Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
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lundi 31 août 2026

Chronique : White River - Ian McGuire

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman White River, écrit par Ian McGuire et publié aux éditions Rivages.

couverture du livre White River - Ian McGuire


Fiche technique du livre :
Titre : White River
Auteur : Ian McGuire
Éditeur : Rivages
Traduction :  Sophie Aslanides
Genre : Littérature anglaise/ 

Date de parution : le 19 août 2026


Le résumé de l'éditeur :
Durant l'hiver 1766, un colporteur arrive dans un comptoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson avec une pépite d'or et la promesse d'un filon plus au nord, au-delà de la White River. Magnus Norton, le gouverneur du fort, organise en secret une expédition périlleuse pour s'en emparer. Un groupe de prospecteurs - dont Tom Hearn, second sur un baleinier rattaché au comptoir - s'enfonce alors vers les Terres stériles, guidé par une famille autochtone. Lorsque l'hiver arctique referme son piège et que leurs plans s'effondrent, l'expédition vacille au cœur d'une nature aussi sublime qu'impitoyable.

Mon avis :
Magnus Norton gouverne d'une main de maître le comptoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson avec l'aide de son adjoint John Shaw. Lorsqu'un colporteur leur fait miroiter un gisement d'or au Nord dans les terres stériles au delà de la White River, ils décident de monter une expédition afin de l'exploiter pour leur propre compte. Il ne faut surtout pas divulguer l'information et trouver des hommes sûrs. Ce seront Abel Walker neveu de Norton, facile à manipuler et Tom Hearn, un solitaire peu penché sur les confidences.... Pour finir, une famille indienne leur servira de guide : Datsanthi le chef et sa femme Pawpitch , son fils Nabayah et sa compagne Keasik.

Tous les sept partent dans la direction de l'Arctique, vers la promesse d'un eldorado....

C'est un récit documenté absolument passionnant, tout d'abord pour l'aventure au sein d'une nature sauvage et hostile (les descriptions sont superbes), le froid, la faim, la maladie, les blessures, la traversée de la White River et puis surtout pour la confrontation des différents modes de pensée entre les blancs et les indiens, mais aussi avec les esquimaux. Il y a un tel fossé entre leurs conceptions de la vie, leurs habitudes, leurs croyances (avec un peu de surnaturel parfois) que forcément drame il y aura... C'est Shaw qui dérapera le premier, s'en suivra un enchaînement inéluctable de violence.
L'auteur dresse un portrait intime de chacun de ses personnages et les laisse évoluer au fil des pages, il décrit la cruauté, l'assujetissement, les dérives du pouvoir, j'ai adoré voir les caractères se révéler, s'infléchir. Qui restera lucide ? Qui succombera à la cupidité ?

Quelques passages sont particulièrement forts et marquants : une rencontre avec un loup, une chirurgie de terrain, des quiproquos tragiques... Certaines images sont difficiles à oublier !

Le récit prend son temps pour installer l'intrigue mais il est construit très intelligemment de façon à ménager une tension grandissante au fil des pages, il nous tient en haleine du début jusqu'à la toute fin. Si la nature et l'aventure sont omniprésentes, l'Homme reste au centre du propos et c'est avec une incroyable justesse que l'auteur met en lumière ses faiblesses et sa barbarie. Il dresse un tableau sans concession de la colonisation aveugle et brutale.

Une excellente lecture !

Un post-scriptum pour cette couverture que je trouve absolument magnifique ♥


Sur mon échelle : 📚📚📚📚




dimanche 30 août 2026

Chronique : Johnny Clem (Héros de guerre) - Philippe Charlot - Miras

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Johnny Clem (Héros de guerre), écrit par Philippe Charlot et Miras et publié aux éditions Grand Angle.

couverture du livre Johnny Clem (Héros de guerre) - Philippe Charlot - Miras


Fiche technique du livre :
Titre :  Johnny Clem (Héros de guerre)
Scénario: Philippe Charlot
Dessins : Miras
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD

Date de parution : 08 avril 2026

Le résumé de l'éditeur :
À l'aube de la Guerre de Sécession, Johnny a neuf ans et pleure sa maman disparue tragiquement. Son père, seul avec trois jeunes enfants, va refaire sa vie. Autour d'eux, le monde s'agite. Les volontaires de l'Union, exaltés, se précipitent à l'appel du Président Lincoln. C'est cette nouvelle famille que Johnny va se choisir. Celle qui part pour les champs de bataille et les plus terribles boucheries d'une guerre fratricide. À douze ans, sa bravoure lui vaudra ses galons de sergent et le surnom mythique de Johnny Shiloh. Mais derrière la légende se cache une autre réalité : celle d'un enfant qui s'est jeté corps et âme dans la folie des hommes, prisonnier d'une gloire à laquelle il ne pourra plus échapper.


