Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
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mercredi 23 septembre 2026

Chronique : Pour l'honneur de tous les miens - Amanda Skenandore



couverture du livre Pour l'honneur de tous les miens - Amanda Skenandore
Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman Pour l'honneur de tous les miens, écrit par Amanda Skenandore et publié aux éditions Faubourg Marigny.



Fiche technique du livre :
Titre :  Pour l'honneur de tous les miens
Auteur: Amanda Skenandore
Traducteur : Laura Bourgeois
Éditeur : Faubourg Marigny
Genre : roman historique

Date de parution : 11 octobre 2022


Le résumé de l'éditeur :
Philadelphie, 1906.
Alma Mitchell est brutalement rappelée à son enfance par un article de journal : un agent fédéral a été assassiné et le suspect est un ami d’enfance de la jeune femme, Harry Muskrat. Harry – ou Asku, ainsi qu’Alma l’a toujours appelé – était l’élève le plus prometteur de l’école dirigée par le père d’Alma, la Stover School, créée à la suite des guerres indiennes, et qui avait pour vocation d’aider à l’assimilation des enfants indiens des réserves voisins (« d’apprivoiser les sauvages », en somme). Alma y était la seule élève blanche.

Mon avis : 

J'avais beaucoup d'attente sur ce livre et je n'ai pas du tout été déçue, loin de là... Je l'ai commencé et j'ai eu un mal fou à le poser. Une histoire particulièrement prenante qui se dévoile entre deux temporalités 

1906, Alma est mariée à Stewart, un avocat. Tout va très bien dans sa vie jusqu'à ce qu'elle tombe sur un article de journal. Tout son passé qu'elle maintenait fermement à distance, lui revient brutalement. On comprend qu'elle a vécu un drame et qu'elle a coupé tous les ponts avec sa famille, son enfance ...

1886, le père d'Alma prend la direction d'une école pour les enfants des réserves indiennes. Sa fonction qu'il prend très à cœur sera de les "civiliser", de leur enlever leur identité de "sauvages". Seule blanche parmi eux, elle va partager leur quotidien, être témoin des traitements infligés, nouer des liens solides......


Le récit va alterner entre ces deux époques pour dévoiler peu à peu tous les secrets, les violences et l'immense traumatisme refoulé. C'est passionnant !
Il y a le présent lorsque Alma lit dans cet article que son ami Aku est accusé de meurtre et qu'il va être pendu, elle ne peut y croire, se souvenant de sa gentillesse, de sa douceur, de son intelligence. Stewart sans rien connaître du passé de sa femme accepte par amour de défendre l'accusé. C'est le retour au pays, c'est la découverte de la vie dans les réserves, du sort des indiens, de leur seule perspective. C'est aussi les retrouvailles avec un ami profondément changé, à la volonté inflexible.

Il y a le passé avec la violence de l'arrivée des enfants, les cheveux coupés, les vêtements et objets personnels jetés au feu, il y a les coups, les brimades journalières. Alma est solidaire, empathique et peu à peu gagne des amitiés.

Deux jeunes garçons se distinguent :

Asku, élève brillant, doux, discipliné, c'est aussi son meilleur ami. Il représente la réussite de l'école, et intègre l'université.

Tshikwä'set, entier, lucide, révolté qui jamais ne plie, il intègre un apprentissage.

Ces deux-là semblent avoir un avenir totalement opposé.... et pourtant !


Le plus de ce roman c'est indéniablement que l'histoire se raconte par les yeux d'une petite fille blanche qui évidemment ne peut que croire ce qu'on lui raconte, ce qu'on lui explique. Tout cela, c'est pour leur bien... Malgré l'amour et la confiance qu'elle ressent pour son père, elle ne peut s'empêcher parfois de s'interposer, de désobéir mais elle ne remet jamais en question le bien fondé de l'école. Et puis, bien des années plus tard, on suit la jeune femme qui ouvre les yeux sur la réalité révoltante des conditions de vie offertes dans les réserves, qui perd peu à peu ses illusions et constate la cruauté de son monde. Elle mesure ce qu'on a réellement fait à ses amis, ce que son père et elle même ont fait.

