Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
Littérature - Polars/Thrillers - SFFF - Romances - BD....

mercredi 12 mai 2021

La vie est un cirque




Auteur : Magne Hovden
Editions : Seuil
Traduction : Marianne Ségol-Samoy




Lise, trentenaire célibataire, travaille pour un fonds d'investissement et rêve de devenir l'associée de son patron froid et cynique. Sa vie va pourtant basculer le jour où un clown la demande à l'accueil.
Un oncle dont elle ne connaissait pas l'existence, vient de mourir et lui lègue son cirque à Oslo. Une opportunité en or se dessine pour Lise qui voit dans la revente de ce patrimoine la possibilité de devenir la numéro deux de sa boîte. À la lecture du testament, elle fait la connaissance des neuf circassiens, loin d'être enthousiasmés par cette nouvelle.
À la surprise de tous, il y a cependant une condition, et de taille, à l'héritage : Lise doit effectuer cinq représentations à la tête du cirque, costume pailleté, haut de forme et éléphante inclus...
à paraitre le 20 mai 2021

Mon avis :

Lise est une jeune femme extrêmement froide et arriviste, elle est obsédée par la réussite et ne laisse aucun sentiment l'éloigner de son but. Lorsque le cirque Fandango lui est légué par Hilmar cet oncle inconnu, elle pense s'acquitter bien vite de la contrainte contenue dans les clauses du testament, mener cinq représentations avant de pouvoir en devenir propriétaire et le vendre avec un joli bénéfice.

Mais tout ne va pas se passer aussi facilement. Il y a d'abord les artistes, tous particuliers avec leurs spécificités et leurs caractères. Ils sont attachés au cirque, c'est toute leur vie et ils n'auront de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues pour l'empêcher de remplir jusqu'au bout les conditions posées par son oncle. Et puis il y a Lucille que le chagrin de la perte d'Hilmar submerge et qui refuse de revenir sur scène... comment l'amener à se produire, les représentations devant être complètes pour être prise en compte.

Lise va devoir partager la vie de tous ces artistes pendant quelques temps, ne pas se laisser attendrir par leurs difficultés, leurs émotions, leurs peurs et manigancer, manipuler tout son petit monde pour parvenir à ses fins mais personne ne va lui faciliter la tâche...

Autant le dire de suite, la fin est prévisible dès la lecture du résumé malgré quelques rebondissements bienvenus.... une histoire classique de cheminement personnel mais le livre se lit très facilement et joue son rôle de lecture distrayante.
On suit le petit suspense pour chaque représentation, on découvre l'histoire de chaque personnage et à travers eux, les difficultés d'un cirque traditionnel à perdurer dans un monde connecté. C'est ce qui est le plus marquant dans cette histoire, la confrontation entre la froide modernité et la tradition plus humaine et chaleureuse.
Mon bémol sera pour le manque de profondeur, tout reste un peu superficiel... et surtout pour le personnage complètement déjanté (bien trop pour moi) de Morgens Arafat Nilsen.

Je remercie Babelio et les Editions Seuil pour cette agréable lecture .



Sur mon échelle : 📚📚📚




jeudi 6 mai 2021

La lune du chasseur


 

Auteur : Philip Caputo
Editions : Cherche midi
Traduction : Fabrice Pointeau



Couverte de forêts, peuplée d'ours, de cerfs, d'élans et d'innombrables espèces d'oiseaux, la péninsule supérieure du Michigan est une région splendide et sauvage. Will Treadwell, propriétaire d'un pub près du lac Supérieur, y joue à l'occasion les guides de chasse.
Pour lui et ses semblables, les temps sont durs. Les valeurs de ces hommes " d'un autre temps " sont mises à mal, leurs femmes et leurs enfants les comprennent de moins en moins. À la crise économique qui frappe la région, s'ajoute une crise existentielle : nos héros subissent aujourd'hui les affres d'une époque où ils ne trouvent plus leur place. La dépression guette, et une nature magnifique n'est pas toujours suffisante pour la tenir à distance.
Philip Caputo nous conte ici les histoires de Will et de ceux qui l'entourent. Autant de portraits sensibles de ces hommes qu'il connaît, qu'il côtoie, et qui ne s'y retrouvent plus. Des hommes aux prises avec leurs émotions, qui, longtemps, ont préféré affronter seuls leurs démons plutôt que d'avouer leur fragilité. Mais les temps changent...
Paru le 6 mai 2021

