourra peut-être s’y reconstruire. Avant la guerre, ils étaient si heureux... Au coeur de l’Alaska des années 1970, une poignante saga familiale qui prend racine dans la beauté d’une nature éblouissante et sauvage.
Paru le 17 juin 2020

Mon avis :
Une chouette lecture dépaysante et pleine de profondeur.

Lorsque Ernt rentre de la guerre du Vietnam, ce n'est plus le même homme, quelque chose s'est brisée en lui et la violence s'est tapie dans ses fêlures, une violence sourde latente, imprévisible. Léni raconte le retour de ce père qui a tant changé. Son regard de petite fille ne comprend pas les relations complexes entre ses parents.

Des parents qui s'aiment au delà des emportements, de la fureur, des coups.... Cora la mère est prête à tous les compromis pour retrouver son homme du temps du bonheur, son amour est inconditionnel.
Une opportunité s'offre à la famille, Ernt a hérité d'un terrain avec une maisonnette en Alaska. Pleins d'espoir, ils partent à l'aventure vers cette terre lointaine, avec la certitude de s'y reconstruire.
Mais l'Alaska est une terre sauvage, inhospitalière où la lumière se fait rare et l'hiver est une véritable épreuve. La noirceur du père s'intensifie.

Au delà de l'histoire familiale douloureuse, il y a cette nature rude, somptueuse où l'entraide entre voisins est primordiale. Toute une galerie de personnages hauts en couleur vont devenir proches de Léni, Cora et Ernt. Il faut apprendre à survivre, il faut préparer les mois de grand froid et le travail est constant et harassant. Malgré ces vicissitudes, le charme de ce pays opère, un charme obsédant. La petite fille y trouve ses marques, grandit, s'épanouit en dépit de l'insécurité constante du foyer et des violences domestiques une fois la porte fermée. Elle crée de belles amitiés, ressent ses premiers émois amoureux. 
Mais les drames surgissent quand on baisse la garde, personne n'est épargné...

Descriptions de paysages superbes et d'un quotidien hors norme, roman de femmes, d'aventure, d'amitié, d'amour, de haine, de tendresse, de violence, roman noir aussi,  c'est beau, dépaysant, prenant, touchant, révoltant....  Une très belle lecture !


Sur mon échelle : 📚📚📚📚


mercredi 16 mars 2022

La Saga des Jalna – tome 5 : L'héritage des Whiteoaks

 






Auteur : Mazo De La Roche
Editions : Le livre de Poche








En seize romans, la vie de la famille Whiteoak à travers quatre générations, depuis le mariage du capitaine Philippe Whiteoak et d'Adeline Court au milieu du XIXe siècle jusqu'au centenaire de leur bien-aimé domaine de Jalna. Un best-seller mondial depuis les années 1930.

Paru en mai 1973


Mon avis :

Tome 5 des aventures de la famille Whiteoak, j'ai pris encore du plaisir à cette lecture parfois délicieusement surannée.

Renny rentre de la guerre, son père est décédé pendant son absence et il est désormais le maître de Jalna. Sur ses épaules pèsent la lourde gestion d'un domaine dont il faut redresser les comptes mais aussi l'éducation de ses quatre jeunes frères. Meg est là pour le seconder.

Renny a un rêve, monter une écurie de chevaux de courses et élever un champion. Il met tous ses espoirs dans Launceton, un pur sang prometteur. Pour cela il se fait aider par les Dayborn, un frère et une sœur qui loge chez une veuve aux alentours, Mrs Stroud. Cette dernière entretient des relations privilégiées avec le jeune Eden qui découvre ses premiers émois amoureux.

Entre entraînement de Launceton et manigances pour détacher Eden de cette femme jugée nuisible, un tome tragique qui permet de mieux connaître la jeune génération : Eden, Piers, Finch et Wakefield tout en profitant de la présence des anciens, la toujours si redoutable Adeline et les oncles Ernest et Nicolas. Il faut y ajouter la très touchante Pheasant, jeune fille solitaire et pleine de culpabilité qui incarne l'impardonnable trahison de Maurice... 