Tant de culpabilités, de violence, tant de vies brisées  !

J'ai adoré voir la conscience d'Alma se réveiller peu à peu, sa volonté farouche d'aller au bout des choses.


La violence du livre est insidieuse, elle commence dès l'arrivée des enfants, puis pendant leur séjour, violence physique, violence psychologique quotidienne jusqu'à l'acte injustifiable, insoutenable...... je n'étais pas prête et pourtant j'aurais dû, peut-il y avoir une fin heureuse lorsqu'on connait l'Histoire ?

Le pire dans tout ça c'est que le père avec son école est persuadé de faire le bien, il est plein de bonnes intentions, avec une bonne conscience évidente mais il est dépassé par ses préjugés, ses certitudes et enfin par les évènements.


Au delà de toute la tragédie, il y a de jolis moments, cette connivence qui peu à peu s'installe entre les enfants, leur innocence et leur faculté de résilience, leurs jeux, leurs escapades dans les bois.

Il y a aussi le mari d'Alma, un homme droit qui réussit à dépasser ses idées reçues inculquées par la société par amour pour elle.


Tshikwä'set et Asku resteront longtemps dans ma mémoire, deux petits garçons puis deux hommes dépouillés de leur identité, tentant chacun à leur façon de s'adapter sans y parvenir : un destin subi, un destin revendiqué....

Une lecture coup de cœur.

Sur mon échelle




dimanche 13 septembre 2026

Chronique : Le fils de l'ogre - Eric Stalner

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Le fils de l'ogre, écrit par Eric Stalner et publié aux éditions Grand Angle.

couverture de la BD Le fils de l'ogre - Eric Stalner

Fiche technique du livre :
Titre :  Le fils de l'ogre
Scénario: Eric Stalner
Dessins : Eric Stalner
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD

Date de parution : 02 septembre 2026


Le résumé de l'éditeur :
Un enfant sauvé des eaux.
Un bandit au grand coeur.
Un ogre lancé à leurs trousses. Cévennes, 1743. Pour arracher son bébé à la cruauté de son père, le baron de Lazes, surnommé l'Ogre, Héloïse se jette d'une falaise avec l'enfant. Elle périt, mais le nourrisson survit par miracle.
Recueilli par Guillaume-Paulin Valdéran de Langre, noble déchu devenu bandit de grand chemin, il grandit sous le nom de Baptiste. Mais au château de Lazes, l'Ogre réclame son héritier et organise une traque impitoyable pour le retrouver.
Face à un tyran prêt à tout pour perpétuer sa lignée, Guillaume-Paulin devra bientôt choisir : protéger l'enfant... ou défier l'Ogre.

Mon avis :

Guillaume est un noble sans le sou, une sorte de Robin des bois protestant, il vole les riches et donnent l'argent récolté pour diverses œuvres. Lors d'une de ses sorties, il trouve un enfant dans l'eau d'une rivière sans se douter des terribles circonstances qui l'ont amené là. Il le sauve d'une noyade certaine. Bien décidé à s'en débarrasser rapidement, il va rencontrer embûches et contretemps et finalement devoir le garder près de lui plus longtemps que prévu. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que l'enfant qu'il a nommé provisoirement Baptiste est en vérité le fils de l'ogre, ce baron sanguinaire craint de tous. L'homme veut récupérer son fils à tout prix et ses hommes partis à sa recherche sèment violence et morts sur leur chemin.

Vont-ils mettre la main sur l'enfant ?


Quelle chouette lecture ! Tout d'abord j'ai beaucoup aimé la mise en page, les vignettes non alignées, débordant du cadre, des découpages libres, la mise en lumière de certaines cases, j'aime beaucoup cette façon de dessiner qui donne du relief au récit. Les dessins plutôt réalistes sont magnifiques, pleins de détails, avec des gros plans expressifs.


