Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
Littérature - Polars/Thrillers - SFFF - Romances - BD....

dimanche 23 août 2026

Chronique : Graine de vaurien - Kid Toussaint - Miss Prickly

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Graine de vaurien, écrit par Kid Toussaint et Miss Prickly et publié aux éditions Grand Angle.

couverture de la BD Graine de vaurien - Kid Toussaint - Miss Prickly



Fiche technique de l'album :
Titre :  Graine de vaurien
Scénario: Kid Toussaint
Dessins : Miss Prickly
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD
Date de parution : 1er avril 2026


Le résumé de l'éditeur :

À Salina, petite ville de l'ouest des États-Unis, les enfants jouent aux cow-boys pendant que la ville s'apprête à rendre sa justice. Mais ce jour-là, le jeu va trop loin. Ce qui devait rester une farce devient un drame, puis un secret impossible à effacer. Les années passent, l'Ouest se durcit, et les enfants d'hier deviennent des adultes que tout oppose : shérifs ou hors-la-loi, frères ennemis, alliés de circonstance. Pourtant, tous restent prisonniers de ce jour où l'innocence s'est brisée...Western choral et tragique, Graine de vaurien est une fresque sombre et puissante sur la perte de l'innocence, la violence comme héritage, et cette question obsédante : peut-on vraiment échapper aux fautes de l'enfance ?

Mon avis :

Salina, jour d'exécution, John Warlock va être pendu en place publique. On n'attend plus que le train de la ville spécialement pour que les citadins viennent jouir du spectacle de la bête mise à mort.
 Ils s'appellent Nine, Fifty, Ice, Hank, Jonas, Bulle, Winnie, Calico, Ida, Ugly Green Bear et ce jour-là ils ont séché l'école pour jouer aux shérif et aux bandits. Rien ne va se dérouler comme prévu, ni la pendaison, ni le jeu, mais il y aura bien des morts, plusieurs innocents vont perdre la vie... et le secret va être scellé avec des conséquences désastreuses.

S'en suit une longue descente aux enfers. Comment se construire lorsqu'on porte une si grosse responsabilité ? Chacun des enfants va grandir en gérant ce passé à sa façon. Les uns deviendront hors-la-loi, les autres se rangeront dans le camp inverse. Il y aura de la violence, beaucoup (trop?) de violence.... des confrontations... 

Mais une série de meurtres d'enfants, dans des circonstances similaires au drame passé, les poussent à faire alliance. Qui peut bien perpétrer ces crimes? Est-ce un Warlock vengeur? Est-ce un proche qui aurait découvert la vérité?
S'en suit une quête longue, pleine de rebondissements, de morts, d'où personne ne sortira indemne.

Une histoire dure et pleine de fureur qui s'étend sur plusieurs décennies. Un scénario en chapitres qui ménage beaucoup de suspense et s'ancre dans une période où la loi du plus fort fait souvent office de justice. Chaque personnage a sa propre personnalité et leurs relations restent complexes, en premier lieu entre les jumeaux Nine et Fifty. Amis/ennemis, la frontière est mince et les événements les amènent tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. 
Le récit est porté par des dessins réalistes soignés, pleins de détails, très expressifs. Tout ce que j'aime !

Un bémol sur les sauts temporels qui parfois nous laissent un peu dans le flou, il y a des trous dans le récit qu'il faut combler. 

Un bel album et une superbe couverture !

Sur mon échelle : 📚📚📚


dimanche 9 août 2026

Chronique : Tant de neige et si peu de pain – Béatrice Wilmos

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman Tant de neige et si peu de pain, écrit par Béatrice Wilmos et publié aux éditions Actes Sud dans la collection Babel.


 
couverture du livre Tant de neige et si peu de pain par Béatrice Wilmos

Fiche technique du livre :
Titre : Tant de neige et si peu de pain
Auteur : Béatrice Wilmos
Éditeur : Actes Sud (Collection Babel)
Genre : Littérature française / Roman historique / Poésie russe
Date de parution : 3 septembre 2025





Le résumé de l'éditeur :

Moscou, 1919. Marina Tsvetaeva a vingt-sept ans. Son mari s’est engagé dans les armées blanches et elle ignore s’il est toujours en vie. Seule, en pleine guerre civile, elle est contrainte de faire des choix....
Dans ce roman bouleversant, Béatrice Wilmos nous amène auprès de l’une des plus grandes poètes de la langue russe, à une époque peu connue de son existence. Et son portrait en écrivaine, mère et femme amoureuse, nous bouleverse.