Encore des moments familiaux mémorables, des conflits, des instants privilégiés entre frères et sœurs et des événements dramatiques qui rendent ce tome particulièrement sombre.

Au suivant ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚

samedi 29 janvier 2022

Les Rougon-Macquart - tome 3 : Le ventre de Paris






Auteur : Emile Zola
Editions : Le livre de poche





C'est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon Macquart.
Après " la course aux millions " décrite dans la Curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, sa foule fiévreuse, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées. Florent, arrêté par erreur après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, s'est évadé du bagne de Cayenne après 7 ans d'épreuves.
Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart fait prospérer l'opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l'Empire a su procurer au " ventre boutiquier, au ventre de l'honnête moyenne,... le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier ", il n'a guère contenté les affamés.
Edition de 2009


Mon avis

Bon sang que j'ai aimé ce livre ! Un Zola que je n'avais pas encore lu et quelle lecture !
Zola n'a pas son pareil pour décrypter l'âme humaine.

Florent s'est évadé du bagne et il revient sur Paris il retrouve son petit frère qu'il a élevé seul, marié et bien établi. (Lisa, sa femme, est la sœur de Gervaise - L'assommoir). Le couple l'accueille à bras ouverts dans sa charcuterie du quartier des Halles.

Les Halles est le cœur palpitant de Paris, Zola offre de longues descriptions saisissantes de l'abondance, de la nourriture, c'est à la fois très visuel, odorant et parfois métaphorique. Le marché est vivant, il offre une grande liberté et les enfants y trouvent un vaste terrain de jeux , il y a des passages superbes sur Marjolin et Cadine, sur Muche et Pauline. J'aime infiniment le regard de l'auteur sur l'enfance...

Peu à peu, Florent s'installe, prend ses marques, trouve un travail. Il se lie d'amitié avec Claude (que l'on retrouvera dans l'œuvre) et fréquente des camarades républicains avec lesquels il rêve de justice et d'insurrection.
Le roman s'inscrit dans un cadre historique, à la fois social, politique et même artistique à travers le regard de Claude. 

Peu à peu la cohabitation entre Florent et le couple de charcutiers, enfin surtout avec sa belle-sœur  devient difficile.
Toutes les étapes de la déliquescence des relations sont décrites. La venue de Florent a chamboulé la vie du quartier, provoquant une compétition entre La belle Lisa et La belle Normande, suscitant des commérages dévastateurs. Le processus des rumeurs est parfaitement rendu avec la vieille Saget fielleuse  qui manipule son monde à coups de médisances ...
Lisa supporte de moins en moins la présence de ce beau-frère décharné qui a même refusé sa part d'héritage.... Forte de sa scrupuleuse honnêteté, elle ne recule devant rien pour retrouver la paix de son quotidien et se gargarise de sa bonne conscience. C'est d'un réalisme et d'une profondeur incroyable.

Florent est un personnage tellement attachant, utopiste, bienveillant, désintéressé et incapable de voir le mal. On sent le drame qui se noue autour de lui....

J'ai adoré ce livre, passionnant, poignant... certainement un de mes préférés à ce jour et je vais continuer ma lecture de Zola dont j'aime infiniment la plume.


Sur mon échelle

jeudi 16 septembre 2021

Sauve-la






Auteur : Sylvain Forge
Editions : Le livre de poche




Alexis Lepage, modeste employé d’assurances, est sur le point de se marier avec la fille de son patron lorsqu’il reçoit un message de Clara, son amour de jeunesse, qui refait surface après des années. Alors qu’elle le supplie de l’aider à retrouver sa fille disparue, Alexis hésite. Que dissimule cette demande impromptue, si longtemps après leur séparation ? Et pourquoi Clara refuse-t-elle de le rencontrer ? Replongé dans un passé dont il n’a jamais fait le deuil, Alexis va partir à la recherche d’une fille dont il ignore tout. Son enquête le conduira droit en enfer.