.Mon avis :

Comme bien souvent c'est tout d'abord la couverture de l'album qui m'a attirée et puis ensuite comprendre que tout ceci était tiré d'une histoire vraie, photo à l'appui à la fin de la BD. Incroyable ! 

Johnny n'a que 9 ans lorsque la guerre de Sécession débute. Les volontaires affluent pour rejoindre Lincoln et paradent dans les rues. Johnny ne se sent plus réellement chez lui depuis l'arrivée de celle qui remplacera sa mère défunte, une femme revêche et autoritaire. Il voit cet appel à s'engager comme une opportunité et se glisse subrepticement dans le train des soldats. C'est le début d'une aventure inconcevable et pourtant....
Bien entendu, son passage à l'enrôlement n'est pas suivi de succès, on compte bien le renvoyer chez lui mais il va bénéficier de circonstances inopinées pour s'introduire durablement dans diverses sections. A force de détermination, en se rendant utile inlassablement de bien des façons, il devient la mascotte de tous et gagnent leur respect.

J'ai beaucoup aimé la narration, rythmée par le chant "When Johnny comes marching home again", on nous raconte son arrivée et petit à petit, année après année,  une plongée dans l'horreur de la guerre : la violence, le sang, les régiments décimés, les champs de bataille couverts de morts. Il y a une telle discordance entre son jeune âge et les événements auxquels il participe avec son tambour ! C'est un récit très bien documenté, avec force détails, un album très instructif.

Les dessins sont très réalistes et rendent tangible l'horreur de la boucherie des combats, ils mettent aussi en lumière toute l'humanité de ses personnages. Johnny est ferme et courageux, il sera d'ailleurs décoré et gagnera un surnom, mais il est aussi profondément impacté par tout ce qui l'entoure, la détresse des uns, les deuils...

Un très chouette album qui raconte l'incroyable destin d'un gosse emporté dans une guerre qui le dépasse pour finir sergent à 12 ans.

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


lundi 24 août 2026

Chronique : La colline - Mathilde Beaussault

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman La colline, écrit par Mathilde Beaussault et publié aux éditions Seuil dans la collection Cadre noir.






Fiche technique du livre :
Titre : La colline
Auteur : Mathilde Beaussault
Éditeur : Seuil (Collection Cadre noir)
Genre : Littérature française / Roman noir/ Polar
Date de parution : 06 mars 2026


Le résumé de l'éditeur :
Un jour d’hiver, dans une cité de Rennes, un nouveau-né est découvert au fond d’un container à ordures. Vivant.
Quelques étages plus haut, une jeune fille se vide de son sang. Elle s’appelle Monroe, elle a dix-sept ans.
Dans cette chambre où sa mère l’a enfermée, Monroe revit les mois passés sur la colline, chez sa grand-mère Madeleine. Là-haut, le vent, le labeur et le silence façonnent les corps.
Auprès de cette vieille femme solitaire aux mains guérisseuses, Monroe, enceinte, a découvert une paix inespérée. Et puis tout s’est écroulé.
Monroe s’affaiblit, les policiers enquêtent, les soignants espèrent, les pompiers s’interrogent, la famille se désintègre : durant ces quelques heures d’une intensité foudroyante, chacun mesurera ce qu’il a perdu – ou sauvé – de son humanité.

Mon avis :

Ce jour-là, un bébé est trouvé dans un container poubelle, il est sauvé in extremis, la police enquête d'autant plus que le placenta trouvé dans le sac n'est pas complet, la mère est en danger de mort, c'est une question d'heures, une course contre la montre est lancée.