Le scénario est bien ficelé. Après une scène d'introduction frappante, il entraîne le lecteur dans une histoire bien plus complexe qu'il ne semble, le passé ressurgit et la confrontation entre Guillaume et l'ogre est inévitable... Le portrait des deux hommes est à l'opposé, l'un est entreprenant, courageux, avec des valeurs, une éthique. Malgré sa volonté de paraître détaché, il a le cœur tendre, mais c'est sans trembler qu'il pourfend l'ennemi. L'autre est veule, passif, se perd dans les plaisirs de la chair et du luxe sans y trouver d'assouvissement. Sa cruauté et sa violence sont légion.

Outre ces deux protagonistes et le petit rescapé, des personnages féminins ont aussi une place de choix : Justine appelée pour s'occuper "temporairement" (ou pas !) de l'enfant , Bérangère qui a élevé Guillaume, une femme débonnaire pleine de bon sens toujours là pour lui, il y a aussi la mère de l'ogre, froide, sévère, maltraitante. 


L'auteur met en lumière la violence du pouvoir aristocratique de l'époque, la guerre entre protestants et catholiques sous jacente, il y a du sang et des morts, des poursuites, des combats, beaucoup d'actions mais il y a aussi des moments plus intimes avec l'enfant,  ce petit bonhomme qui illumine l'album, d'un naturel joyeux, tous s'attachent même malgré eux.


Un très joli album qui appelle une suite parce que le château de l'ogre détenait quelques surprises et la fin n'en est pas vraiment une... J'espère vraiment qu'elle est prévue, je serai au rendez-vous !


Un dernier mot pour la couverture, elle est superbe !



Sur mon échelle : 📚📚📚📚

lundi 31 août 2026

Chronique : White River - Ian McGuire

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman White River, écrit par Ian McGuire et publié aux éditions Rivages.

couverture du livre White River - Ian McGuire


Fiche technique du livre :
Titre : White River
Auteur : Ian McGuire
Éditeur : Rivages
Traduction :  Sophie Aslanides
Genre : Littérature anglaise/ 

Date de parution : le 19 août 2026


Le résumé de l'éditeur :
Durant l'hiver 1766, un colporteur arrive dans un comptoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson avec une pépite d'or et la promesse d'un filon plus au nord, au-delà de la White River. Magnus Norton, le gouverneur du fort, organise en secret une expédition périlleuse pour s'en emparer. Un groupe de prospecteurs - dont Tom Hearn, second sur un baleinier rattaché au comptoir - s'enfonce alors vers les Terres stériles, guidé par une famille autochtone. Lorsque l'hiver arctique referme son piège et que leurs plans s'effondrent, l'expédition vacille au cœur d'une nature aussi sublime qu'impitoyable.

Mon avis :
Magnus Norton gouverne d'une main de maître le comptoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson avec l'aide de son adjoint John Shaw. Lorsqu'un colporteur leur fait miroiter un gisement d'or au Nord dans les terres stériles au delà de la White River, ils décident de monter une expédition afin de l'exploiter pour leur propre compte. Il ne faut surtout pas divulguer l'information et trouver des hommes sûrs. Ce seront Abel Walker neveu de Norton, facile à manipuler et Tom Hearn, un solitaire peu penché sur les confidences.... Pour finir, une famille indienne leur servira de guide : Datsanthi le chef et sa femme Pawpitch , son fils Nabayah et sa compagne Keasik.

Tous les sept partent dans la direction de l'Arctique, vers la promesse d'un eldorado....

C'est un récit documenté absolument passionnant, tout d'abord pour l'aventure au sein d'une nature sauvage et hostile (les descriptions sont superbes), le froid, la faim, la maladie, les blessures, la traversée de la White River et puis surtout pour la confrontation des différents modes de pensée entre les blancs et les indiens, mais aussi avec les esquimaux. Il y a un tel fossé entre leurs conceptions de la vie, leurs habitudes, leurs croyances (avec un peu de surnaturel parfois) que forcément drame il y aura... C'est Shaw qui dérapera le premier, s'en suivra un enchaînement inéluctable de violence.
L'auteur dresse un portrait intime de chacun de ses personnages et les laisse évoluer au fil des pages, il décrit la cruauté, l'assujetissement, les dérives du pouvoir, j'ai adoré voir les caractères se révéler, s'infléchir. Qui restera lucide ? Qui succombera à la cupidité ?