Mon avis :

Encore une jolie découverte grâce au  Picabo River Book Club !
Un livre qui se décline tout d'abord comme un recueil de 7 nouvelles mais qui flirte très vite avec le format roman, se situant entre les deux et donnant tout son sel à la lecture.
Nouvelles parce que chaque histoire est un tout mais s'élargissant avec des personnages récurrents mais aussi des thèmes communs et parfois des continuités d'histoires.

Will Treadwell tient un pub, le Great Lakes Brew Pub, dans une contrée sauvage propice à la chasse. Il sera le trait d'union entre quasi tous les personnages les accueillant dans son troquet mais aussi faisant fonction de guide à travers les forêts alentours. Sa propre histoire s'étale peu à peu dans les différents chapitres de cette lecture très originale.
A l'automne se retrouvent des hommes autour de leur passion de la chasse : des amis d'enfance, des retraités, des pères et des fils aux relations conflictuelles, d'anciens soldats hantés par leur passé, mais aussi des femmes fortes qui les accompagnent, les soutiennent,  se questionnent... L'auteur explore à travers diverses narrations tantôt à la première tantôt à la troisième personne, les relations humaines : l'amitié, la vieillesse, le deuil, la transmission entre génération, le couple.  Chacun lutte contre ses démons, l'alcoolisme, les addictions, les idées noires, la violence, la responsabilité et la culpabilité.
La nature somptueuse très présente offre un cadre âpre et sauvage où il est facile de se perdre et de se retrouver et qui redonne une vraie perspective. Chacun suit son cheminement intérieur vers l'apaisement ou la violence...

L'ombre de la guerre plane tout au long des pages, Indochine, Viet Nam, Afghanistan, Irak... les vétérans de tout âge doivent composer avec la mal être, les souvenirs obsédants et la nécessité de continuer à vivre normalement malgré tout... 

7 histoires fortes qui se font échos, qui se recoupent, qui se prolongent... 7 morceaux de vie sensibles et criants de réalisme... un très belle lecture. 
Merci Léa, merci aux Editions Cherche Midi !

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

dimanche 25 avril 2021

Acacia 22

 




Auteur : Edgar Camacho
Editions : ça et là



Deux jeunes femmes emménagent dans le même immeuble de la ville de Mexico. Elles portent le même prénom, Susana, et sont toutes les deux confrontées à la difficulté de commencer leur vie d'adulte. Tout les rassemble, si ce n'est qu'elles vivent à cinquante années d'écart...
Paru le 16 avril 2021


Mon avis

Un très joli album plein de poésie, merci bulle noire pour la découverte !

Une histoire toute simple, deux jeunes femmes vont emménager en colocation à 50 ans d'intervalle dans le même appartement au 22 rue Acacia à Mexico pour démarrer une nouvelle vie, nouveau boulot et traverser quasiment la même solitude. Une histoire toute simple mais qui prend une dimension particulière grâce à un dessin particulièrement sensible et inventif qui navigue entre deux époques et fait le lien entre les deux Susana, tout autant émouvantes l'une que l'autre avec leur enthousiasme, leurs aspirations, leurs déconvenues, leur force. 

J'ai adoré les découpages d'image en multiples vignettes, les juxtapositions ou superpositions d'époques tantôt en fondu tantôt en sépia. Des détails émouvants pour mesurer le temps qui passe, le vide pour susciter le sentiment d'isolement, des gros plans sur un objet, un regard, un sourire.... c'est triste, c'est nostalgique, c'est la difficulté d'un quotidien qui ne correspond pas à ses rêves mais c'est malgré tout plein d'optimiste avec cette idée que les expériences de l'une peuvent servir à l'autre et c'est tout simplement beau ...