Monroe accouche quasiment seule sur un matelas de fortune dans sa chambre, Monroe n'a que 17 ans et elle avait été envoyée chez sa grand-mère dans la colline.


Par un jeu constant d'aller-retours entre passé et présent, le lecteur plonge peu à peu dans son histoire.

Une famille dysfonctionnelle au possible, chez ces gens-là on ne parle pas.. tout est fermé, et surtout l'amour n'est pas là, il y a la mère totalement indifférente, voire maltraitante, il y a le grand frère voyou, violent, accro aux drogues, une petite frappe.

Monroe se ferme, se tait et avec ses stylos bic dessine, elle dessine tout ce qu'elle voit sur des bouts de feuilles, un arbre, une main, une corneille. Elle a un talent fou et elle s'exprime par ce biais. Etre envoyée chez sa grand-mère Madeleine est une aubaine, une escale dans une vie de misère. Entre elles, les relations se construisent peu à peu, elles s'apprivoisent et Monroe découvre ce que c'est qu'être aimée... Il y a des pages superbes sur leur interactions, pleine d'émotions et de pudeur...Madeleine a le don, elle soigne, on vient la voir pour tout un tas de raisons. Elle soigne les corps mais aussi les âmes.

Il y a Jacques, le voisin , l'ami, un pilier.

Il y a aussi Alfred, un autre voisin odieux menaçant.

Et puis il y a les drames ....


Tout un tas de personnages se greffent dans cette histoire, Etienne le pompier, les aides-soignantes, le petit vieux qui a entendu et trouvé le bébé... Beaucoup de digressions sur ces personnages secondaires qui m'ont parfois fait lâcher mon livre ( Samantha, Lazuli....ça ne m'a tellement pas intéressée , et puis la vulgarité de la Samantha, j'ai détesté... Il y a plein de passages qui m'ont perdue, j'avais qu'une hâte, retourner à l'histoire de Monroe, au cœur du roman qui lui était passionnant)


Un récit dur violent cruel et qui ne ménage personne, le suspense reste constant alimenté par les différentes temporalités, les secours arriveront ils à temps ? Qui est le fautif ? Comment ? Pourquoi ? Et même si on se doute de certaines choses, il faut attendre les toutes dernières pages pour connaître enfin toute la vérité.


J'ai beaucoup aimé que les interrogatoires soient placées entre les chapitres. 

J'ai beaucoup aimé l'alternance des points de vue malgré la multitude de personnages 

J'ai beaucoup beaucoup aimé la relation de Monroe et sa corneille.


Une plume toute en simplicité, pleine d'émotions et de sensibilité. Mon cœur s'est brisé à plusieurs reprises !

Ça aurait pu / du être un coup de cœur sans ces digressions qui m'ont perdue par moment.

Mais Monroe et son silence, ses crayons, son oiseau, sa résilience, restera un personnage marquant pour moi.


Sur mon échelle : 📚📚📚





dimanche 23 août 2026

Chronique : Graine de vaurien - Kid Toussaint - Miss Prickly

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Graine de vaurien, écrit par Kid Toussaint et Miss Prickly et publié aux éditions Grand Angle.

couverture de la BD Graine de vaurien - Kid Toussaint - Miss Prickly



Fiche technique du livre :
Titre :  Graine de vaurien
Scénario: Kid Toussaint
Dessins : Miss Prickly
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD
Date de parution : 1er avril 2026


Le résumé de l'éditeur :

À Salina, petite ville de l'ouest des États-Unis, les enfants jouent aux cow-boys pendant que la ville s'apprête à rendre sa justice. Mais ce jour-là, le jeu va trop loin. Ce qui devait rester une farce devient un drame, puis un secret impossible à effacer. Les années passent, l'Ouest se durcit, et les enfants d'hier deviennent des adultes que tout oppose : shérifs ou hors-la-loi, frères ennemis, alliés de circonstance. Pourtant, tous restent prisonniers de ce jour où l'innocence s'est brisée...Western choral et tragique, Graine de vaurien est une fresque sombre et puissante sur la perte de l'innocence, la violence comme héritage, et cette question obsédante : peut-on vraiment échapper aux fautes de l'enfance ?