Un thriller captivant qui a pour toile de fond l’intrusion du numérique dans nos vies et son impact sur notre représentation du monde.
Paru le 16 juin 2021

Mon avis :

La vie d'Alexis Lepage semble toute tracée, un prochain mariage avec Clémence la fille de son patron. Mais un message venu du passé va tout chambouler... Clara la femme qu'il a profondément aimée et qu'il a eu tant de mal à oublier lui demande de l'aider à retrouver sa fille Olivia déclarée morte dans un accident de bus mais qu'elle est persuadée être vivante.

C'est un polar très efficace qui joue sur deux tableaux, l'enquête difficile en Ariège, entre migrants clandestins, réticence locale et laboratoire aux pratiques douteuses, une enquête pleine d'écueils, de dangers, de morts mais aussi l'histoire plus personnelle d'Alexis tiraillé entre deux amours, celui de sa jeunesse et celui du présent. Quelques messages virtuels sont venus bouleverser ses certitudes et son quotidien, j'ai beaucoup aimé l'approche fascinante autour du numérique qui pose questions et dont je ne vous parlerai pas plus avant afin de ne pas trop vous en dire...

Un polar énergique, un thème troublant que l'auteur poursuit avec quelques notes pertinentes et bienvenues en fin de livre, une bonne lecture !


Sur mon échelle : 📚📚📚

dimanche 14 mars 2021

La Saga des Jalna – tome 4 : Jeunesse de Renny

 



Auteur : Mazo De La Roche
Editions : Le livre de Poche







En seize romans, la vie de la famille Whiteoak à travers quatre générations, depuis le mariage du capitaine Philippe Whiteoak et d'Adeline Court au milieu du XIXe siècle jusqu'au centenaire de leur bien-aimé domaine de Jalna. Un best-seller mondial depuis les années 1930.

Paru le 1 janvier 1970



Mon avis :

C'est toujours un plaisir de retrouver Jalna et tous ses occupants, même si ce tome-ci est certainement celui que j'ai le moins aimé pour le moment.
Toute la famille est une fois de plus réunie au domaine. Adeline règne toujours sur tous et devient de plus en plus acariâtre (elle est devenue vraiment insupportable !). Son grand plaisir est de tourmenter ses enfants et leur imposer ses quatre volontés. Philippe et Mary ont eu deux fils, Eden et le bébé Piers. Meg et Renny sont maintenant de grands adolescents toujours aussi difficiles... 

La jeune fille est promise à Maurice Vaughan mais les fiançailles ne vont pas résister au scandale retentissant que provoque ce dernier...  Tout le monde va subir son caractère capricieux.
Quant à Renny, bien peu assidu aux études et passionné de chevaux, il connait ses premiers émois amoureux qui ne seront pas des plus heureux. Heureusement, l'imperturbable Philippe sera là pour le soutenir.

Outre tous ces aléas familiaux, le clan se divise et s'affronte autour du personnage de Malahide, le cousin désargenté qui s'incruste, fait preuve d'indiscrétion et sert de pion à Adeline pour tourmenter tout son petit monde. Les jeunes adolescents vont passer beaucoup de temps à trouver mille et un tourments à lui faire subir dans l'espoir de le voir plier bagages.. ce sera le fil rouge du roman.

Un tome sur la difficulté à devenir adulte, sur les relations amoureuses tumultueuses, sur l'infidélité et ses conséquences...

Si j'ai pris une fois de plus du plaisir à la lecture de ce tome 4, j'ai regretté que le personnage de Mary devenu bien insignifiant  ne tienne pas toutes ses promesses et surtout  que le caractère de la pétillante Adeline soit devenu aussi vindicatif et cruel.

Je suis curieuse de lire ce que nous a réservé l'auteur pour la suite....


Sur mon échelle : 📚📚📚


samedi 6 février 2021

La Saga des Jalna – tome 3 : Mary Wakefield

 






Auteur : Mazo De La Roche
Editions : Le livre de Poche







En seize romans, la vie de la famille Whiteoak à travers quatre générations, depuis le mariage du capitaine Philippe Whiteoak et d'Adeline Court au milieu du XIXe siècle jusqu'au centenaire de leur bien-aimé domaine de Jalna. Un best-seller mondial depuis les années 1930.