Une histoire qui se lit dans le texte mais encore plus dans les illustrations, une vraie réussite ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚📚




dimanche 11 avril 2021

Vies Volées - Buenos Aires Place de Mai


 

Scénario : Matz
Illustrations : Mayalen Goust
Editions : Rue de Sèvres




- Les parents, ce sont ceux qui mettent à manger sur la table, qui te racontent une histoire le soir avant de dormir ou te filent une baffe quand tu franchis les limites. Pas ceux qui te mettent au monde et t'abandonnent. 
- Je suis d'accord avec toi mais là, on parle d'enfants volés, de parents assassinés. Ce n'est quand même pas tout à fait la même chose qu' une adoption, non ?" 

De 1976 à 1983, la dictature militaire qui régit l'Argentine fait disparaître près de 30 000 opposants politiques, pour la plupart assassinés. Parmi eux, des jeunes femmes enceintes auxquelles leurs enfants seront arrachés à la naissance. Depuis 1977, leurs grands-mères recherchent ces 500 bébés volés...
Paru le 10 janvier 2018

Mon avis

J'ai adoré cet album... profond, intelligent, émouvant...
Qui n'a pas entendu parler des grands-mères et mères de la place de mai à Buenos Aires ? 40 ans de combats toujours d'actualité, un pan d'Histoire des dictatures vraiment terrible que l'auteur a choisi de raconter d'un point de vue inversé, ce ne sont pas ces femmes que l'ont va suivre, mais des enfants disparus.

 Mario et Santiago sont deux amis colocataires, deux tempéraments totalement différents, l'un sombre et réservé, l'autre solaire et désinvolte. L'actualité de la place de mai travaille l'un d'eux, lui donne des soupçons sur sa filiation,  et c'est en recherchant sa vérité que tout leur petit monde va voler en éclat.
Il est question du douloureux cheminement personnel, des hésitations, de la violence des révélations, de culpabilité, de paroles libérées, de désespoir mais aussi de reconstruction et d'espoir. C'est un album qui s'ancre dans une réalité dramatique parfois d'une grande cruauté mais qui ménage aussi de jolis  moments d'amour et d'amitié. 

Le dessin est superbe et il sert à merveille le propos. Avec très peu de décors, l'illustrateur a mis en avant les personnages très expressifs, leurs émotions... il y a des planches magnifiques.

Un bel album pour mesurer l'impact que ces histoires lointaines outre atlantique ont eu non seulement sur ces femmes éplorées et combatives mais aussi sur ces centaines d'enfants dont les vies ont été volées.

A lire absolument ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

lundi 29 mars 2021

Devenir quelqu'un



Auteur : Willy Vlautin
Editions : Albin Michel
Collection : Terres d'Amérique
Traducteur : Hélène Fournier






A vingt et un ans, Horace Hopper ne connaît du monde et de la vie que le ranch du Nevada où il travaille pour les Reese, un couple âgé devenu une famille de substitution pour lui. Abandonné très tôt par ses parents, il se sent écartelé entre ses origines indiennes et blanches.
Secrètement passionné de boxe, Horace se rêve en champion, sous le nom d'Hector Hidalgo, puisque tout le monde le prend pour un Mexicain... Du jour au lendemain, il largue les amarres et prend la direction du sud, vers sa terre promise. Saura-t-il faire face à la solitude du ring et au cynisme de ceux qu'il croisera en chemin ? Peut-on à ce point croire en sa bonne étoile, au risque de tout perdre ?
Paru le 3 février 2021


Mon avis :

Quel livre ! Un véritable coup de cœur et bien que je l'ai terminé depuis déjà quelques temps, ses personnages continuent de m'accompagner....
Comment trouver les mots pour exprimer les émotions que ce livre à provoquer ? Comment lui rendre justice ? 

Une histoire de boxe, mais bien plus que ça...Une histoire toute simple mais qui charrie tant de sensibilité et d'émotions...

Horace est un jeune métis amérindien abandonné par ses parents. A 14 ans, il est placé chez Ed et Louise Reese, un couple de ranchers qui élèvent des moutons. Le jeune homme est une aide précieuse au quotidien, Ed ayant de gros souci de santé, et une affection profonde les unit. Le vieux couple qui a vu partir loin leurs deux filles, projette de laisser leur exploitation à ce "fils" sur lequel ils s'appuient.

