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lundi 25 octobre 2021

Le loup des Ardents


 

Auteur : Noémie Adenis
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire

Grand prix des enquêteurs 2021


Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.
1561, Sologne. L'hiver s'abat sur Ardeloup. Nuit et jour la neige tombe, transformant implacablement le village en prison. Puis un mal mystérieux se répand parmi les habitants. Certains ont des hallucinations terrifiantes, d'autres hurlent qu'ils brûlent alors qu'ils sont glacés. Cette maladie qui imprime sa marque noire sur le corps des mourants est-elle l'œuvre d'un démon ou celle d'un assassin ?
Bientôt, la superstition embrase les esprits. Il faut un coupable avant qu'il ne reste plus personne pour enterrer les morts...
Paru le 16 septembre 2021


Mon avis :

 Une nouvelle fois le grand prix des enquêteurs a frappé, quelle excellente lecture !

Ce roman est tout d'abord une plongée passionnante dans un petit village de Sologne au 16e siècle, Ardeloup. Mode de vie, mode de pensée, l'immersion est totale et l'auteur agrémente son roman d'une foison de détails réalistes et fascinants. 
Quelques personnages clés du village, les notables surtout,  prennent vie dans un récit circonstancié où le rôle de chacun est déterminé. Les querelles et les luttes de pouvoir sont présentes mais les villageois parviennent malgré tout à s'entendre pour leur quotidien.

.L'hiver est là et le froid arrive, un froid saisissant, pénétrant, la neige s'accumule et rend impraticables toutes les routes autour du bourg.
Aymar de Noilat, médecin de passage, se retrouve ainsi bloqué dans la commune. Il est hébergé dans la ferme de l'homme le plus influent. Lorsqu'un mal mystérieux frappe tour à tour les habitants, un mal horrible et effrayant qui s'attaque au corps comme à l'esprit (attention aux âmes sensibles, la médecine de l'époque est parfaitement décrite et quelques scènes sont difficiles...), il n'aura de cesse de soigner, accompagner, chercher un remède malgré les morts qui se succèdent, hommes, femmes, enfants sans distinction.
Il devient de ce fait le témoin privilégié des événements qui s'en suivent... c'est d'ailleurs des extraits de son journal qui figurent en incipit des chapitres.

Très vite la peur s'installe dans ce huis-clos étouffant et les esprits s'échauffent, des rumeurs courent, un rodeur a été perçu, une personne porte malheur, chacun va de sa propre théorie et les superstitions s'opposent aux esprits rationnels. Les vieux secrets du village ressurgissent et exacerbent la situation... quelqu'un doit payer !

Le suspense est très intelligemment entretenu et la seconde partie du roman s'infléchit sans prévenir et bascule sur une autre perspective totalement inattendue, de nouvelles questions se succèdent, renouvelant l'intérêt jusqu'à la toute fin  judicieuse où tout prend sens. 

Un polar astucieux et  passionnant, plein de tensions, de surprises et ancré dans un contexte historique parfaitement restitué, une réussite ! 

Un grand merci à La Bête noire pour cette nouvelle belle découverte !

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

vendredi 19 mars 2021

Quarantaine

 





Auteur : Peter May
Editions : Editions du Rouergue




Qui aurait pu imaginer une chose pareille ? Le domaine centenaire d’Archbishop’s Park, en plein cœur de Londres, défoncé au bulldozer pour y bâtir de toute urgence un hôpital. Alors qu’une épidémie sans merci a séparé la capitale britannique du reste du monde, alors que le Premier ministre lui-même vient de mourir, un ouvrier découvre sur le chantier ce qu’il reste du corps d’un enfant. Des ossements qui ne datent pas du temps des archevêques. MacNeil, l’homme qui a décidé de quitter la police, qui vit ses dernières heures dans la peau d’un flic, est envoyé sur les lieux. C’est lui, le policier désabusé, qui va devoir remonter la piste d’une machination abominable, dans une ville en butte aux pillages où les soldats en patrouille font la loi. Et alors qu’il apprend que son fils unique, Sean, est contaminé à son tour, n’ayant qu’une chance infime d’en réchapper.
Paru le 10 mars 2021

Mon avis :

Je ne connaissais pas Peter May bien que souvent les retours que je lisais me donnaient envie de le découvrir. Et puis il y a eu cette couverture particulièrement belle, ce thème qui m'intriguait et je n'ai pas hésité plus longtemps ! 

Quelle chouette lecture, particulièrement troublante et vraiment captivante !

Londres est en proie à une épidémie de grippe virulente, les taux de contamination et de mortalité sont effarants! 
Coupée du reste du monde, en confinement drastique (couvre-feu, magasins fermés, port du masque obligatoire, tout ce que l'on a connu et bien plus encore...), la ville tente de se sortir de cette terrible situation. 
C'est dans cette atmosphère de peur et de mort que les ossements méticuleusement nettoyés d'une fillette sont découverts sur un chantier de construction.
Jack McNeil se prépare à quitter la police, la démission a été déposée, il ne lui reste plus que quelques heures de service mais c'est à lui que l'enquête est donnée. Devant la jeunesse de la victime et les découvertes singulières d'Amy chargée de la reconstruction du squelette, le flic n'aura de cesse de  trouver le coupable. Grâce à des empreintes sur un vieux ticket de métro, une première piste de dessine.

Dans un Londres déshumanisé, il parcourt les rues désertes, passe les contrôles militaires et pousse les investigations dans les milieux underground de la capitale. C'est une course contre la montre, il lui reste si peu de temps... et le virus en toile fond complique terriblement la tâche et s'invite dans l'équation de la mort de l'enfant.

Outre une enquête passionnante, rythmée (courses poursuites, effractions, confrontations, interrogations et avancées suivies de morts violentes), ce sont les personnages qui donnent tout son sel au roman, des personnages denses, attachants dont la vie privée tourmentée ajoute un degré d'empathie supplémentaire.
La menace d'infection, les victimes de la pandémie dans sa sphère privée, tout affecte profondément McNeil et augmente sa ténacité, il ne lâche rien, l'enquête l'aide à dépasser l'insurmontable.

Malgré quelques interrogations sur le réalisme médical de certaines situations (mais je me laisse bien volontiers convaincre...) le roman est parfaitement agencé, et fait preuve d'une vraie réflexion  jusqu'à une toute fin (les derniers mots) criante de réalisme qui suscite un véritable ascenseur émotionnel ! 

Quelques mots sur cette pandémie décrite en 2005, à une époque où l'imagination de l'auteur aurait pu paraître farfelue et que les derniers mois ont rendue visionnaire.... tous les éléments non survenus et que Peter May a décrit ne semblent plus aussi improbables, comme une sourde menace possible....

Une excellente lecture et mes étagères se sont déjà étoffées de nouveaux romans de l'auteur ! 


Mon appréciation : 📚📚📚📚