Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
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dimanche 11 juillet 2021

Jours de sable






Scénario et Illustrations : Aimée De Jongh
Editions : Dargaud




Washington, 1937. John Clark, journaliste photoreporter de 22 ans, est engagé par la Farm Security Administration, l’organisme gouvernemental chargé d’aider les fermiers victimes de la Grande Dépression. Sa mission : témoigner, grâce à la puissance d'évocation de la photographie, de la situation dramatique des agriculteurs du Dust Bowl. Située à cheval sur l’Oklahoma, le Kansas et le Texas, cette région est frappée par la sécheresse et les tempêtes de sable spectaculaires qui plongent les habitants dans la misère, poussant bon nombre d'entre eux à migrer vers la Californie. Mais au fil du temps, John comprend que, pour accomplir sa tâche, il devra surmonter un obstacle bien plus grand qu'un climat hostile. 
Paru le 21 mai 2021



Mon avis :

Un somptueux album tant au niveau des dessins que de l'histoire... un coup de cœur !

Lorsque John du haut de ses 22 ans se voit confier un vrai reportage photos, témoigner sur les difficultés des agriculteurs,  il y voit la chance de sa vie, enfin se faire reconnaître dans ce métier sur les traces de son propre père.
C'est plein d'enthousiasme qu'il entreprend le voyage vers le Dust Bowl, armé de la liste de suggestions de clichés qu'on lui a remis.

Sur place, au fil des jours, des rebuffades, des rencontres, des amitiés, des drames qui se jouent devant lui, le jeune homme prend conscience de la dure réalité de ses familles frappées par la crise économique mais aussi par les conditions climatiques extrêmes. Le sable le jour et la poussière la nuit recouvrent tout, empêchant toute culture.
Misère, maladie, morts se succèdent dans ces paysages quasi désertiques couleur ocre et John peu à peu se questionne sur l'intérêt de son action, sur la réalité impossible à rendre sur quelques instantanés figés, parfois même mis en scène. 

Un récit profond, humain sur une période de l'histoire des Etats-Unis, mais aussi sur le cheminement intime d'une jeune homme bouleversé par les situations qu'il rencontre et sur les limites des reportages-photos...

Les dessins sont somptueux, les paysages saisissants de réalisme, les personnages expressifs souvent bouleversants, des situations tragiques esquissées au bord d'une route. L'auteur a su créer une atmosphère lourde, pesante avec ses couleurs, ses choix de découpages de plans, la précision des détails qui racontent plus que des mots. 

Quelques photos d'époque viennent se glisser entre les chapitres ainsi qu'en fin d'ouvrage (avec quelques précieuses indications), et donnent une résonnance historique palpable au récit. 

A lire et relire à discrétion ! 


Sur mon échelle

dimanche 4 juillet 2021

Bluebells Wood


 




Scénario et illustrations : Guillaume Sorel
Editions : Glénat




Depuis la disparition de sa femme, William vit reclus dans sa maison située entre une côte brumeuse et une forêt aux allures de conte de fées. Incapable de se reconstruire, il mène une existence solitaire et sans saveur, ne parvenant à se réfugier que dans la peinture. Ses seules visites de l’extérieur sont Victor, son ami et agent, et Rosalie, sa jeune modèle. Jusqu’au jour où William fait la rencontre d'une créature aussi belle que farouche et pour laquelle il nourrit des sentiments contradictoires : une sirène. Mais est-elle seulement réelle ? Ou ne s’agit-il que d’une illusion venue pour remplacer le fantôme de sa femme disparue ?
Paru le 25 avril 2018


Mon avis :
Dans une petite maison isolée entre plage et forêt, William traîne son blues depuis sa rupture avec Helena. Pour occuper son temps, il peint mais peu importe le modèle, c'est toujours les traits d'Helena qui se dessinent sous ses pinceaux. Seuls, Rosalie qui pose pour lui et Victor son ami viennent troubler sa solitude. Mais un jour, lors d'une sortie en mer, il rencontre une sirène aussi belle que sauvage. L'histoire qui ne va pas sans évoquer celle d'Andersen ne fait que commencer ....