Mais Horace ne sait se contenter de ce bonheur tout simple, il doit se prouver des choses à lui-même, compenser l'abandon, prendre une revanche sur la vie, devenir quelqu'un, lui qui n'est rien pour ses parents....Passionné de boxe depuis tout petit, il rêve de devenir un champion, devenir quelqu'un qui compte. En quête d'identité et d'estime de soi, n'assumant pas ses origines indiennes, il est persuadé que se faire passer pour un mexicain lui ouvrira les portes de la gloire.

Après un départ plein d'espoir, commence une longue descente en enfer et le rêve s'effrite peu à peu sur les rings, sous les coups, les traitrises... Violence de la vie, solitude abyssale, Horace se perd peu à peu mais Ed est là qui s'inquiète, qui veille, qui ne le laisse jamais tomber...

Quel extraordinaire bonhomme que Ed, avec tant d'humanité ! Les relations sont tellement belles entre le jeune homme et ce vieux couple débordant d'amour qui respectent tous les choix d'Horace, qui l'accompagnent au mieux... il y a cette affection pleine de pudeur et de réserve, ces silences étourdissants de tendresse et cette impossibilité à combler les vides.... 
 
Une narration toute simple qui raconte un morceau de vie criant de réalisme, une plume sensible sans pathos aucun, un propos d'une grande profondeur et un immense coup de cœur pour ce livre qui restera inoubliable, une dernière phrase bouleversante qui résonne encore en moi...

Je remercie le Picabo River Book Club Léa  ainsi que les  Editions Albin Michel et la traductrice pour cette magnifique lecture. 



Sur mon échelle : ♥


jeudi 25 mars 2021

Légendes d'Alsace


 



Auteur : Michel Humann
Editions : Yoran Embanner




L'Alsace, entre Vosges et Rhin, est une terre de convergences de tant de peuples, qu'elle est imprégnée d'histoires, de légendes et de contes. Les innombrables châteaux qui jalonnent le flanc des Vosges sont sources de mille histoires. Les vallées sont le territoire de l'Autre Monde, là où œuvrent les elfes, les fées et les sorcières. Tous ces êtres ont forgé l'âme de l'Alsace. Ces récits remontent à la nuit des temps et traversent l'histoire jusqu'aux époques récentes.
Nous relatons dans ce volume quelques grands classiques de Stœber ou de Stintzi, mais surtout, nous y avons inséré des récits inédits ! Parmi ceux-ci, des légendes qui furent contées de bouche à oreille les soirs aux veillées, et qui ne furent sans doute jamais écrites.
A lire ces légendes on comprendra qu'en Alsace les destins, non seulement se croisent, mais surtout qu'ils se font !
Paru le 9 juillet 2020

Mon avis

En tout premier lieu, je tiens à remercier Babelio et les Editions Yoran Embanner pour l'envoi de ce livre qui m'a tout de suite attiré l'œil dans la liste des livres proposés lors de la dernière masse critique. Je n'avais coché que celui-ci tant j'avais envie de le recevoir.... certainement parce que ces légendes-là allaient faire écho à ma petite enfance.
C'est avec grand plaisir que je l'ai remporté, plaisir décuplé par la qualité du travail éditorial dont je n'avais pas idée. C'est un très bel objet livre enrichi à chaque page de photos, gravures, lithographies, dessins, héliogravures, toiles...etc... . Il donne à voir autant qu'à lire !

Légendes connues ou inédites, transmises le soir au coin du feu, Michel Humann a rassemblé une multitude d'histoires dans lesquelles on retrouve des symboles alsaciens très marqués comme la cigogne ou le Bretzel, mais aussi des personnages issus d'un imaginaire plus universel : dragon, ondine, dame blanche, chevalier, diable, sorcières, vouivre .... Ces légendes saupoudrées de merveilleux s'ancrent parfois dans des lieux bien précis comme Strasbourg, le Rhin, le Mont Saint-Odile leur donnant un cadre réaliste et les rattachant à un terroir.