Paru le 1 janvier 1970

Mon avis :

Un troisième tome toujours aussi plaisant à lire, une lecture facile et pleine de charme.
Quelques années se sont écoulées, le capitaine Philip est mort et Adeline, maintenant âgée, règne encore sur toute sa petite famille. Le domaine été légué au plus jeune fils Philip, jeune veuf, qui y habite avec ses deux jeunes enfants : Meg et Renny.
Augusta est mariée à Sir Edwin Buckley, Nicolas est scandaleusement divorcé, Ernest passe son temps à spéculer en bourse. Tous trois vivent en Angleterre mais font de nombreux séjours à Jalna. 

Lorsque la gouvernante pour les enfants de Philip, choisie par Adeline en Angleterre, se casse les deux jambes, c'est au pied levé que Ernest recrute une toute jeune fille sans expérience et peu conventionnelle.

Mary Wakefield est une jeune beauté fragile à qui sa situation financière et sa solitude laissent peu de choix. La place offerte à Jalna, sur un autre continent est une vraie opportunité. C'est avec beaucoup d'espoir qu'elle arrive dans cette famille mais se heurte vite à des enfants plein de malice qui savent très bien se montrer difficiles. C'est un joli portrait de femme que nous peint l'auteur avec tous ses espoirs, ses velléités de liberté, ses sentiments bousculés, ses révoltes intérieures...

Les bases sont posées et l'on comprend très vite que ce tome sera avant tout une romance. Tous les clichés du genre sont rassemblés : une gouvernante jolie mais sans le sou, un beau veuf fortuné, des enfants dissipés... et pourtant on se laisse prendre au charme de cette histoire très joliment racontée. Romantisme et féminisme agrémentent le récit. Philip est une force tranquille et il aura à surmonter l'hostilité de sa famille envers Mary considérée comme une intrigante dont les petites habitudes choquent (elle fume et se maquille). Affrontement entre cette dernière et la redoutable Adeline, commérages du voisinage, intrigues des domestiques, jalousie, les événements s'enchainent jusqu'au final attendu.

Une large place est faite une fois de plus aux enfants, j'aime beaucoup la façon dont Mazo de La Roche les implique dans la narration, donnant beaucoup de fraicheur et de vivacité au roman.

Le prochain tome sur l'espiègle Renny ne devrait pas rester longtemps sur mes étagères !

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

dimanche 10 janvier 2021

La Saga des Jalna – tome 2 : Matins à Jalna








Auteur
: Mazo De La Roche
Editions : Le livre de Poche






En seize romans, la vie de la famille Whiteoak à travers quatre générations, depuis le mariage du capitaine Philippe Whiteoak et d'Adeline Court au milieu du XIXe siècle jusqu'au centenaire de leur bien-aimé domaine de Jalna. Un best-seller mondial depuis les années 1930.
Paru le 1 janvier 1971


Mon avis :

Un vrai plaisir de replonger une fois encore dans cette grande saga qui me rappelle mon adolescence et ce tome 2 a été tout aussi savoureux que le premier et même un peu plus.

Jalna, Adeline et Philip sont maintenant bien installés dans leur domaine. La famille s'est agrandie, ils sont désormais les parents de quatre enfants : la sage Augusta, l'intrépide Nicolas, Ernest un brin insolent et le petit Philip.

Aux Etats-Unis, la guerre civile fait rage. Cette guerre semble lointaine mais les Whiteoak reçoivent la visite de Lucy et Curtis Sinclair, un couple sudiste fuyant le conflit, accompagnés de leurs esclaves, au grand dam de leurs voisins. Le jeune couple brave l'opinion et maintient son hospitalité. Cependant, la cohabitation s'éternise et n'est pas des plus simples : conflits entre esclaves et serviteurs, incompatibilité d'humeur entre la fougueuse Adeline et l'apathique Lucy, activité illicite de Curtis.... 

La fratrie débordante de vitalité profite de tout ce remue ménage pour n'en faire qu'à sa tête et fomenter des plans pour échapper à la pension programmée dans la lointaine Angleterre... De nombreux passages lui sont consacrés, mettant en lumière leurs différents caractères, leurs relations tumultueuses faites de complicité et de querelles, les premiers émois amoureux de Gussie,  la singulière instruction du précepteur.. 

