Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
Littérature - Polars/Thrillers - SFFF - Romances - BD....
Affichage des articles dont le libellé est survie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est survie. Afficher tous les articles

samedi 24 septembre 2022

Le sang ne suffit pas


 



Auteur 
: Alex Taylor
Editions : Gallmeister
Traduction : Anatole Pons-Reumaux




1748. Dans les montagnes enneigées de l'ouest de la Virginie, un voyageur affamé arrive près d'une cabane isolée. Reathel erre depuis des mois, flanqué d'un dogue féroce. Mais l'entrée lui est refusée par Un colon hostile qu'il n'hésite pas à tuer. Il découvre alors à l'intérieur une jeune femme, Della, sur le point d'accoucher. L'enfant naît dans cette solitude glaciale. Pourtant, le froid, la faim et l'ourse qui rôde dans les parages ne sont pas les seuls dangers pour la mère et le nouveau-né. Car ce dernier a été promis à la tribu Shawnee : c'est le prix à payer pour que Black Tooth, leur chef, laisse en paix les colons du village voisin. Alors que les Shawnees se font de plus en plus impatients, la colonie envoie deux frères à la poursuite de Della, désormais prête à tout pour sauver son bébé.
Paru le 28 mai 2020



Mon avis : A venir



Sur mon échelle : 📚📚📚

jeudi 14 avril 2022

Le silence des repentis

 


Auteur : Kimi Cunningham Grant
Editions : Buchet Chastel
Traduction : Alice Delarbre






Cooper et sa fille de 8 ans, Finch, vivent coupés du monde dans une cabane au nord des Appalaches. La petite fille a grandi au milieu des livres et de la forêt, respectant les dures règles de la vie sauvage. En grandissant, elle cherche à repousser les limites de leur isolement, à s'aventurer plus loin en forêt et commence à s'interroger sur le monde extérieur. Mais Cooper est hanté par les démons qui l'ont poussé à fuir, un passé qui le ronge et qu'il ne peut en aucun cas partager avec sa fille. Dans le silence de la forêt, leurs seuls compagnons sont un étrange "voisin" du nom de Scotland, dont l'omniprésence bienveillante ressemble curieusement à une menace, et Jake, un vieil ami de Cooper qui leur apporte des vivres à chaque hiver. Sauf que cette année, Jake ne vient pas. Ce refuge qui les abrite depuis des années sera-t-il leur sanctuaire ? 
Paru le 31 mars 2022

Mon avis :
Je savais d'avance que ce livre allait me plaire, le titre, le résumé, le thème, la couverture, tout m'attirait  et c'est au final un joli coup de cœur !

Cooper vit loin de tout au milieu d'une forêt dans la cabane en bois de son ami Jack qui le visite une fois l'an pour l'approvisionner. Il y élève seul sa fille Finch âgée de huit ans. Cette vie solitaire s'égrène au rythme de la nature sauvage, couper du bois, chasser, pêcher. Mais le père veille aussi à l'éducation culturelle de la fillette et l'entoure de livres qui lui ouvrent de nouveaux horizons. Le quotidien est organisé et l'extrême vigilance du père semble très vite suspecte...

Lorsque Jack ne vient pas à son rendez-vous annuel, tout est bousculé ! Et quand de surcroit, un individu s'aventure à plusieurs reprises autour de leur maisonnette, le danger devient tangible...

Quelle chouette lecture ! 
Tout d'abord pour les personnages terriblement attachants :
Cooper : il traîne une histoire douloureuse, a des choses à se reprocher et son introspection, ses cas de conscience sont passionnants.
Finch : adorable gamine qui a grandi loin de tout en véritable osmose avec la nature mais que la curiosité du monde extérieur titille de plus en plus. Quelle jolie relation entre le père et la fille ! 
Jack : l'ami envers et contre tout, le lien si particulier qui perdure d'une vie à l'autre.
Sans oublier les autres : l'énigmatique et inquiétant voisin Scotland, la touchante Marie.

Puis il y a l'histoire  racontée à la première personne, celle de Cooper. C'est captivant de bout en bout. Il y a le présent en huis clos plein d'émotions, de tendresse, de tensions, de suspense, de panique, de questions et puis il y a le passé qui revient par vague pour dévoiler à chaque fois un petit morceau d'une vie antérieure où se sont  nouées tant de choses. 

Une lecture impossible à lâcher une fois commencée, j'ai eu tant d'empathie pour Cooper et Finch et puis il y a le dénouement tellement inattendu où certains vont se révéler... Une belle réussite !
La toute fin et l'épilogue ne sont pas dépourvus de quelques flous et raccourcis mais le changement de point de vue est judicieux et bienvenu. 