C'est un recueil varié que l'on prend plaisir à feuilleter, à butiner.  Les notes de bas de page et commentaires en fin de conte sont riches d'informations, ils apportent les éclaircissements nécessaires sur leurs origines et sur certaines spécificités alsaciennes. Il faut saluer le travail de recherche de l'auteur.

Une chouette lecture !  


Sur mon échelle📚📚📚📚


vendredi 19 mars 2021

Quarantaine

 





Auteur : Peter May
Editions : Editions du Rouergue




Qui aurait pu imaginer une chose pareille ? Le domaine centenaire d’Archbishop’s Park, en plein cœur de Londres, défoncé au bulldozer pour y bâtir de toute urgence un hôpital. Alors qu’une épidémie sans merci a séparé la capitale britannique du reste du monde, alors que le Premier ministre lui-même vient de mourir, un ouvrier découvre sur le chantier ce qu’il reste du corps d’un enfant. Des ossements qui ne datent pas du temps des archevêques. MacNeil, l’homme qui a décidé de quitter la police, qui vit ses dernières heures dans la peau d’un flic, est envoyé sur les lieux. C’est lui, le policier désabusé, qui va devoir remonter la piste d’une machination abominable, dans une ville en butte aux pillages où les soldats en patrouille font la loi. Et alors qu’il apprend que son fils unique, Sean, est contaminé à son tour, n’ayant qu’une chance infime d’en réchapper.
Paru le 10 mars 2021

Mon avis :

Je ne connaissais pas Peter May bien que souvent les retours que je lisais me donnaient envie de le découvrir. Et puis il y a eu cette couverture particulièrement belle, ce thème qui m'intriguait et je n'ai pas hésité plus longtemps ! 

Quelle chouette lecture, particulièrement troublante et vraiment captivante !

Londres est en proie à une épidémie de grippe virulente, les taux de contamination et de mortalité sont effarants! 
Coupée du reste du monde, en confinement drastique (couvre-feu, magasins fermés, port du masque obligatoire, tout ce que l'on a connu et bien plus encore...), la ville tente de se sortir de cette terrible situation. 
C'est dans cette atmosphère de peur et de mort que les ossements méticuleusement nettoyés d'une fillette sont découverts sur un chantier de construction.
Jack McNeil se prépare à quitter la police, la démission a été déposée, il ne lui reste plus que quelques heures de service mais c'est à lui que l'enquête est donnée. Devant la jeunesse de la victime et les découvertes singulières d'Amy chargée de la reconstruction du squelette, le flic n'aura de cesse de  trouver le coupable. Grâce à des empreintes sur un vieux ticket de métro, une première piste de dessine.

Dans un Londres déshumanisé, il parcourt les rues désertes, passe les contrôles militaires et pousse les investigations dans les milieux underground de la capitale. C'est une course contre la montre, il lui reste si peu de temps... et le virus en toile fond complique terriblement la tâche et s'invite dans l'équation de la mort de l'enfant.

Outre une enquête passionnante, rythmée (courses poursuites, effractions, confrontations, interrogations et avancées suivies de morts violentes), ce sont les personnages qui donnent tout son sel au roman, des personnages denses, attachants dont la vie privée tourmentée ajoute un degré d'empathie supplémentaire.
La menace d'infection, les victimes de la pandémie dans sa sphère privée, tout affecte profondément McNeil et augmente sa ténacité, il ne lâche rien, l'enquête l'aide à dépasser l'insurmontable.

Malgré quelques interrogations sur le réalisme médical de certaines situations (mais je me laisse bien volontiers convaincre...) le roman est parfaitement agencé, et fait preuve d'une vraie réflexion  jusqu'à une toute fin (les derniers mots) criante de réalisme qui suscite un véritable ascenseur émotionnel ! 

Quelques mots sur cette pandémie décrite en 2005, à une époque où l'imagination de l'auteur aurait pu paraître farfelue et que les derniers mois ont rendue visionnaire.... tous les éléments non survenus et que Peter May a décrit ne semblent plus aussi improbables, comme une sourde menace possible....

Une excellente lecture et mes étagères se sont déjà étoffées de nouveaux romans de l'auteur ! 


Mon appréciation : 📚📚📚📚