Quel superbe album ! Les dessins et les couleurs sont magnifiques et les pages alternent entre horreur et poésie. Guillaume Sorel a su distiller une touche de fantastique au milieu de détails réalistes dès le début avec cette belle forêt dense et pleine de mystères, fantastique qui ne fait que croitre au fil des pages. Rêve ou réalité, on oscille constamment entre les deux et le peintre s'enfonce dans une histoire pleine de sensualité et de fureur ou les scènes épiques succèdent au moments intimes. 

Suspense, violence, instants de grâce, le scénario réserve quelques jolies surprises dont la fin très réussie.
Et j'ajoute une mention spéciale pour la préface de Pierre Dubois et pour les planches supplémentaires en fin d'album, vraiment superbes ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


vendredi 2 juillet 2021

Patiente

 




Auteur : Vincent Ortis
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire





La vérité se trouvait dans mon cerveau, mais je n'y avais pas accès.
Toute la période qui précédait et suivait le suicide de ma fille avait disparu de ma mémoire. La cause en était le choc émotionnel. Or depuis peu, le coffre-fort dans mon cerveau se déverrouillait lentement. J'avais des flashs. Et avec eux surgissaient des questions qui m'épouvantaient. Ces visions, contradictoires comme de faux souvenirs, étaient-elles la conséquence de mon nouveau traitement, mêlant hypnose et médicaments ? Ou est-ce que je cachais au plus profond de moi des secrets intolérables ?
Paru le 3 juin 2021

Mon avis :

J'avais beaucoup aimé le livre précédant de l'auteur, grand prix des enquêteurs 2019 et c'est avec impatience que j'attendais ce nouveau polar. Sitôt reçu sitôt commencé, je l'ai avalé dans la journée, un roman captivant de bout en bout.

Lucas Saunier est médecin, propriétaire d'une clinique à Nice. Sa vie est dévastée depuis que sa fille unique Chloé s'est suicidée à 14 ans, il y a déjà 6 ans de ça. Après toutes ces années, il a bien du mal à faire son deuil, rongé par une sourde culpabilité et frappé d'une amnésie partielle concentrée sur les semaines avant et après le drame.
Comment avancer en étant incapable de se souvenir des derniers moments avec sa fille et ce manque l'obsède et l'empêche de reconstruire sa vie et de bâtir une vraie relation avec Emma sa compagne du moment.
Il est suivi par son ami et psychologue Max qui tente hypnose et traitements pour l'aider à retrouver ses souvenirs et les dépasser.

Dans sa clinique, une jeune fille de 16 ans, Mia, accapare toute son attention. Violée par plusieurs hommes, elle refuse toute visite, tout contact, toute communication. Elle s'est murée dans le silence.
Lucas, après ce qu'il vit comme un échec avec sa fille, se donne quasiment pour mission de l'aider, une façon de se pardonner et d'avancer. Lorsqu'elle accepte enfin de parler, de se confier à lui, les noms qu'elle lui donne, les démarches qu'il entreprend déclenchent de vagues réminiscences aussi inattendues que terrifiantes ! Il se retrouve plongé dans une sordide histoire inimaginable où les morts se succèdent.

Un vrai suspense s'installe entre l'histoire de Mia et celle de Chloé qui étonnamment se croisent, entre ce qui s'est réellement passé et ses flashs de souvenirs parfois incompréhensibles, ses soupçons, ses réminiscences contradictoires.... Le lecteur est perdu tout autant que Lucas, narrateur à la première personne, et suit avec un intérêt constamment renouvelé, ce père en proie aux doutes et à l'angoisse. 

Le récit est extrêmement bien construit, rien n'est linéaire. L'auteur explore les méandres de l'esprit dans un jeu subtil entre mémoire, flashs visuels, médicaments, hypnose, subconscient, réalité ou manipulation mentale.. une enquête à rebondissements, pleine de surprises et où chaque détail qui pouvait paraître insensé trouve sens au final.

Une mention spéciale pour Olga, secrétaire dévouée touchante d'abnégation et de solitude, un personnage secondaire pétri d'humanité.