Une lecture que je n'oublierai pas de sitôt !

Sur mon échelle

mercredi 9 février 2022

Dans la neige ardente





Auteur : Olivier Gallien
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire





Dans une ville à feu et à sang, deux êtres tentent de survivre.

Hugo se terre chez lui, retranché derrière une porte blindée. Il observe l'horizon partir en fumée. Jusqu'au jour où, poussé par le destin, il se décide à sortir et à traverser le chaos pour atteindre le cœur même du brasier.
Pauline a rejoint un groupe de révoltés, quelques jeunes réfugiés dans les tunnels du métro afin d'échapper aux bombardements. À bout de force, elle se résout à sortir, en quête d'air et de lumière.
Dans un univers dévasté, recouvert par une épaisse couche de cendres mortifères, chacun avance avec l'ardeur du dernier souffle, le vacarme comme boussole.
Paru le 13 janvier 2022

Mon avis :

Quel livre saisissant !
Une histoire au scénario concis qui tient en deux lignes mais d'une intensité folle...
Une ville partagée en deux, d'un côté une vie difficile mais possible, de l'autre l'enfer des bombardements et la survie sous terre...Il y a Hugo seul dans son appartement qui regarde de loin les explosions qui s'enchaînent inlassablement sur cette partie où sa famille et ses amis ont choisi d'aller se battre. Pauline hante sa conscience...
On n'en saura pas plus,  ni le comment ni le pourquoi d'une telle situation, ni le lieu, ni l'époque, une histoire intemporelle qui peut se poser n'importe où, dans laquelle il est si facile de se projeter.

Hugo finira par choisir d'aller chercher Pauline.
Tous deux errent de leur côté dans une ville ravagée. La crasse, la puanteur, la violence et la mort règnent, le danger est omniprésent. Chaque rencontre comprend un risque majeur et chacun en fera les frais. Il sera question de découragement, d'espoir, de loyauté, de trahison, d'amour infini, de dépassement de soi...

Une plume incisive, parfois infiniment poétique pour décrire une extrême noirceur...

Un roman dur, très dur, court et percutant, une atmosphère étouffante au milieu de ces amas de cendres qui recouvrent cette part d'humanité qu'ils perdent et qu'ils retrouvent pour la reperdre à nouveau...

Une lecture qui me hantera longtemps ....

Merci  Robert Laffont et La collection La Bête Noire   ! 

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

mercredi 5 janvier 2022

Celui qui veille


 



Auteur : Louise Erdrich
Editions : Albin Michel
Collection : Terres d'Amérique







Dakota du Nord, 1953. Thomas Wazhashk, veilleur de nuit dans l'usine de pierres d'horlogerie proche de la réserve de Turtle Mountain, n'est pas près de fermer l'œil. Il est déterminé à lutter contre le projet du gouvernement fédéral censé « émanciper » les Indiens, car il sait bien que ce texte est en réalité une menace pour les siens.
Contrairement aux autres jeunes employées chippewas de l'usine, Pixie, la nièce de Thomas, ne veut pour le moment ni mari ni enfants. Pressée de fuir un père alcoolique, insensible aux sentiments du seul professeur blanc de la réserve comme à ceux d'un jeune boxeur indien, elle brûle de partir à Minneapolis retrouver sa sœur aînée, dont elle est sans nouvelles.
Pour « celui qui veille », n'ayant de cesse d'écrire aux sénateurs dans le but d'empêcher l'adoption de la loi, quitte à se rendre lui-même à Washington, comme pour Pixie, qui entreprend le premier voyage de sa jeune existence, un long combat commence. Il va leur révéler le pire, mais aussi le meilleur de la nature humaine.
Paru le 5 janvier 2022

Mon avis :

Passer le cap de l'année avec Louise Erdrich, voilà une bien belle façon de commencer mon année de lecture. Cela faisait bien longtemps que je voulais découvrir sa plume et la réception de "Celui qui veille" m'en a donné l'occasion.
Une bien belle découverte !

Nous sommes en 1953 en Dakota du Nord dans la réserve de Turtle Mountain. La vie y est rude et bien souvent misérable. Les hommes sont rongés par l'alcool. Plusieurs générations cohabitent, les anciens aux traditions encore bien chevillées au corps, ce sont eux qui transmettent  cérémonies et récits ainsi que la langue chippewa et les jeunes baignés dans une double culture qui se cherchent et sont attirés par la ville et ses promesses.