Mon avis :

Moscou 1919, Marina se confie à ses carnets, elle est seule avec ses deux filles dans une ville sinistrée où se procurer bois, nourriture est un véritable parcours du combattant. Elle décrit la Russie de la disette, de la maladie, des files d'attente interminable, de la faim, du froid ...
Elle est sans nouvelles de son mari sur le front depuis de longs mois.

Instants fugaces, patchwork de sons, de couleurs, de souvenirs heureux, par petites touches se dessine la vie de Marina. De l'enfance dans la maison familiale, de la rencontre avec l'amour de sa vie, la naissance de ses filles tellement différentes jusqu'à l'arrivée de la guerre qui fait passer d'une vie confortable à la misère. S'en suit une vie difficile, il faut abandonner la maison, se réfugier dans le grenier qui devient le "palais-grenier" dans une vaine tentative de maquiller la dure réalité. Il y a aussi les carnets qui permettent d'esquiver, de survivre..."La poésie du quotidien est sa seule consolation"..

On découvre, à travers la reconstitution romancée de Béatrice Wilmos agrémentée de très nombreux extraits de poèmes de Marina et de sa fille, la très belle histoire avec Serjoi, l'amour incommensurable pour la petite Alia, la première née surdouée avec qui elle partage tant, mais aussi l'indifférence voire le rejet pour Irina, la seconde, possiblement affectée d'un déficit intellectuel. 

Parfois, des décisions inconcevables s'imposent, laisser ses enfants à l'orphelinat pour qu'elles soient correctement nourries. Mais rien n'est simple dans la vie de Marina.... Et le drame survient, non sans que sa responsabilité soit largement engagée.

S'en suit une introspection sans concession où se déroulent tous les manquements, la culpabilité qui submerge mais ne peut ni effacer, ni absoudre. 
Mon cœur s'est fracassé sur plusieurs scène d'une cruauté folle. 

Un roman très court, le destin tragique d'une famille ballotée dans les violences de l'Histoire, raconté par une femme amoureuse en souffrance, une mère démunie qui ne sait pas aimer ses deux enfants de la même façon. 

Un texte d'une grande poésie et terriblement poignant.

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


dimanche 2 août 2026

Chronique : Souvenirs introuvables de Laura Wilhelm - Auto édition

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire ( mon avis de lecture) sur le roman Souvenirs introuvables, écrit par Laura Wilhelm et publié en Auto-édition.


Couverture du livre Souvenirs introuvables par Laura Wilhelm



Fiche technique du livre :
Titre : Souvenirs introuvables
Auteur : Laura Wilhelm
Éditeur : Auto-édition
Genre : Littérature française / Romance/ 
Date de parution : le 02 août 2020
Format : ebook



Le résumé de l'éditeur :

Jade est une brillante étudiante en journalisme, elle a 25 ans et ne veut aucun homme dans sa vie. Sauf que … elle ne se souvient de rien ! Totalement amnésique suite à un accident de parapente qui aurait pu la tuer, elle décide de réintégrer son ancienne vie. Elle va découvrir des facettes d’elle-même qu’elle va détester et fera tout pour retrouver ses souvenirs.

À ses risques et périls…"

Vous n'en sortirez pas indemne !



Mon avis :

J'ai lu beaucoup de retours enthousiastes et du coup j'ai remis en route mon compte simplement pro parce que je voulais absolument le lire et je suis consternée parce que je n'ai pas du tout aimé. 

Il y avait pourtant tout pour me plaire, le sujet de l'amnésie, le découpage en plusieurs points de vue, le polar qui s'invite avec cette tentative de meurtre , des personnages plutôt sympathiques (surtout Antoine et Julien) mais voilà, je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire ou plutôt dans les histoires... C'est d'ailleurs un peu ça qui m'a perdue. Trop de récits entrecroisés pour moi, la tentative de meurtre (mais il n'y a pas d'enquête, le coupable est trouvé tellement vite et ça m'a cruellement manqué), les secrets de famille sans lien avec, le drame de Vanessa, la gémellité toxique, les problèmes psychologiques (la partie de Jennifer m'a profondément ennuyée), un attentat. Il y a une sorte de surenchère qui m'a souvent fait lâcher ma liseuse.

Laura Wilhem parvient à emboiter le tout pour expliquer les interactions entre ses personnages mais chaque intrigue aurait mérité à mon sens un roman propre. Là tout est survolé avec quelques incohérences parfois, Jade a perdu la mémoire mais elle se souvient d'un Alan dont on nous glisse le nom sans qu'ensuite on n'en sache plus rien par exemple. J'ai eu aussi du mal avec un tel changement de personnalité entre l'avant et l'après accident.