Quelques passages sont particulièrement forts et marquants : une rencontre avec un loup, une chirurgie de terrain, des quiproquos tragiques... Certaines images sont difficiles à oublier !

Le récit prend son temps pour installer l'intrigue mais il est construit très intelligemment de façon à ménager une tension grandissante au fil des pages, il nous tient en haleine du début jusqu'à la toute fin. Si la nature et l'aventure sont omniprésentes, l'Homme reste au centre du propos et c'est avec une incroyable justesse que l'auteur met en lumière ses faiblesses et sa barbarie. Il dresse un tableau sans concession de la colonisation aveugle et brutale.

Une excellente lecture !

Un post-scriptum pour cette couverture que je trouve absolument magnifique ♥


Sur mon échelle : 📚📚📚📚




dimanche 30 août 2026

Chronique : Johnny Clem (Héros de guerre) - Philippe Charlot - Miras

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Johnny Clem (Héros de guerre), écrit par Philippe Charlot et Miras et publié aux éditions Grand Angle.

couverture du livre Johnny Clem (Héros de guerre) - Philippe Charlot - Miras


Fiche technique du livre :
Titre :  Johnny Clem (Héros de guerre)
Scénario: Philippe Charlot
Dessins : Miras
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD

Date de parution : 08 avril 2026

Le résumé de l'éditeur :
À l'aube de la Guerre de Sécession, Johnny a neuf ans et pleure sa maman disparue tragiquement. Son père, seul avec trois jeunes enfants, va refaire sa vie. Autour d'eux, le monde s'agite. Les volontaires de l'Union, exaltés, se précipitent à l'appel du Président Lincoln. C'est cette nouvelle famille que Johnny va se choisir. Celle qui part pour les champs de bataille et les plus terribles boucheries d'une guerre fratricide. À douze ans, sa bravoure lui vaudra ses galons de sergent et le surnom mythique de Johnny Shiloh. Mais derrière la légende se cache une autre réalité : celle d'un enfant qui s'est jeté corps et âme dans la folie des hommes, prisonnier d'une gloire à laquelle il ne pourra plus échapper.


.Mon avis :

Comme bien souvent c'est tout d'abord la couverture de l'album qui m'a attirée et puis ensuite comprendre que tout ceci était tiré d'une histoire vraie, photo à l'appui à la fin de la BD. Incroyable ! 

Johnny n'a que 9 ans lorsque la guerre de Sécession débute. Les volontaires affluent pour rejoindre Lincoln et paradent dans les rues. Johnny ne se sent plus réellement chez lui depuis l'arrivée de celle qui remplacera sa mère défunte, une femme revêche et autoritaire. Il voit cet appel à s'engager comme une opportunité et se glisse subrepticement dans le train des soldats. C'est le début d'une aventure inconcevable et pourtant....
Bien entendu, son passage à l'enrôlement n'est pas suivi de succès, on compte bien le renvoyer chez lui mais il va bénéficier de circonstances inopinées pour s'introduire durablement dans diverses sections. A force de détermination, en se rendant utile inlassablement de bien des façons, il devient la mascotte de tous et gagnent leur respect.

J'ai beaucoup aimé la narration, rythmée par le chant "When Johnny comes marching home again", on nous raconte son arrivée et petit à petit, année après année,  une plongée dans l'horreur de la guerre : la violence, le sang, les régiments décimés, les champs de bataille couverts de morts. Il y a une telle discordance entre son jeune âge et les événements auxquels il participe avec son tambour ! C'est un récit très bien documenté, avec force détails, un album très instructif.

Les dessins sont très réalistes et rendent tangible l'horreur de la boucherie des combats, ils mettent aussi en lumière toute l'humanité de ses personnages. Johnny est ferme et courageux, il sera d'ailleurs décoré et gagnera un surnom, mais il est aussi profondément impacté par tout ce qui l'entoure, la détresse des uns, les deuils...