Thomas est le président du conseil tribal de Turtle Mountain mais aussi veilleur de nuit dans l'usine de pierres d'horlogerie, principale source d'emplois de la réserve. Pour rester éveiller, il lit des revues et tombe sur un article sur une proposition de loi du sénateur Arthur V. Watkins. Il y est question de "termination", "d'émancipation" des Indiens Chippewas.  Ce texte le plonge dans une intense réflexion et il comprend très vite le danger qui se cache derrière les mots. Un tel texte signe la fin des accords signés et l'extinction de son peuple. Il va alerter, rassembler, écrire, se déplacer jusqu'à Washington pour combattre et se faire entendre.
Quel beau personnage ! Sensible, réfléchi, attentif, il est profondément humain. Bien nommé Wazhashk (rat musqué qui consolide le terrier), il est celui qui veille et rassemble. Les esprits des disparus dont son ami Roderick l'entourent, l'inspirent et c'est auprès de son vieux père sage qu'il vient se ressourcer.

Pixie Paranteau, (Patrice) est la nièce de Thomas. Ouvrière dans la même usine, elle est la principale source de revenus de sa famille mais rêve d'ailleurs, d'une vie de liberté loin de celle qui se dessine devant elle. Deux hommes Loyd Barnes un professeur blanc et Wood Mountain un boxeur indien tournent autour d'elle sans succès. 
C'est une jeune fille au caractère bien trempé qui sait exactement ce qu'elle ne veut pas...
Sans nouvelles depuis trop longtemps de sa sœur Véra, partie à la ville après son mariage, Pixie va entreprendre un voyage à Minneapolis pour la retrouver, un voyage plein d'embûches qui lui ouvriront les yeux sur la cruauté du monde mais aussi sur son identité propre et sur ses choix. 

Autour de ces deux personnages phares gravite toute une galerie de personnages marquants, charismatiques et la force du romans ce sont toutes les histoires intimes de chacun qui mises bout à bout dessinent une Histoire collective passionnante, celle d'un peuple qui se bat pour survivre,  pour son identité. 

Un très beau roman, superbement écrit, profond, dur, touchant, plein d'espoir et un hommage émouvant de Louise Edrich à son grand-père.

Un grand merci à Albin Michel pour cette lecture inattendue. 


Sur mon échelle : 📚📚📚📚



vendredi 20 août 2021

Au delà de la mer


 


Auteur : Paul Lynch
Editions : Albin Michel
Collection : Terres d'Amérique
Traduction : Marina Boraso





« Muets de saisissement, Hector et lui regardent le monde se recomposer dans une magnificence de couleurs. Comme s'ils étaient les premiers à contempler des ciels pareils. Chacun commence à entrevoir la vérité de l'autre, à deviner qu'ils sont tous les deux pareillement démunis au cœur de la vérité des choses. Et qu'au sein d'une telle immensité, ce qu'un homme porte en son cœur n'a plus guère de poids. »

Malgré l'annonce d'une tempête, Bolivar, un pêcheur sud-américain, convainc le jeune Hector de prendre la mer avec lui. Tous deux se retrouvent vite à la merci des éléments, prisonniers de l'immensité de l'océan Pacifique. Unis par cette terrifiante intimité forcée et sans issue, ils se heurtent aux limites de la foi et de l'espoir, à l'essence de la vie et de la mort, à leur propre conscience.
Paru le 18 août 2021

Mon avis :

Voilà bien longtemps que j'avais envie de découvrir Paul Lynch, collectionnant ses livres sans trouver le temps de les sortir et puis l'arrivée surprise de ce titre m'a donné l'occasion d'enfin le lire... 
Et quel livre ! 
Un roman très court, 230 pages, un résumé qui pourrait tenir en deux phrases et pourtant il contient une puissance émotionnelle ...

A quoi tient un destin ?  Une dette auprès de gens peu recommandables et Bolivar prend la mer malgré un avis de tempête. Il doit rentrer de l'argent absolument. Mais son acolyte habituel n'est pas là, il persuade donc Hector, un adolescent sans expérience de l'accompagner. Très vite il est dépassé par les éléments déchaînés et par la défaillance de son bateau. Désormais sans moteur, les deux hommes perdus dans l'immensité de l'océan vont devoir survivre.

Il faut s'organiser, utiliser la moindre des occasions pour se nourrir, boire, faire preuve d'à propos et d'intelligence pratique. Mais la promiscuité forcée entre ces deux hommes qui ne se connaissent pas provoque des sentiments contradictoires. Le huis-clos devient peu à peu étouffant entre espoir et désespoir, entraide et fourberie, entre amour et haine.  Cette dualité constante engendre une tension qui enfle au fil des pages jusqu'à devenir insupportable.