Après je souligne que l'écriture est agréable, elle m'a fait apprécier le début du roman.

Bref, ce n'est pas souvent que je me trompe autant dans mon choix de lecture, mais là je n'étais clairement pas le public cible. 
Je le répète les retours sont dithyrambiques , je suis la mauvaise note au milieu d'une symphonie. 
Faites vous votre propre opinion ! 


Sur mon échelle : 📚

dimanche 21 juin 2026

Chronique : Les 4 As anthologie - 1er volume - Georges Chaulet - François Craenhals

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Les 4 As anthologie - 1er volume, écrit par Georges Chaulet et François Craenhals et publié aux éditions Casterman.


couverture de la BD Les 4 As anthologie - 1er volume - Georges Chaulet - François Craenhals

Fiche technique de l'album :
Titre :  Les 4 As anthologie - 1er volume
Scénario: Georges Chaulet
Dessins : François Craenhals
Éditeur : Casterman
Genre : BD
Date de parution : 7 mai 2026


Le résumé de l'éditeur :
En 1957, Georges Chaulet publie son tout premier roman des 4 As, Le Fantôme de Campaville, aux éditions Casterman. Un livre drôle, plein de fantaisie, dans lequel Dina, Lastic, Bouffi et Doct, une fille et trois garçons, et leur chien Oscar, enquêtent sur un curieux revenant. " Je crois, décidément, qu'il est sans aucun doute possible de tirer quelque chose de cette équipe-là. ", assure bientôt son éditeur. Le but recherché est clair : proposer une série qui ne soit pas un obstacle éducatif, avec des personnages à la psychologie assez poussée pour souligner les qualités de chacun. Leurs travers sont amusants et contribuent à la réussite de l'entreprise. L'écriture extrêmement visuelle de Chaulet et le trait élégant de Craenhals - qui s'inscrit parfaitement dans la continuité d'Hergé concourent à faire la différence. Les 4 As se déclinent en bande dessinée à partir de 1964.


Mon avis :
Les 4 as est une série de BD parues dans les années 60, cet album est le premier volume d'une anthologie publiée depuis 2024. C'est un très bel objet, relié, toilé, agrémenté de documents et d'analyses qui donnent un éclairage fort intéressant sur l'origine de l'œuvre, sur l'époque, sur les auteurs.

Nous y découvrons 4 personnages très sympathiques bien que terriblement conventionnels. Les auteurs s'amusent à pousser les stéréotypes (jusque dans leurs noms) pour en faire ressortir des effets comiques bienvenus.  

Lastic : le garçon entreprenant, progressiste, touche à tout, toujours à  inventer, fabriquer. C'est un peu le meneur de la bande.

Dina : la seule fille, superficielle et frivole, obsédée par les coiffures, vêtements, décorations mais qui peut surprendre les lecteurs. Pas folle la guêpe !.

Ces deux-là passent leur temps à se chamailler plus ou moins violemment.

Doct : avec ses petites lunettes, c'est l'intello de la bande, toujours le nez dans un bouquin, passionné d'Histoire, il est une mine d'informations et de références.

Bouffi : en surpoids, la nourriture est son principal centre d'intérêt, il est le rigolo du clan.

Sans oublier Oscar, le chien qui ressemble étrangement à Milou !

Dans cette première anthologie, nous les suivons dans 4 de leurs aventures :

- Les 4 As et le serpent de mer
Nos 4 héros sont à la recherche d'un trésor englouti et se frottent au mythe du serpent de mer (une sorte de Lochness) dont tout le monde parle.. Mais ce trésor est convoité par des individus malhonnêtes. Actions et révélations sont au menu.

- Les 4 As et l'aéroglisseur
Cette fois-ci, Lastic entraîne ses compagnons dans la construction d'un avion pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions. Mais leurs efforts ont convaincu un ingénieur de l'école centrale de l'aéronautique de leur proposer de construire ensemble une machine bien plus moderne : un aéroglisseur. Bien entendu, tout ne va pas aller de soi, il y aura de nombreux obstacles à cause d'un Napoléon délirant !

- Les 4 As et la vache sacrée
Mon préféré des 4 titres! Notre petite bande est en vacances à la ferme, vacances sur le papier seulement parce que les tâches y (trop!) sont nombreuses. Parmi le bétail, Pâquerette dotée d'une étoile noire sur le front attire de nombreuses convoitises, ses cornes auraient le pouvoir de guérir le Rajah de Mandragore. Défenseurs et opposants indiens s'affrontent pour ramener ou faire disparaitre la vache sacrée. Péripéties diverses et pérégrinations assurées. 

