Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
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mercredi 4 janvier 2023

L'ombre du lac






Auteur : Laure Rollier
Editions : Moissons Noires





Comme chaque année, Valentine, brillante éditrice, vient passer les vacances d'hiver dans le domaine familial, niché au coeur d'un petit village de montagne.
Là-bas, un manuscrit anonyme a été déposé à son attention. Valentine découvre avec effroi qu'elle est l'héroïne de ce thriller machiavélique dans lequel elle est assassinée à la fin.
À Montuis, petit bourg d'un millier d'âmes où tout le monde se connaît, des secrets enfouis depuis plus de vingt ans vont alors refaire surface. Qui a écrit ce roman ? Valentine doit-elle craindre pour sa vie ? Que s'est-il réellement passé « De l'autre côté du lac » ?
Un huis clos haletant où la fiction se mélange à la réalité et dans lequel les mystères du passé viennent rattraper le présent pour le bouleverser à tout jamais.
Paru le 12 janvier 2022

Mon avis : A venir





Sur mon échelle : 📚📚📚

vendredi 20 août 2021

Au delà de la mer


 


Auteur : Paul Lynch
Editions : Albin Michel
Collection : Terres d'Amérique
Traduction : Marina Boraso





« Muets de saisissement, Hector et lui regardent le monde se recomposer dans une magnificence de couleurs. Comme s'ils étaient les premiers à contempler des ciels pareils. Chacun commence à entrevoir la vérité de l'autre, à deviner qu'ils sont tous les deux pareillement démunis au cœur de la vérité des choses. Et qu'au sein d'une telle immensité, ce qu'un homme porte en son cœur n'a plus guère de poids. »

Malgré l'annonce d'une tempête, Bolivar, un pêcheur sud-américain, convainc le jeune Hector de prendre la mer avec lui. Tous deux se retrouvent vite à la merci des éléments, prisonniers de l'immensité de l'océan Pacifique. Unis par cette terrifiante intimité forcée et sans issue, ils se heurtent aux limites de la foi et de l'espoir, à l'essence de la vie et de la mort, à leur propre conscience.
Paru le 18 août 2021

Mon avis :

Voilà bien longtemps que j'avais envie de découvrir Paul Lynch, collectionnant ses livres sans trouver le temps de les sortir et puis l'arrivée surprise de ce titre m'a donné l'occasion d'enfin le lire... 
Et quel livre ! 
Un roman très court, 230 pages, un résumé qui pourrait tenir en deux phrases et pourtant il contient une puissance émotionnelle ...

A quoi tient un destin ?  Une dette auprès de gens peu recommandables et Bolivar prend la mer malgré un avis de tempête. Il doit rentrer de l'argent absolument. Mais son acolyte habituel n'est pas là, il persuade donc Hector, un adolescent sans expérience de l'accompagner. Très vite il est dépassé par les éléments déchaînés et par la défaillance de son bateau. Désormais sans moteur, les deux hommes perdus dans l'immensité de l'océan vont devoir survivre.

Il faut s'organiser, utiliser la moindre des occasions pour se nourrir, boire, faire preuve d'à propos et d'intelligence pratique. Mais la promiscuité forcée entre ces deux hommes qui ne se connaissent pas provoque des sentiments contradictoires. Le huis-clos devient peu à peu étouffant entre espoir et désespoir, entraide et fourberie, entre amour et haine.  Cette dualité constante engendre une tension qui enfle au fil des pages jusqu'à devenir insupportable.

Face aux éléments, dans une solitude abyssale et un immobilisme éprouvant, les deux hommes se replient, se questionnent... une introspection douloureuse sur la vie, sur ses propres choix, sur la religion.  L'ombre de la mort plane et parfois la réalité s'estompe laissant place aux rêves et aux délires... passages déstabilisants.