Mais malgré tous ces tracas et toutes ces péripéties, Jalna reste un havre de paix que les turbulences extérieures ne peuvent détruire.

 Un livre qui aborde avec légèreté des questions de société et se pose parfois en témoin des mentalités de l'époque.

J'ai hâte de poursuivre cette saga que je savoure avec bonheur !

Mon appréciation📚📚📚📚






samedi 9 mai 2020

Les Rougon-Macquart - tome 1 : La fortune des Rougon





Auteur : Emile Zola
Editions : Le livre de poche




Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d’Etat d’où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d’amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d’eux, c’est aussi la naissance d’une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s’ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines.
Edition du 1 janvier 2004

Mon avis :

Je n'avais jusqu'à présent lu que quelques titres emblématiques de Zola  et j'avais une vraie curiosité pour découvrir son œuvre dans son entier. 

Ce premier tome des Rougon-Macquart donne l'architecture de toute la série, c'est un ouvrage précieux pour comprendre l'origine des deux branches de la famille à partir des amours légitimes et illégitimes d'Adélaïde, cette femme fantasque qu'on dit dérangée... C'est aussi un roman qui s'inscrit dans la réalité politique de l'époque, le coup d'Etat et la naissance du second empire.

Nous sommes dans une petite ville de Province où les notables se scrutent, s'envient, s'allient et se trahissent. Il s'agit de bien se placer, de tirer profit de la situation. 
Pierre Rougon le fils légitime et son frère Antoine le bâtard se livrent une guerre sans merci. Il y a bien peu d'affection dans cette famille déstructurée et la haine, l'envie, la bassesse orchestrent toutes les relations de la fratrie. Zola n'a pas son pareil pour décrire la bassesse humaine, les petits calculs intéressés, les manigances politiques... 
Au milieu de toute cette noirceur, il y a Silvère et Miette, innocents, rêveurs, amoureux, exaltés par le  soulèvement populaire qui traverse les campagnes ; un vrai contraste entre les intrigues sordides et leur candeur, deux belles âmes qui offrent des moments de grâce et illuminent le récit. 

Outre les frères ennemis, c'est toute la charpente familiale que Zola élabore dans ce premier roman. Il y a la première génération mais aussi la descendance qui est évoquée, parfois rapidement, et permet de comprendre tous les liens entre les personnages et les tares héréditaires.

La plume de Zola m'a emportée dès les premières pages, il évoque les lieux dans des descriptions minutieuses, construit des personnages denses et  offre une vraie chronique sociale et politique.

Une excellente lecture qui m'a donné envie de continuer à découvrir toute la série.

Mon appréciation : 📚📚📚📚








lundi 6 avril 2020

La Saga des Jalna – tome 1 : La naissance de Jalna








Auteur : Mazo de La Roche
Editions : Le livre de Poche






En seize romans, la vie de la famille Whiteoak à travers quatre générations, depuis le mariage du capitaine Philippe Whiteoak et d'Adeline Court au milieu du XIXe siècle jusqu'au centenaire de leur bien-aimé domaine de Jalna. Un best-seller mondial depuis les années 1930.
Paru le 1er janvier 1963

Mon avis :

Il s'agit là d'une relecture, j'avais lu cette saga, du moins une grande partie pendant mon adolescence et j'en avais gardée un bon souvenir. Et je n'ai pas été déçue...

Dans ce premier tome, on suit Philippe, jeune militaire anglais et sa femme irlandaise, Adeline, un couple très uni et au tempérament aventurier. Si lui est d'un caractère plutôt calme mais ferme, elle est une flamboyante jeune femme, pleine de vie, parfois colérique. 

Après un long séjour en Indes où ils se sont rencontrés et mariés, ils décident de partir à l'aventure et de s'installer avec leur petite fille Gussie, sa nurse hindoue, un perroquet, au Canada où un oncle leur a légué une maison. 