Un grand merci à Robert Laffont et La collection La Bête Noire 


Sur mon échelle : 📚📚📚📚

lundi 28 juin 2021

Le fleuve des rois





Auteur : Taylor Brown
Editions : Albin Michel
Traduction : Laurent Boscq



Un an après le décès de leur père, Lawton et Hunter entreprennent de descendre l’Altamaha River en kayak pour disperser ses cendres dans l’océan. C’est sur ce fleuve de Géorgie, et dans des circonstances troublantes, que cet homme ténébreux et secret a perdu la vie, et son aîné compte bien éclaircir les causes de sa mort.
Il faut dire que l’Altamaha River n’est pas un cours d’eau comme les autres : nombreuses sont ses légendes. On raconte notamment que c’est sur ses berges qu’aurait été établi l’un des premiers forts européens du continent au XVIe siècle, et qu’une créature mystérieuse vivrait tapie au fond de son lit.
Remontant le cours du temps et du fleuve, l’auteur retrace le périple des deux frères et le destin de Jacques Le Moyne de Morgues, dessinateur et cartographe du roi de France Charles IX, qui prit part à l’expédition de 1564 au cœur de cette région mythique du Nouveau Monde. De cette passionnante épopée se dégagent une grâce et une intensité qui imposent Taylor Brown comme un digne héritier de Cormac McCarthy et de Ron Rash.
Paru le 12 mai 2021

Mon avis :

Une très belle lecture une fois encore grâce à la collection Terres d'Amérique, je découvre peu à peu cette littérature américaine  et j'aime infiniment...

Quel livre ambitieux et quelle jolie réussite ! Autour de l'Altamaha River en Georgie se déclinent deux histoires bien distinctes.
0n descend le courant avec deux frères unis dans le deuil et on remonte le temps jusqu'au XVIe siècle au moment des grandes explorations, un voyage autant géographique que temporel. Des destins qui se forgent, des histoires qui s'écrivent au bord de ce fleuve majestueux et  immuable  sur et autour duquel se concentrent des légendes et bien des passions humaines.

Hunter et Lawson en kayak portent les cendres du père, décédé un an plus tôt, pour les disperser dans l'océan mais aussi pour faire la lumière sur cette mort étrange. De deux tempéraments différents, l'aîné est nageur de combat et porte avec lui le spectre de la guerre et le second étudiant à l'université, ils entretiennent des relations fortes faites de connivence, de confiance, d'entraide et de sourde rivalité. Ce lien prend sa source dans le rapport au père, figure autoritaire dont la présence reste prégnante, un homme de silence, un homme de terrain mais aussi un homme de passions qui cache bien des secrets et dont la forte ascendance sur ses fils perdure au delà de la mort...  Les frères sont unis autour d'une éducation et de souvenirs communs qu'ils ne peuvent partager avec personne d'autre, une part d'enfance qui n'appartient qu'à eux.  J'ai été très  touchée par ces deux hommes qui, entre souvenirs et révélations, doivent faire le deuil du père, deuil physique mais aussi moral. Un voyage périlleux qui peut tout autant raffermir les liens que les défaire....  
 
Jacques Le Moyne de Morgues est dessinateur et cartographe du roi Charles IX, il accompagne l'expédition de 1564 qui vient implanter le Fort Caroline dans le nouveau monde. 
Il est le témoin privilégié de l'arrivée des colons et des difficiles relations avec les autochtones. Un moment d'Histoire passionnant ! Installation, enthousiasme, alliance, pacte, trahison, bataille, famine, rébellion, lâcheté mais aussi courage, il y a un véritable condensé d'humanité dans cette fantastique épopée. Ses dessins d'époque enrichissent le récit et lui donnent une dimension supplémentaire, une réalité plus tangible.

Le fleuve reste le point commun de ces deux histoires, cours d'eau majestueux, auréolé de mystères (ne dit-on pas qu'il abrite une bête monstrueuse aperçue plusieurs fois au fil des ans...), il s'étire le long des berges en réservant parfois des surprises, en occasionnant des rencontres insolites, souvent dangereuses... Tantôt rassurant, tantôt menaçant, il déploie ses multiples facettes au fil des pages, 

L'écriture somptueuse magnifie le récit (merci au traducteur pour la grande qualité de son travail), une plume absolument magnifique, sensible qui donne à voir, à sentir, à entendre, qui offre des moment suspendus, des moments de grâce et d'autres effroyables toujours avec justesse. Les descriptions pleines de poésie sont un véritable hymne à la nature trop souvent malmenée, qu'il faut préserver... 