Mon avis :

Salina, jour d'exécution, John Warlock va être pendu en place publique. On n'attend plus que le train de la ville spécialement pour que les citadins viennent jouir du spectacle de la bête mise à mort.
 Ils s'appellent Nine, Fifty, Ice, Hank, Jonas, Bulle, Winnie, Calico, Ida, Ugly Green Bear et ce jour-là ils ont séché l'école pour jouer aux shérif et aux bandits. Rien ne va se dérouler comme prévu, ni la pendaison, ni le jeu, mais il y aura bien des morts, plusieurs innocents vont perdre la vie... et le secret va être scellé avec des conséquences désastreuses.

S'en suit une longue descente aux enfers. Comment se construire lorsqu'on porte une si grosse responsabilité ? Chacun des enfants va grandir en gérant ce passé à sa façon. Les uns deviendront hors-la-loi, les autres se rangeront dans le camp inverse. Il y aura de la violence, beaucoup (trop?) de violence.... des confrontations... 

Mais une série de meurtres d'enfants, dans des circonstances similaires au drame passé, les poussent à faire alliance. Qui peut bien perpétrer ces crimes? Est-ce un Warlock vengeur? Est-ce un proche qui aurait découvert la vérité?
S'en suit une quête longue, pleine de rebondissements, de morts, d'où personne ne sortira indemne.

Une histoire dure et pleine de fureur qui s'étend sur plusieurs décennies. Un scénario en chapitres qui ménage beaucoup de suspense et s'ancre dans une période où la loi du plus fort fait souvent office de justice. Chaque personnage a sa propre personnalité et leurs relations restent complexes, en premier lieu entre les jumeaux Nine et Fifty. Amis/ennemis, la frontière est mince et les événements les amènent tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. 
Le récit est porté par des dessins réalistes soignés, pleins de détails, très expressifs. Tout ce que j'aime !

Un bémol sur les sauts temporels qui parfois nous laissent un peu dans le flou, il y a des trous dans le récit qu'il faut combler. 

Un bel album et une superbe couverture !

Sur mon échelle : 📚📚📚


dimanche 16 août 2026

Chronique : La petite bonne - Bérénice Pichat

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman La petite bonne, écrit par Bérénice Pichat et publié aux éditions Le livre de poche.

livre La petite bonne - Bérénice Pichat


Fiche technique du livre :
Titre : La petite bonne
Auteur : Bérénice Pichat
Éditeur : Le livre de poche
Genre : Littérature française  

Date de parution : 02 janvier 2026



Le résumé de l'éditeur :
Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?

Mon avis :

J'ai mis longtemps à me décider à lire ce livre... La forme en vers ne m'encourageait pas et pourtant.. je l'ai commencé le matin, juste comme ça pour voir et je ne l'ai plus lâché jusqu'à l'avoir terminé... Un coup de cœur 

Quel livre !

La petite bonne dont nous ne saurons jamais le nom, trime toute la journée à nettoyer chez la bourgeoisie. Elle navigue entre plusieurs familles, du matin jusqu'au soir, armée de son seau lourd de brosses et produits.

Parmi ses maîtres il y a les Daniels chez qui tout le roman se focalise. Blaise, une gueule cassée, invalide, n'est plus que l'ombre d'un homme et Alexandrine sa femme se dévoue corps et âme à son chevet.

Mais Blaise ne supporte plus son sacrifice continuel, il l'incite à sortir, à vivre... Si elle résiste au départ, finalement "soit il en sera ainsi" et il est convenu que c'est la petite bonne qui restera à son chevet pour l'aider, parce que Blaise n'est plus autonome, il faut l'aide pour manger, se laver, s'habiller. 


Les débuts sont tendus, lui la trouve stupide, elle est surtout gênée de son état et ne sait pas vraiment ce qu'elle doit faire. Ils vont rapidement s'apprivoiser, se comprendre, s'apprécier. C'est la rencontre de deux âmes brisées, de deux solitudes.

C'est par petites touches que l'on voit cette si belle relation se construire.

Chaque petit rien, un regard, un geste, il y a tant de pudeur, d'authenticité entre eux.

Mais que c'est beau, que c'est poignant !

La scène du bain est incroyable d'intensité... Je n'ai pas les mots pour retranscrire les émotions.