C'est cruel, c'est tragique et c'est porté par une plume saisissante, à la fois précise et onirique. Il y a des scènes épiques de combats contre l'océan et ses murs de vagues infranchissables, des scènes de connivence et d'espoir d'un réalisme poignant, des scènes troublantes à la limite de l'hallucination et de la démence, des scènes dramatiques à vous serrer le cœur ...

Cette lecture m'a amenée bien loin de ma zone de confort, m'a bousculée, m'a captivée, parfois perdue mais en refermant la dernière page j'avais le sentiment d'avoir lu un grand livre.

Un grand merci à Albin Michel pour cette lecture inattendue. 


Sur mon échelle : 📚📚📚📚

jeudi 21 novembre 2019

Pour seul refuge






Auteur : Vincent Ortis
Editions : Robert Laffont
Collection : La Bête Noire





La plus terrible des prisons est celle qui n'a pas de murs.

De la neige à perte de vue, une ourse affamée, pas une habitation à des kilomètres à la ronde.
Seuls, perdus dans les immensités sauvages du Montana, à plus de deux mille mètres d'altitude, deux hommes se font face : un jeune Indien accusé de viol avec tortures et le juge qui l'a condamné.
Chacun possède la moitié des informations qui pourraient les sauver, or :
Ensemble, ils s'entretueront. Séparés, ils mourront.
Paru le 12 septembre 2019

Mon avis :

Un roman qui a reçu le grand prix des enquêteurs, un jury prestigieux dont les membres venus des différents corps de métiers de la police et de la justice sans oublier le versant littéraire composent une jolie carte de visite.... j'attendais cette sortie avec impatience et je n'ai vraiment pas été déçue.

Ted, par une froide journée s'arrête sur le bord de la route pour venir en aide à un automobiliste en panne. Le juge Edouard Mac Carthy était en route pour venir au secours de son fils arrêté pour détention de drogue.
Le grand policier taiseux conduit le juge pressé mais vers une destination à laquelle ce dernier est loin de s'attendre et que Ted a préparée longuement....
On est dans le Montana, au cœur de l'hiver, la neige recouvre tout, les deux hommes sont bloqués dans un chalet perdu, la partie commence entre eux....un huis clos étouffant !
Ted poursuit un but qui se dessine petit à petit et l'on ressent une vraie empathie à son égard, cet homme droit, dont les convictions ont été bafouées par la justice ce qui a entraîné des conséquences terribles...

Et puis c'est la seconde partie, Ted a avancé ses pions , trois hommes dorénavant sont sur le tapis de jeu, chacun doit la jouer serrer pour arriver en tête, pour survivre....
Une course contre la montre, un véritable suspense constamment entretenu, et surtout des révélations inattendues qui bousculent tout le temps les certitudes, le regard du lecteur sur les personnages change, le doute s'installe, on ne sait plus ou sont les gentils et les méchants, jusqu'à un final terriblement intelligent !
Un thriller délicieusement déstabilisant et impossible à lâcher ! J'ai tout bonnement adoré... On y soulève le clivage justice/police dans un récit maîtrisé de bout en bout, dépaysant, haletant et particulièrement efficace.

Un grand merci à Robert Laffont et La collection  La Bête Noire pour cette excellente lecture !

Mon appréciation : 📚📚📚📚


mercredi 24 janvier 2018

L'Hôtel



Auteur : Yana Vagner
Editions : Mirobole Editions


Dans la neige, une femme tente de regagner le chalet où elle voit ses amis boire et discuter tranquillement. A deux doigts de la porte salvatrice, elle trébuche et se fait poignarder. Ce n'est que le début d'un huis-clos angoissant dans un "Hôtel" situé en altitude et accessible en seul téléphérique. Neuf Russes - quatre hommes, cinq femmes - membres d'une équipe de tournage s'y sont retrouvés pour un séjour d'une semaine. L'endroit est pourvu de nourriture et de bois de chauffage en quantité. Mais les portables n'y captent pas de réseau. Et bientôt une tempête de glace coupe l'électricité. La découverte du cadavre provoque un choc parmi les personnages, surtout quand ils comprennent que le meurtrier se trouve parmi eux.
Paru le 5 octobre 2017

Mon avis :

Un synopsis intriguant, une maison d"édition dont j'aime beaucoup la ligne éditoriale et l'originalité, un prologue vraiment efficace et pourtant, dans un premier temps, la narration éclatée qui change de point de vue d'un paragraphe à l'autre, qui s'adresse au lecteur est très déstabilisante. Il faut un peu de temps pour s'habituer et finalement vraiment apprécier ce rythme très particulier.