Mais ne vous y fiez pas, rien d'idyllique dans tout cela, les hommes déchainent les passions, le danger omniprésent et la mort jamais bien loin  font glisser le récit doucement mais sûrement vers le roman noir ! Une réussite ! 

Un grand merci aux Editions Albin Michel  ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚📚 ++

dimanche 27 juin 2021

Les sœurs Grémillet - tome 2 : Les amours de Cassiopée






Auteur :  Giovanni Di Gregorio 
Illustrateur : Alessandro Barbucci
Editions : Dupuis





Haut les cœurs! Comme tous les étés, les sœurs Grémillet vont passer les vacances à la campagne chez leur grand-mère, sauf que cette année Cassiopée, la cadette, a le cœur brisé: Ulysse, son amoureux, est resté en ville. Elle ne peut même pas confier sa peine à ses sœurs qui ne comprendraient pas. Mais à leur arrivée dans le village, un autre prétendant l'attend: le bel Olivier. Il leur apprend qu'un mystérieux fantôme sonne les cloches de l'ancienne église pendant la nuit.
Paru le 11 juin 2021

Mon avis :

C'est avec plaisir que l'on retrouve Sarah, Cassiopée et Lucille en partance pour des vacances à la campagne chez leur grand-mère, une charmante grand-mère pleine de bons conseils mais qui perd un peu la tête et connait quelques problèmes de mémoire.

Toujours avec leurs caractères bien distincts, entre chamailleries et connivence, les trois sœurs se trouvent une fois de plus mêlées à une singulière enquête et tente de surprendre un fantôme dont l'existence semble liée à de vieilles légendes. Sorties de nuit, pièges, elles se démènent pour découvrir le fin mot de l'histoire...

Dans ce tome-ci, celle qui est mise en avant est la seconde, Cassiopée dont le cœur balance entre Ulysse  et Olivier. Beaucoup plus léger que l'album précédent, plus jeunesse aussi, le récit s'attache aux amours adolescentes, aux sentiments troubles mais aussi aux  activités et loisirs d'été de la joyeuse fratrie.

Un joli moment de lecture plein de charme aux dessins toujours aussi beaux et colorés, mais un ton en dessous du premier album.
Vivement la suite, Lucille reste ma préférée et ce devrait être son tour d'être à l'honneur !



Sur mon échelle : 📚📚📚

jeudi 24 juin 2021

Les fantômes de Harvard




Auteur : Francesca Serritella
Editions : Pygmalion
Traduction : Tiphaine Scheuer




Acceptée à Harvard, Cadence Archer décide de s'installer sur le campus alors que ce choix menace de détruire sa famille. Car c'est dans la prestigieuse université que son frère aîné a mis fin à ses jours, l'année précédente, après avoir développé une schizophrénie. Cady ne peut se résoudre à continuer de vivre sans savoir ce qui a poussé cet étudiant de génie à se suicider. Avec pour seul élément un cahier bleu empli des gribouillages obscures d'Eric, devenu paranoïaque et en proie aux hallucinations, elle enquête sur les ultimes mois de sa vie. Plus Cady avance, plus ses soupçons augmentent. Puis, elle-même commence à entendre des voix...
Paru le 5 mai 2021

Mon avis :

Il y a des livres comme ça qui vous attirent de façon irréfléchie sur un titre, une couverture.... celui-ci en fait partie et je ne regrette  absolument pas cette lecture malgré mes quelques réserves.

La famille Archer est dévastée par le suicide du fils aîné, brillant étudiant à Harvard mais diagnostiqué schizophrène. Lorsque la jeune sœur Cady exprime à son tour le vœu d'aller étudier à Harvard c'est toute la famille qui retient son souffle.... Que cherche t-elle outre le prestige de l'établissement ? Marcher sur les traces de son frère, s'imprégner de son environnement, comprendre son geste et éteindre la folle culpabilité qui l'étreint ... ?