Comment ne pas compatir sur l'état de Blaise, sa terrible histoire qui se dévoile, sa souffrance quotidienne à la fois physique et morale et puis il y a aussi le secret de la petite bonne qu'elle porte comme une croix. Et quand Monsieur lui dévoile ce qu'il attend d'elle, c'est un dilemme insoluble... 

Et Alexandrine de son côté est aussi un personnage marquant plein de nuances, terriblement humain. Elle est pétrie de certitudes et a le sens du devoir chevillé au corps. Il y a un mélange d'excitation mais aussi de vague culpabilité à s'échapper ainsi. Son week-end promis est une vraie déception, la froide réalité est loin d'être à la hauteur de ses rêves. Elle ne souhaite plus que retourner auprès de Blaise, retourner dans la quiétude se son quotidien rassurant.

Mais Bérénice Pichat nous rappelle que le destin est particulièrement cruel et qu'il peut se jouer des hommes...

La musique tient aussi une grande place dans le récit, la petite bonne découvre sa magie. Il y a des lignes tellement belles sur les émotions qu'elle procure, sur son pouvoir de communication. J'ai tellement aimé tous ces passages-là.

Et j'en reviens à cette forme qui me faisait reculer et qui en fait devient une des forces du roman... Les petits vers sont finalement plutôt une prose mise en forme minimaliste pour les pensées, le point de vue de cette petite bonne invisible, qui sait si bien se faire oublier.
La prose classique plus pleine et déliée est réservée aux maîtres qui savent les mots, qui ont l'habitude de s'exprimer. Et puis, entre les deux, il y a ses petits extraits en italique qui parsèment le roman et dont je n'ai compris la signification qu'à la fin.

J'ai adoré ce livre, la plume sensible, d'une humanité folle et puis l'histoire de ces deux êtres qui n'étaient pas destinés à se rencontrer, qui se trouvent, s'apprivoisent, se dévoilent, se libèrent....C'est beau, c'est émouvant, c'est déchirant !

Mon seul bémol sera pour les deux dernières pages pour cette conclusion trop rapide, mais c'est un minuscule bémol sur cette formidable lecture.

Sur mon échelle



dimanche 9 août 2026

Chronique : Tant de neige et si peu de pain – Béatrice Wilmos

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman Tant de neige et si peu de pain, écrit par Béatrice Wilmos et publié aux éditions Actes Sud dans la collection Babel.


 
couverture du livre Tant de neige et si peu de pain par Béatrice Wilmos

Fiche technique du livre :
Titre : Tant de neige et si peu de pain
Auteur : Béatrice Wilmos
Éditeur : Actes Sud (Collection Babel)
Genre : Littérature française / Roman historique / Poésie russe
Date de parution : 3 septembre 2025





Le résumé de l'éditeur :

Moscou, 1919. Marina Tsvetaeva a vingt-sept ans. Son mari s’est engagé dans les armées blanches et elle ignore s’il est toujours en vie. Seule, en pleine guerre civile, elle est contrainte de faire des choix....
Dans ce roman bouleversant, Béatrice Wilmos nous amène auprès de l’une des plus grandes poètes de la langue russe, à une époque peu connue de son existence. Et son portrait en écrivaine, mère et femme amoureuse, nous bouleverse.



Mon avis :

Moscou 1919, Marina se confie à ses carnets, elle est seule avec ses deux filles dans une ville sinistrée où se procurer bois, nourriture est un véritable parcours du combattant. Elle décrit la Russie de la disette, de la maladie, des files d'attente interminable, de la faim, du froid ...
Elle est sans nouvelles de son mari sur le front depuis de longs mois.

Instants fugaces, patchwork de sons, de couleurs, de souvenirs heureux, par petites touches se dessine la vie de Marina. De l'enfance dans la maison familiale, de la rencontre avec l'amour de sa vie, la naissance de ses filles tellement différentes jusqu'à l'arrivée de la guerre qui fait passer d'une vie confortable à la misère. S'en suit une vie difficile, il faut abandonner la maison, se réfugier dans le grenier qui devient le "palais-grenier" dans une vaine tentative de maquiller la dure réalité. Il y a aussi les carnets qui permettent d'esquiver, de survivre..."La poésie du quotidien est sa seule consolation"..