- Les 4 As et le visiteur de la nuit
Pour cette dernière aventure, les 4 amis viennent en aide à deux sœurs dont les nuits sont agitées. Chaque minuit, un fantôme vient hanter leur maison. Nos héros viennent à la rescousse pour déméler le vrai du faux.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette anthologie, ce groupe de jeunes détectives en herbe s'inscrit dans la veine du "club des cinq", du clan des six ou même de "l'autobus à impérial". On y retrouve ces personnages dont les traits de caractères sont accentués pour les rendre à la fois drôles et attachants. Leurs aventures sont improbables mais se suivent avec bonheur.
On est vraiment dans la BD issue de l'école belge que j'affectionne tout particulièrement, les dessins peuvent rappeler ceux de Hergé et d'ailleurs de nombreuses références amusantes à Tintin s'immiscent entre les pages (le château de Moulinsart, Oscar et Milou, une rencontre imprévue ....) . 

Il y a quelque chose à la fois de délicieusement suranné (on est clairement dans une autre époque) et étonnamment indémodable dans cette série que je poursuivrai très certainement.

Merci Babelio et Casterman ♥

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

samedi 23 mai 2026

Chronique BD : L'écoute - Aleksi Cavaillez

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD L'écoute, écrit par Aleksi Cavaillez et publié aux éditions Dargaud.


couverture de la BD L'écoute par Aleksi Cavaillez


Fiche technique de l'album :
Titre : L'écoute
Scénario: Aleksi Cavaillez
Dessins : Aleksi Cavaillez
Éditeur : Dargaud
Genre : BD
Date de parution : 7 mai 2026


Le résumé de l'éditeur :
Une étudiante revient à Paris à la fin des années 80. Elle trouve un travail contre un logement chez une famille : s’occuper d’un jeune garçon sourd, qui refuse de communiquer. Petit à petit une relation va se nouer entre l’enfant et la jeune femme, Maïté, jusqu’à ce qu’elle retrouve par hasard une amie perdue de vue.



Mon avis :
Quel joli album tout en sensibilité !
Victor est devenu sourd très jeune et il a beaucoup de mal depuis à s'intégrer dans son école, à trouver sa place oscillant entre deux mondes, à rompre sa solitude. Il ne sait plus ou ne veut plus communiquer, ayant perdu ses repères en même temps que son audition. Sa mère, rongée de culpabilité, fait appel pour s'en occuper à Maïté, étudiante en langues à la Sorbonne contre un logement. 
Cette dernière va également retrouver et aider une amie chère qui a perdu sa voix après un terrible choc affectif.

On sent le vécu intime de l'auteur dans les pages de cet album, il y a tant de justesse dans les émotions de l'enfant, dans sa perte de repères, dans le refuge que lui offre son imaginaire. C'est beau, pudique et touchant.

Les dessins en noir et blanc, parfois crayonnés accompagnent parfaitement le propos, on navigue dans un monde ayant perdu une de ses dimensions. La mise en page tantôt classique, tantôt plus savamment désordonnée retranscrit subtilement le chaos personnel de Victor, le silence et ses cris intérieurs. 

Le propos est avant tout sur la communication orale, la voix, l'audition, la musique mais la vue est tout aussi importante. Paris devient un des personnages principaux, donnant à voir à travers de superbes planches qui offrent un panorama de ses rues, ses monuments. 

Des personnages attachants tout en nuances, un thème abordé avec beaucoup de délicatesse, une balade dans les rues de Paris, autant d'éléments pour une fort jolie lecture. 

Merci Babelio et Dargaud ♥

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


dimanche 19 avril 2026

Sœurs des vagues





Scénario :  Tristan Roulot
Dessins : Mikaël
Editions : Le Lombard





1914, en Nouvelle-Écosse, loin des tranchées dans lesquelles les nations d'Europe vont bientôt s'enliser, le petit port côtier de Peggy’s Cove attend le retour des hommes, qui tardent à rentrer de leur dernière campagne de pêche au large de Terre-Neuve. Ne restent que les femmes, les enfants et quelques vieillards. Une nuit sans lune, un mystérieux naufragé s’échoue sur le rivage. Couvert de tatouages de marin, il semble avoir perdu la mémoire... 
Paru le 30 janvier 2026

Mon avis :
Une petite île de Nouvelle Ecosse, un phare que l'on néglige, une nuit de grain et c'est le naufrage... Dans ce petit village déserté par les hommes partis pêcher en mer et dont le retour se fait désespérément attendre, ce sont les femmes qui recueillent un marin à la mémoire défaillante dont la foison de tatouages raconte une vie singulière...
Mais l'arrivée de deux individus louches complexifie rapidement les choses.
Ce naufrage ne semble pas être le seul dans la région et les deux hommes semblent chercher quelque chose de bien particulier.