Un très chouette album qui raconte l'incroyable destin d'un gosse emporté dans une guerre qui le dépasse pour finir sergent à 12 ans.

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


lundi 24 août 2026

Chronique : La colline - Mathilde Beaussault

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman La colline, écrit par Mathilde Beaussault et publié aux éditions Seuil dans la collection Cadre noir.






Fiche technique du livre :
Titre : La colline
Auteur : Mathilde Beaussault
Éditeur : Seuil (Collection Cadre noir)
Genre : Littérature française / Roman noir/ Polar
Date de parution : 06 mars 2026


Le résumé de l'éditeur :
Un jour d’hiver, dans une cité de Rennes, un nouveau-né est découvert au fond d’un container à ordures. Vivant.
Quelques étages plus haut, une jeune fille se vide de son sang. Elle s’appelle Monroe, elle a dix-sept ans.
Dans cette chambre où sa mère l’a enfermée, Monroe revit les mois passés sur la colline, chez sa grand-mère Madeleine. Là-haut, le vent, le labeur et le silence façonnent les corps.
Auprès de cette vieille femme solitaire aux mains guérisseuses, Monroe, enceinte, a découvert une paix inespérée. Et puis tout s’est écroulé.
Monroe s’affaiblit, les policiers enquêtent, les soignants espèrent, les pompiers s’interrogent, la famille se désintègre : durant ces quelques heures d’une intensité foudroyante, chacun mesurera ce qu’il a perdu – ou sauvé – de son humanité.

Mon avis :

Ce jour-là, un bébé est trouvé dans un container poubelle, il est sauvé in extremis, la police enquête d'autant plus que le placenta trouvé dans le sac n'est pas complet, la mère est en danger de mort, c'est une question d'heures, une course contre la montre est lancée.

Monroe accouche quasiment seule sur un matelas de fortune dans sa chambre, Monroe n'a que 17 ans et elle avait été envoyée chez sa grand-mère dans la colline, pourquoi en est-elle arrivée là ?


Par un jeu constant d'aller-retours entre passé et présent, le lecteur plonge peu à peu dans son histoire.

Une famille dysfonctionnelle au possible, chez ces gens-là on ne parle pas.. tout est fermé, et surtout l'amour n'est pas là, il y a la mère totalement indifférente, voire maltraitante, il y a le grand frère voyou, violent, accro aux drogues, une petite frappe.

Monroe se ferme, se tait et avec ses stylos bic dessine, elle dessine tout ce qu'elle voit sur des bouts de feuilles, un arbre, une main, une corneille. Elle a un talent fou et elle s'exprime par ce biais. Etre envoyée chez sa grand-mère Madeleine est une aubaine, une escale dans une vie de misère. Entre elles, les relations se construisent peu à peu, elles s'apprivoisent et Monroe découvre ce que c'est qu'être aimée. Il y a des pages superbes sur leur interactions, pleine d'émotions et de pudeur. Monroe s'apaise au sein de la nature. Elle observe, elle apprend, de Madeleine qui a le don, qui soigne, on vient la voir pour tout un tas de raisons. Elle soigne les corps mais aussi les âmes.

Il y a Jacques, le voisin , l'ami, un pilier.

Il y a aussi Alfred, un autre voisin odieux menaçant.

Et puis il y a les drames ....


Tout un tas de personnages se greffent dans cette histoire, des personnages en première ligne des événements, Etienne le pompier, les aides-soignantes, le petit vieux qui a entendu et trouvé le bébé ...etc... Beaucoup de digressions sur la vie de ces personnages secondaires m'ont parfois fait lâcher mon livre ( Samantha, Lazuli....ça ne m'a tellement pas intéressée , et puis la vulgarité de la Samantha, j'ai détesté... Il y a plein de passages qui m'ont perdue, j'avais qu'une hâte, retourner à l'histoire de Monroe, au cœur du roman qui lui était passionnant)


Un récit dur violent cruel et qui ne ménage personne, le suspense reste constant alimenté par les différentes temporalités, les secours arriveront ils à temps ? Qui est le fautif ? Comment ? Pourquoi ? Et même si on se doute de certaines choses, il faut attendre les toutes dernières pages pour connaître enfin toute la vérité.