On découvre, à travers la reconstitution romancée de Béatrice Wilmos agrémentée de très nombreux extraits de poèmes de Marina et de sa fille, la très belle histoire avec Serjoi, l'amour incommensurable pour la petite Alia, la première née surdouée avec qui elle partage tant, mais aussi l'indifférence voire le rejet pour Irina, la seconde, possiblement affectée d'un déficit intellectuel. 

Parfois, des décisions inconcevables s'imposent, laisser ses enfants à l'orphelinat pour qu'elles soient correctement nourries. Mais rien n'est simple dans la vie de Marina.... Et le drame survient, non sans que sa responsabilité soit largement engagée.

S'en suit une introspection sans concession où se déroulent tous les manquements, la culpabilité qui submerge mais ne peut ni effacer, ni absoudre. 
Mon cœur s'est fracassé sur plusieurs scène d'une cruauté folle. 

Un roman très court, le destin tragique d'une famille ballotée dans les violences de l'Histoire, raconté par une femme amoureuse en souffrance, une mère démunie qui ne sait pas aimer ses deux enfants de la même façon. 

Un texte d'une grande poésie et terriblement poignant.

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


dimanche 2 août 2026

Chronique : Souvenirs introuvables de Laura Wilhelm - Auto édition

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire ( mon avis de lecture) sur le roman Souvenirs introuvables, écrit par Laura Wilhelm et publié en Auto-édition.


Couverture du livre Souvenirs introuvables par Laura Wilhelm



Fiche technique du livre :
Titre : Souvenirs introuvables
Auteur : Laura Wilhelm
Éditeur : Auto-édition
Genre : Littérature française / Romance/ 
Date de parution : le 02 août 2020
Format : ebook



Le résumé de l'éditeur :

Jade est une brillante étudiante en journalisme, elle a 25 ans et ne veut aucun homme dans sa vie. Sauf que … elle ne se souvient de rien ! Totalement amnésique suite à un accident de parapente qui aurait pu la tuer, elle décide de réintégrer son ancienne vie. Elle va découvrir des facettes d’elle-même qu’elle va détester et fera tout pour retrouver ses souvenirs.

À ses risques et périls…"

Vous n'en sortirez pas indemne !



Mon avis :

J'ai lu beaucoup de retours enthousiastes et du coup j'ai remis en route mon compte simplement pro parce que je voulais absolument le lire et je suis consternée parce que je n'ai pas du tout aimé. 

Il y avait pourtant tout pour me plaire, le sujet de l'amnésie, le découpage en plusieurs points de vue, le polar qui s'invite avec cette tentative de meurtre , des personnages plutôt sympathiques (surtout Antoine et Julien) mais voilà, je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire ou plutôt dans les histoires... C'est d'ailleurs un peu ça qui m'a perdue. Trop de récits entrecroisés pour moi, la tentative de meurtre (mais il n'y a pas d'enquête, le coupable est trouvé tellement vite et ça m'a cruellement manqué), les secrets de famille sans lien avec, le drame de Vanessa, la gémellité toxique, les problèmes psychologiques (la partie de Jennifer m'a profondément ennuyée), un attentat. Il y a une sorte de surenchère qui m'a souvent fait lâcher ma liseuse.

Laura Wilhem parvient à emboiter le tout pour expliquer les interactions entre ses personnages mais chaque intrigue aurait mérité à mon sens un roman propre. Là tout est survolé avec quelques incohérences parfois, Jade a perdu la mémoire mais elle se souvient d'un Alan dont on nous glisse le nom sans qu'ensuite on n'en sache plus rien par exemple. J'ai eu aussi du mal avec un tel changement de personnalité entre l'avant et l'après accident.

Après je souligne que l'écriture est agréable, elle m'a fait apprécier le début du roman.

Bref, ce n'est pas souvent que je me trompe autant dans mon choix de lecture, mais là je n'étais clairement pas le public cible. 
Je le répète les retours sont dithyrambiques , je suis la mauvaise note au milieu d'une symphonie. 
Faites vous votre propre opinion ! 


Sur mon échelle : 📚