Le roman raconte tout leur périple : leur départ, leur bref séjour en Angleterre, puis en Irlande, le long voyage en bateau, l'arrivée à Québec, puis l'installation en Ontario, terre pleine de promesse.... C'est là, sur ces terres vierges au bord d'un des grands lacs qu'ils vont construire leur domaine Jalna.

D'une narration extrêmement classique parfois savoureusement surannée, le roman est à la fois plein de descriptions et d'actions, il y a foison d'aventures, de rencontres diverses, il nous plonge dans une époque révolue où les habitudes de la haute société étaient bien différentes... le lien aux enfants qu'on n'élève pas vraiment  soi-même et que l'on peut même parfois céder à la famille avec promesse d'un héritage, les relations homme-femme qu'Adeline avec son caractère tempétueux tente bien souvent d'ébranler..., les codes de savoir-vivre dont il est bien difficile de se défaire...

Le jeune couple moderne, plein d'audace et de fougue, s'installe sur ses terres avec la volonté de s'affranchir d'un tas de contraintes, plus facile à dire qu'à faire.... Un second enfant arrive Nicolas.... puis un troisième, Ernest...

La dynastie des Whiteoak est fondée ! 

Mon appréciation📚📚📚



vendredi 30 août 2019

Taqawan





Auteur : Eric Plamondon
Editions : le livre de poche




« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. » 11 juin 1981. Trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source… Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.
Paru le 27 février 2019

Mon avis :

Si vous me suivez un peu, vous n'êtes pas sans savoir à quel point j'aime le concept le poche du mois du Picabo River Book Club.  Une fois encore, j'ai fait une superbe découverte avec cette nouvelle lecture, sombre violente et passionnante !

Le 11 juin 1981, les policiers québécois investissent la réserve de Restigouche des Indiens mi'gmaq avec force et brutalité. L'enjeu : confisquer les filets de pêche dont ils se servent pour survivre. C'est un véritable choc culturel entre des traditions ancestrales et des réglementations politiques avant tout... Se joue ce jour-là un bras de fer pour asseoir la souveraineté du Québec et ses velléités d'indépendance...mais la révolte gronde et la crise prend de l'ampleur .
 Quatre  personnages totalement disparates, pas toujours d'accord, vont être emportés dans le tourbillon de cette "guerre du saumon" : Yves Leclerc, garde-chasse démissionnaire devant la violence des forces gouvernementales, Caroline jeune enseignante française et William un vieil indien solitaire se rassemblent autour d'Océane, jeune mi'gmaq violentée par des policiers. Ils vont se trouver en butte avec ses agresseurs qui se sentent intouchables de par leur fonction.

Tout comme les saumons Taqawan qui remontent à la source, l'auteur remonte le temps et nous "raconte" l'Histoire à travers des chapitres très courts sur les légendes, sur la colonisation, sur la politique, sur la société qui s'insèrent dans le récit et lui donne une dimension supplémentaire. La construction éclatée du roman est à la fois très originale et extrêmement maîtrisée. Le livre sort des sentiers battus, tantôt polar avec une poursuite effrénée et des morts, tantôt récit naturaliste, tantôt pamphlet politique, tantôt traité anthropologique, il est inclassable mais rassemble toutes ces dimensions pour offrir aux lecteurs un roman passionnant  qui dévoile les contradictions du Québec.

Mon avis📚📚📚📚




dimanche 23 septembre 2018

Tu comprendras quand tu seras plus grande






Auteur : Virgine Grimaldi
Editions : Le livre de poche



Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu'elle ne déborde pas d'affection pour les personnes âgées. Dire qu'elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…
Une histoire de résilience, d’amour, d’amitiés, un livre plein d’humour et d’humanité, qui donne envie de savourer les petites joies de l’existence.
Paru le 3 mai 2017