Une histoire sombre bien menée qui installe très vite une atmosphère d'angoisse. Angoisse de ces femmes seules hantées par la peur de la disparition de leurs hommes en mer, angoisse de voir mis à jour des secrets bien gardés jusque là. Le mystère se révèle peu à peu.

Le dessin à la fois classique et  réaliste est très beau, il met en valeur un scénario bien pensé et surtout des portraits de personnages marquants : le marin amnésique, le gardien du phare solitaire et désabusé, la petite indienne rebelle, l'institutrice qui n'accepte pas son deuil, et toutes ces femmes qui se battent pour survivre à tout prix.... 
Les terres sauvages, la nature indomptée que l'on retrouve sur de très belles planches, tiennent une place de choix dans le récit. Une mention spéciale pour la couverture que je trouve particulièrement réussie et pour le dossier graphique en fin d'album, j'aime toujours autant ce petit plus.

Un bon polar, une très bonne lecture

Merci Babelio et Le Lombard ♥

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


samedi 10 janvier 2026

Chronique : Le sang des collines - Scott Preston

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman Le sang des collines, écrit par Scott Preston et publié aux éditions Albin Michel.



Couverture du livre Le sang des collines - Scott Preston

Fiche technique du livre :
Titre : Le sang des collines
Auteur : Scott Preston
Éditeur : Albin Michel 
Traduction : Paul Matthieu
Genre : Littérature anglaise/ Roman noir/ 
Date de parution : 1er octobre 2025





Le résumé de l'éditeur :

Sur les collines de Cumbrie, où les hommes sont bergers de père en fils, Steve Eliman revient aider son père lors d'une épidémie dévastatrice. Après la mort de ce dernier, il travaille pour William Herne, mari de son ancienne petite amie. Une relation complexe de respect, de méfiance et de rivalité se noue entre les deux hommes qui se lancent dans un vol de moutons à grande échelle.


Mon avis :

Mais quelle écriture ! J'ai tellement aimé cette plume au delà de l'histoire... Une mention particulière pour le traducteur ♥

Un roman âpre, dur, violent et passionnant de bout en bout... J'étais un peu en retard sur mon timing, je l'ai commencé juste au moment de la crise des agriculteurs, comment ne pas y voir un écho avec l'actualité brulante en France ? Ce livre a certainement pris une dimension encore plus intense pour moi.

Les collines de Cumbrie sont des terres arides, sans aucun arbre, où poussent une herbe propice à l'élevage des moutons. C'est sur cette terre balayée par les vents que les hommes se transmettent les troupeaux, des hommes arides, taiseux, aussi bruts que la terre qu'ils foulent.

Steve Eliman a bien tenté de fuir loin, de commencer une nouvelle carrière, il a sillonné le pays au volant d'un poids lourd, transportant marchandises mais il ne peut s'empêcher de revenir au bercail où son père continue d'élever un troupeau de moutons. Au début du roman, la contrée est frappée par la fièvre aphteuse et le gouvernement organise l'abattage des troupeaux... Ceci est censé être maitrisé mais rien ne se déroule selon le schéma prévu, ça dérape rapidement et s'en suivent des scènes épouvantables, un véritable carnage !

William Herne leur voisin est rusé, il tente de flouer les services de l'Etat. Et Steve va le rejoindre, l'aider puis finalement le suivre sur des voies illégales. Comment reconstituer ses troupeaux si ce n'est en les subtilisant où ils sont encore présents ?

William organise, Steve participe. Entre ces deux-là les relations sont particulièrement complexes, pas un mot qui dépasse, tout reste implicite, admiration ? estime? compétition ?

Il y a bien Hélène, la femme de William qui dans sa jeunesse a été le coup de cœur de Steve, elle joue le trait d'union entre eux, mais tout reste complexe, plein de non-dits, de colère, de respect mais aussi de rivalité. Il y a tellement de justesse dans la complexité de cette relation où rien n'est vraiment défini..

J'ai adoré chaque page de ce livre, la plume aussi imagée que poétique, que crue, que familière, un mélange parfaitement dosé. C'est noir, c'est violent, c'est incroyablement prenant.

La dernière lecture de 2025 dont je me souviendrai longtemps... Je ne suis pas habituée à courir les salons, j'habite ma petite campagne, mais j'avoue que cette fois-ci j'aurais adoré avoir une dédicace de l'auteur, après ce premier roman je sais déjà que ce sera un très grand auteur !


Sur mon échelle : 📚📚📚📚