Arrivée à l'université, Cady s'adapte à sa nouvelle vie estudiantine : les cours, les examens, les fêtes, la colocation, les profs et leurs caractères. Toute la vie estudiantine est parfaitement décrite et Harvard prend vie à travers les pages, les descriptions. Mais très vite des phénomènes irrationnels viennent perturber le quotidien de la jeune fille. C'est certainement la partie que j'ai préférée, ce côté fantastique extrêmement bien construit s'appuyant sur un postulat scientifique fascinant.

Très vite Cady se pose des questions particulièrement stressantes, est-elle frappée du même mal que son frère, le schizophrénie est-elle génétique ?

Une histoire très prenante construite sur deux suspenses parallèles, en premier lieu la recherche de tous les détails des derniers jours d'Eric faite de messages codés, de rencontres, de découvertes variées et parfois surprenantes et en second lieu, le mystère des personnages qui hantent Cady et risquent de la pousser dans ses derniers retranchements....

Au delà de l'intrigue, différents thèmes sont abordés : l'esclavage, la responsabilité scientifique, la question des différentes dimensions, le deuil dans une famille et la culpabilité de chacun, la reconstruction intime et la communication souvent défaillante..
Des références littéraires, historiques, scientifiques viennent donner corps au récit.

Mon bémol sera pour le côté irrationnel qui n'est pas abouti de mon point de vue, les manifestations se terminent brusquement sans aucune explication et il est difficile d'en trouver la finalité. Une petite déception d'autant plus que ce pan de l'histoire m'avait vraiment passionnée. 

Ceci mis à part, ce fut une jolie lecture, un auteur à suivre !


Sur mon échelle : 📚📚📚

lundi 21 juin 2021

Kamik : Chasseur au harpon







Auteur : Markoosie Patsauq
Editions : dépaysage
Traduction : Valérie Henitiuk et Marc-Antoine Mahieu




Quelque part au nord du monde. Le froid, la faim. Un campement attaqué, des chiens éventrés. Un ours devenu fou. L'expédition punitive tourne mal, le sang rougit la banquise. Un jeune chasseur armé d'un simple harpon se retrouve seul à suivre les traces du redoutable carnassier. Mais en vérité, qui traque qui ?
Rédigé dans une langue sobre et efficace, Kamik est l'histoire cruelle de cette chasse au long cours, à la fois haletant récit d'aventures et quête initiatique. C'est aussi le tout premier roman écrit par un Inuit du Canada, un geste d'une portée historique et sociale considérable. Traduit fidèlement depuis l'inuktitut, Kamik est un classique de la littérature autochtone nord-américaine.
Paru le 15 janvier 2021


Mon avis :

Lorsqu'un ours blanc furieux attaque le campement où vivent Kamik et sa famille, il est décidé de le poursuivre pour l'abattre sans quoi son retour serait inévitable. Les hommes s'équipent et se lancent sur sa piste. Pour Kamik c'est le baptême du feu, il est avide d'exploit et compte prouver sa valeur de chasseur. Mais l'ours ne sera pas si facile à abattre, chiens et hommes meurent les uns après les autres...  et  Kamik vit une aventure dramatique, éprouvante dans sa chair et dans son âme.

Ecrit au présent, dans un style direct, sans fioritures, ce roman est un joli récit-hommage efficace et saisissant sur la vie rude dans les contrées du grand froid. Y sont décrites les traditions de la pêche, de la chasse à l'ours blanc avec de simples harpons, de la construction des iglous, mais aussi la cohésion d'un peuple qui sait s'entraider pour survivre. 

Des annexes précieuse, préface, quelques pages à propos de la traduction (quel travail de précision !) et mot de l'auteur recontextualisent le récit et lui donne une dimension particulière. L'auteur a compilé des histoires racontées par les parents et les aïeux, de celles qu'on se transmet à la veillée le soir, pour en faire un roman. Premier écrit inuit, c'est une sauvegarde précieuse que d'avoir couché par écrit ces récits de la tradition orale appelés à disparaitre, témoignage d'un mode de vie d'un autre temps... il en ressort  quelque chose d'émouvant et d'un peu sacré...
C'est un plaisir d'avoir entre les mains un ouvrage des Editions dépaysage, j'aime beaucoup les couvertures avec une vraie identité et surtout le confort de lecture qu'offrent la qualité du papier et la mise en page. Le prochain est déjà commandé !


Sur mon échelle : 📚📚📚📚