Mon avis :
Dans tout le concert de louanges autour de ce livre mon avis va faire dissonance et j'en suis la première désolée... j'avais hâte de le lire mais je n'ai pas été transportée par ce récit, une vraie déception. 
Je ne peux pas dire que ma lecture fut mauvaise, j'ai lu le livre très vite, facilement, c'est parfait pour les vacances, mais je n'ai pas été convaincue : trop de bons sentiments politiquement corrects, la galerie de personnages de la maison de retraite tellement clichés (Léon le grincheux, Louise l'amnésique,  Gustave le bouffon de service, la Miss Mamie etc...) et puis la romance dont on voit les grosses ficelles et qui n'offre aucune surprise.
Je note tout de même la plume agréable, quelques moments où j'ai souri,  la surprise finale bienvenue mais qui n'a pas réussi à estomper ma déception, je n'ai pas réussi à être touchée... je crois d'une part que j'attendais trop de ce livre et d'autre part que je ne suis pas le public cible du genre.

Mon appréciation : 📚📚

dimanche 26 février 2017

Une vie entre deux océans


Auteur : M.L Stedman
Editions : Stock et Le livre de poche 


Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant.
Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler « l’incident » et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…
Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du cœur et du sang.
Paru le 9 octobre 2013 chez Stock
        le 1 octobre 2014 chez le livre de poche


Mon avis :

J'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre puissant.... Rarement un livre m'aura autant bringuebalé le cœur entre ses pages...

Le livre commence par l'arrivée sur une plage d'une barque avec à son bord le cadavre d'un homme et un nouveau-né.
Puis on revient en arrière pour nous raconter l'histoire de Tom, le gardien du phare qui découvre cette barque. On nous raconte son enfance difficile, sa rencontre avec Izza.

Tom est un personnage exceptionnel, droit, rescapé de l'enfer de la guerre. Il aime noter tous les jours dans un recueil le moindre des événements de sa journée. Cela l'aide à s'ancrer dans la réalité à se sentir vivre et à maintenir sa vie droite.
Homme solitaire, quasiment mutique, secret, empli de douleurs et de silence. Il est animé d'un sens du devoir exacerbé du à une éducation extrêmement stricte.

Izza quant à elle, est une jeune fille passionnée, entière qui va lui tendre la main et le choisir, lui qui ne s'autorise même pas de rêver.Cette jeune femme est son miracle personnel, il est tout brisé, éteint et elle est vibrante, passionnée, rêve d'une vie pleine d'enfants...Tom se réveille la nuit pour contempler cette magnifique femme, cadeau de la vie.
Elle sera à la fois sa planche de salut et celle qui va le perdre.

Parfois, quand il se réveille à côté d'Isabel, il lui arrive d'être surpris, et soulagé, qu'elle ne soit pas morte. Il guette avec soin sa respiration, juste pour être sûr. Puis, il pose la main sur le dos de sa femme et fait siens la douceur de sa peau, les légers mouvements de son corps endormi. C'est le plus grand miracle auquel il lui ait été donné d'assister.
Il y a un cadre très particulier à cette histoire, une île battue par les vents où ils vivent totalement coupés du monde, en vase clos avec ce phare, lumière dans la nuit, symbole du sauvetage dans la tempête.

Tous les deux, installés sur leur île, vivent des premiers temps idylliques puis le destin va les rattraper et la douleur arrive, la vraie, celle qui ravage les âmes. Izza va souffrir dans sa chair de femmes et tous ses espoirs vont être anéantis. Tom sera à ses côtés jours après jours, acceptant le sort comme inéluctable, ayant connu déjà le pire.

Izza va le pousser à prendre des décisions lourdes de conséquences. Repoussant sa conscience, il va accéder à ses désirs, il l'aime tant et il veut tellement la rendre heureuse....
Tant que la famille reste sur son île à l'abri du monde, c'est le bonheur, Izza le savoure.
Mais le monde extérieur les rattrape et tout va exploser
La culpabilité va tout ronger. 

J'ai eu beaucoup d'empathie aussi pour Izzy, en tant que femme et mère, on ne peut pas rester indifférente à ce qu'elle vit, c'est impossible. En lisant les lignes les plus dures, j'ai eu l'impression de ressentir ses souffrances. On comprend ses décisions bien sûr... Je n'ai pas eu l'envie de la condamner, et ce à aucun moment...