9 russes, amis de longue date, se retrouvent dans un hôtel pour un petit séjour vacances avant le tournage d'un film dans lequel ils sont tous engagés à divers niveaux.
9 personnages très différents, aux caractères parfois bien trempés, particulièrement antipathiques, tapageurs, irrespectueux, portés sur la boisson. Ils se connaissent depuis plus de 20 ans, une amitié indéfectible semble les lier.
Oscar a la lourde mission de gérer le bien être de tout ce petit monde et la tâche n'est pas de tout repos surtout avec la charge d'antipathie qu'il porte contre le peuple russe qui puise sa source dans l'histoire entre les deux pays et la chute du communisme.

Le séjour ne va pas se dérouler comme prévu, un meurtre est commis, le grésil survient, routes bloquées, coupure de courant, ils se retrouvent  totalement isolés autour de ce cadavre.

L'atmosphère devient vite pesante, l’hôtel semble se resserrer autour d'eux et favoriser les tensions. Il prend vie, devient personnage central avec ses portes qui s'ouvrent sur des vérité dérangeantes et la chaudière devient cœur de l'édifice, ronronne....
Peu à peu, ces personnages superficiels, dans le paraître et habitués au monde clinquant du cinéma prennent de la densité, relèvent les masques et la belle amitié, les faux-semblants, les connivences, les couples, tout se délite.... l'assassin est parmi eux, on s'observe, les rancœurs jaillissent....

Quelle justesse dans la précision quasi chirurgicale avec laquelle l'auteur décortique les sentiments humains ! Les tensions, la violence, les lâchetés, la peur et les éraflures de l'amitié.
Les couples se déchirent, on plonge dans le passé de chacun, un à un, et peu à peu ces personnages quasi sans consistance prennent corps, les âmes de dessinent dans toutes leur complexité.

La tension est exacerbée par une sorte de contre la montre, comprendre et gérer avant l'arrivée des secours, des forces de l'ordre... il y a une sorte de besoin vital à démêler cette histoire en vase clos,  c'est leur propre histoire commune qui se noue, se rejoue et se dénoue.... Tout le monde avait quelque chose à reprocher à Sonia, tous sont potentiellement coupables.

L'atmosphère est vite saturée de violence verbale ou physique... le drame se déroule en plusieurs actes, dans un huis clos étouffant parce que Oscar, l'intrus, est là au milieu d'eux et empêche toute facilité, toute compromission, ils ne peuvent s'arranger des faits et sentiments comme ils le font depuis 20 ans. Oscar est véritablement un personnage pivot du récit, sa seule présence silencieuse pèse sur tous et oblige chacun à regarder la réalité crue,  chaque vérité à se révéler....

Minutie des comportements, des pensées, des émotions, justesse du propos, c'est criant de vérité, effroyable de cruauté et d'indécence parfois. Le lecteur devient témoin de l'intime de chacun, de ses lâchetés, de ses peurs....une plongée directe sans filtre dans l'âme humaine...

La fin est passionnante, tout s'emballe et tient le lecteur en haleine jusqu'au bout....
Un véritable thriller d'atmosphère glaçant, captivant et une fin très réussie, surprenante, et terriblement réaliste.


Vivement le prochain Yana Vagner !

Un grand merci  à Mirobole Editions pour la version numérique de ce roman, j'ai depuis la version papier sur mes étagères !


Ma notation : 4,5/5