J'ai beaucoup aimé que les interrogatoires soient placées entre les chapitres. 

J'ai beaucoup aimé l'alternance temporelle

J'ai beaucoup beaucoup aimé la relation de Monroe et sa corneille.


Une plume toute en simplicité, pleine d'émotions et de sensibilité. Mon cœur s'est brisé à plusieurs reprises !

Ça aurait pu / du être un coup de cœur sans ces digressions qui m'ont perdue par moment.

Mais Monroe et son silence, ses crayons, son oiseau, sa résilience, restera un personnage marquant pour moi.


Sur mon échelle : 📚📚📚





dimanche 23 août 2026

Chronique : Graine de vaurien - Kid Toussaint - Miss Prickly

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Graine de vaurien, écrit par Kid Toussaint et Miss Prickly et publié aux éditions Grand Angle.

couverture de la BD Graine de vaurien - Kid Toussaint - Miss Prickly



Fiche technique du livre :
Titre :  Graine de vaurien
Scénario: Kid Toussaint
Dessins : Miss Prickly
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD
Date de parution : 1er avril 2026


Le résumé de l'éditeur :

À Salina, petite ville de l'ouest des États-Unis, les enfants jouent aux cow-boys pendant que la ville s'apprête à rendre sa justice. Mais ce jour-là, le jeu va trop loin. Ce qui devait rester une farce devient un drame, puis un secret impossible à effacer. Les années passent, l'Ouest se durcit, et les enfants d'hier deviennent des adultes que tout oppose : shérifs ou hors-la-loi, frères ennemis, alliés de circonstance. Pourtant, tous restent prisonniers de ce jour où l'innocence s'est brisée...Western choral et tragique, Graine de vaurien est une fresque sombre et puissante sur la perte de l'innocence, la violence comme héritage, et cette question obsédante : peut-on vraiment échapper aux fautes de l'enfance ?

Mon avis :

Salina, jour d'exécution, John Warlock va être pendu en place publique. On n'attend plus que le train de la ville spécialement pour que les citadins viennent jouir du spectacle de la bête mise à mort.
 Ils s'appellent Nine, Fifty, Ice, Hank, Jonas, Bulle, Winnie, Calico, Ida, Ugly Green Bear et ce jour-là ils ont séché l'école pour jouer aux shérif et aux bandits. Rien ne va se dérouler comme prévu, ni la pendaison, ni le jeu, mais il y aura bien des morts, plusieurs innocents vont perdre la vie... et le secret va être scellé avec des conséquences désastreuses.

S'en suit une longue descente aux enfers. Comment se construire lorsqu'on porte une si grosse responsabilité ? Chacun des enfants va grandir en gérant ce passé à sa façon. Les uns deviendront hors-la-loi, les autres se rangeront dans le camp inverse. Il y aura de la violence, beaucoup (trop?) de violence.... des confrontations... 

Mais une série de meurtres d'enfants, dans des circonstances similaires au drame passé, les poussent à faire alliance. Qui peut bien perpétrer ces crimes? Est-ce un Warlock vengeur? Est-ce un proche qui aurait découvert la vérité?
S'en suit une quête longue, pleine de rebondissements, de morts, d'où personne ne sortira indemne.

Une histoire dure et pleine de fureur qui s'étend sur plusieurs décennies. Un scénario en chapitres qui ménage beaucoup de suspense et s'ancre dans une période où la loi du plus fort fait souvent office de justice. Chaque personnage a sa propre personnalité et leurs relations restent complexes, en premier lieu entre les jumeaux Nine et Fifty. Amis/ennemis, la frontière est mince et les événements les amènent tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. 
Le récit est porté par des dessins réalistes soignés, pleins de détails, très expressifs. Tout ce que j'aime !

Un bémol sur les sauts temporels qui parfois nous laissent un peu dans le flou, il y a des trous dans le récit qu'il faut combler. 

Un bel album et une superbe couverture !

Sur mon échelle : 📚📚📚