Mais Tom.... quel homme exceptionnel, il est capable de s'oublier lui-même par amour pour elle... son amour est infini !
Il oublie son devoir, sa conscience, il est prêt à se sacrifier pour elle. J'ai tellement aimé son personnage, sa droiture, son honnêteté, sa profonde humanité, et ses doutes qui le déchirent....

Parallèlement, il y a Hannah et Franz, et aussi Bill et Violette dont les douleurs sont muettes.
Ce sont des morceaux de vie, d'amours et de douleurs déchirantes.
Des personnages secondaires attachants, Blue, Ralph....

Alors assurément, ce n'est pas une romance, mais c'est l'histoire d'un amour fou, total, absolu, tant de désespoirs et de passions, de renoncement, de sacrifices....c'est l'histoire d'un homme magnifique rongé de culpabilité dont je suis tombée éperdument amoureuse...


Ma notation : 4,9/5

lundi 29 août 2016

Les gens heureux lisent et boivent du café


Auteur : Agnès Martin-Lugand
Editions : Le livre de poche


" Ils étaient partis en chahutant. J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux.

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. Afin d'échapper à son entourage qui l'enjoint à reprendre pied, elle décide de s'exiler en Irlande, seule. 
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper...
Paru le 5 juin 2014



mon avis :

Voilà un livre que j'ai pris beaucoup de plaisir même si la fin m'a laissé un petit goût amer.... mais heureusement ce n'est pas une fin en soi puisqu'un tome 2 est dores et déjà sorti !

J'ai beaucoup aimé le ton de la narration, cette jeune femme qui a vécu  un véritable drame raconte sans pathos excessif mais crûment son deuil et sa difficulté à se relever.... 
Depuis la mort de son mari et de sa fille, Diane ne vit plus et seul son ami Felix parvient encore à l'obliger à se lever, à sortir.... C'est son associé dans son petit bar bibliothèque "Les gens heureux lisent et boivent du café". Qu'est ce que j'ai aimé ce personnage excentrique mais si sûr et prévenant ! Depuis l'accident, elle lui a totalement laissé les rênes de l'affaire dont elle se désintéresse ... Tout la ramène à la mémoire de ses disparus et sur un coup de tête, elle décide de fuir souvenirs et sollicitations de son entourage, elle s'envole pour l'Irlande, une destination que son défunt mari souhaitait connaître un jour.

Elle se retrouve dans un petit coin perdu, au bord de l'océan, accueilli par un couple d'Irlandais pure souche qui l'accueillent les bras ouverts.
J'ai adoré la description de ce pays, l'ambiance du pub, les paysages de bord de plage... toute une atmosphère particulière se dégage de ces chapitres et m'a donnée l'envie de sauter dans le premier avion en partance pour ce pays...

Elle s'installe dans une petite maison isolée avec pour seul voisin, un homme farouche, sauvage, agressif, au caractère rugueux, détestant les gens et qui ne voit pas d'un bon œil sa tranquillité troublée par l'arrivée de la jeune femme ... Ils s'affrontent, se jaugent, apprennent à se supporter tout juste, se viennent en aide, s'apprivoisent....
Quel personnage énigmatique et attachant que cet Edward ! Il est à la fois exaspérant et émouvant.... tellement solitaire...

Des personnages secondaires savoureux, une famille tellement chaleureuse, tous entourent Diane de sollicitude et l'aident peu à peu à reprendre pied, à réapprendre à vivre.... Il y a de très belles lignes vraiment sur cette affection bon enfant pendant des soirées au pub, sur la beauté sauvage de la plage battue par les vents qui l'aide à se sentir de plus en plus vivante.
Son cheminement intérieur est très joliment raconté, cette chaleur humaine qui l'enveloppe et l'envahit progressivement, elle réapprend à s'attacher tout doucement...

J'ai beaucoup moins aimé la fin du roman, l'arrivée de Meghan, (un vrai cliché de femme fatale), le triangle amoureux, les hésitations, les décisions prises que j'ai eues du mal à comprendre....
Je me précipite sur le tome 2 afin de ne pas rester sur cette impression de déconvenue après avoir savouré avec tant de plaisir tout le début du récit !

ma notation : 4,25/5