Face aux éléments, dans une solitude abyssale et un immobilisme éprouvant, les deux hommes se replient, se questionnent... une introspection douloureuse sur la vie, sur ses propres choix, sur la religion.  L'ombre de la mort plane et parfois la réalité s'estompe laissant place aux rêves et aux délires... passages déstabilisants.

C'est cruel, c'est tragique et c'est porté par une plume saisissante, à la fois précise et onirique. Il y a des scènes épiques de combats contre l'océan et ses murs de vagues infranchissables, des scènes de connivence et d'espoir d'un réalisme poignant, des scènes troublantes à la limite de l'hallucination et de la démence, des scènes dramatiques à vous serrer le cœur ...

Cette lecture m'a amenée bien loin de ma zone de confort, m'a bousculée, m'a captivée, parfois perdue mais en refermant la dernière page j'avais le sentiment d'avoir lu un grand livre.

Un grand merci à Albin Michel pour cette lecture inattendue. 


Sur mon échelle : 📚📚📚📚

mercredi 19 juin 2019

Sauvages





Auteur : Nathalie Bernard
Editions : Thierry Magnier




Jonas vient d'avoir 16 ans, ce qui signifie qu'il n'a plus que deux mois à tenir avant de retrouver sa liberté. Deux mois, soixante jours, mille quatre cent quarante heures. D'ici là, surtout, ne pas craquer. Continuer à être exactement ce qu'ils lui demandent d'être. Un simple numéro, obéissant, productif et discipliné. En un mot, leur faire croire qu'ils sont parvenus à accomplir leur mission : tuer l'Indien dans l'enfant qu'il était en arrivant dans ce lieu de malheur, six années plus tôt. A travers ce destin, Nathalie Bernard nous parle de ces pensionnats autochtones qui ont existé au Québec jusque dans les années 1990 et qui ont "accueilli" des milliers d'enfants brutalement arrachés à leur culture indienne. Entre roman historique et thriller, l'auteur nous entraîne dans une course effrénée au cœur des immenses forêts québécoises. Une chasse à l'homme qui ne possède que deux issues : la liberté ou la mort.
Paru le 29 août 2018

Mon avis
Lorsque j'ai vu ce titre dans la liste des livres proposés par Babelio lors de sa masse critique, j'ai tout de suite su que ce roman me plairait, que je devais le sélectionner. Le résumé, le thème, la couverture, tout me tentait et j'ai eu la grande chance de le remporter ! 

J'ai tout aimé dans cette lecture, c'est certes de la jeunesse, mais c'est à la fois beau et palpitant !
Construit comme un compte à rebours chapitre après chapitre, Jonas nous livre son histoire, une histoire cruelle de la jeunesse d'un peuple arrachée à sa culture, enfermée dans des établissements où la maltraitance et la cruauté sont légions. Il faut extirper chaque atome de la civilisation amérindienne dans les enfants confiés à l'institution.
Jonas n'a plus que deux mois à tenir, deux mois à rester dans le rang, à ne pas trahir tout ce qui bouillonne en lui. Il est témoin de nombre de tortures psychiques et physiques et tente de survivre avec pour objectif la date où il pourra enfin se retrouver lui-même.  Le récit à la première personne nous expose ses sentiments profonds, ses émotions, ses espoirs, ses révoltes intimes.... Et ses souvenirs l'aident à tenir, à rester intègre.
Quelques personnages particulièrement attachants gravitent autour de lui : la pétillante Lucie, le surprenant Gabriel, l'énigmatique Samson...

Nathalie Bernard, en s'appuyant sur nombre de témoignages comme l'indique la bibliographie en fin d'ouvrage, nous raconte une histoire ancrée dans la réalité d'un passé pas si lointain, c'est terriblement déroutant de se dire que de tels pensionnats existaient encore il y a seulement 30 ans....  déroutant et révoltant...

Son récit se scinde en deux parties bien distinctes, il y a Dedans : le temps du pensionnat où déjà la tension emporte le lecteur avec le sentiment du danger permanent accentué par ce compte à rebours qui s'égraine page après page. Puis il y a Dehors : à j-45 vient le temps hors des murs de l'institution, palpitant, effréné où le danger prend un tout autre visage, où Jonas doit aller chercher dans ses racines la force pour survivre et se battre, symbole d'une certaine victoire d'un peuple dont on ne peut anéantir l'essence... Impossible de poser son livre tant le rythme en est haletant.

Roman jeunesse, historique, d'aventure, à la fois beau, émouvant et captivant, c'est une bien belle découverte et je compte lire très vite d'autres romans de l'auteur, je me suis d'ailleurs déjà procuré "Sept jours pour survivre".

Une grand merci à Babelio et aux Editions Thierry Magnier pour cette très belle lecture !

Mon appréciation : 📚📚📚📚