Blog de chroniques de lectures variées et diverses :
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dimanche 13 septembre 2026

Chronique : Le fils de l'ogre - Eric Stalner

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Le fils de l'ogre, écrit par Eric Stalner et publié aux éditions Grand Angle.

couverture de la BD Le fils de l'ogre - Eric Stalner

Fiche technique du livre :
Titre :  Le fils de l'ogre
Scénario: Eric Stalner
Dessins : Eric Stalner
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD

Date de parution : 02 septembre 2026


Le résumé de l'éditeur :
Un enfant sauvé des eaux.
Un bandit au grand coeur.
Un ogre lancé à leurs trousses. Cévennes, 1743. Pour arracher son bébé à la cruauté de son père, le baron de Lazes, surnommé l'Ogre, Héloïse se jette d'une falaise avec l'enfant. Elle périt, mais le nourrisson survit par miracle.
Recueilli par Guillaume-Paulin Valdéran de Langre, noble déchu devenu bandit de grand chemin, il grandit sous le nom de Baptiste. Mais au château de Lazes, l'Ogre réclame son héritier et organise une traque impitoyable pour le retrouver.
Face à un tyran prêt à tout pour perpétuer sa lignée, Guillaume-Paulin devra bientôt choisir : protéger l'enfant... ou défier l'Ogre.

Mon avis :

Guillaume est un noble sans le sou, une sorte de Robin des bois protestant, il vole les riches et donnent l'argent récolté pour diverses œuvres. Lors d'une de ses sorties, il trouve un enfant dans l'eau d'une rivière sans se douter des terribles circonstances qui l'ont amené là. Il le sauve d'une noyade certaine. Bien décidé à s'en débarrasser rapidement, il va rencontrer embûches et contretemps et finalement devoir le garder près de lui plus longtemps que prévu. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que l'enfant qu'il a nommé provisoirement Baptiste est en vérité le fils de l'ogre, ce baron sanguinaire craint de tous. L'homme veut récupérer son fils à tout prix et ses hommes partis à sa recherche sèment violence et morts sur leur chemin.

Vont-ils mettre la main sur l'enfant ?


Quelle chouette lecture ! Tout d'abord j'ai beaucoup aimé la mise en page, les vignettes non alignées, débordant du cadre, des découpages libres, la mise en lumière de certaines cases, j'aime beaucoup cette façon de dessiner qui donne du relief au récit. Les dessins plutôt réalistes sont magnifiques, pleins de détails, avec des gros plans expressifs.


Le scénario est bien ficelé. Après une scène d'introduction frappante, il entraîne le lecteur dans une histoire bien plus complexe qu'il ne semble, le passé ressurgit et la confrontation entre Guillaume et l'ogre est inévitable... Le portrait des deux hommes est à l'opposé, l'un est entreprenant, courageux, avec des valeurs, une éthique. Malgré sa volonté de paraître détaché, il a le cœur tendre, mais c'est sans trembler qu'il pourfend l'ennemi. L'autre est veule, passif, se perd dans les plaisirs de la chair et du luxe sans y trouver d'assouvissement. Sa cruauté et sa violence sont légion.

Outre ces deux protagonistes et le petit rescapé, des personnages féminins ont aussi une place de choix : Justine appelée pour s'occuper "temporairement" (ou pas !) de l'enfant , Bérangère qui a élevé Guillaume, une femme débonnaire pleine de bon sens toujours là pour lui, il y a aussi la mère de l'ogre, froide, sévère, maltraitante. 


L'auteur met en lumière la violence du pouvoir aristocratique de l'époque, la guerre entre protestants et catholiques sous jacente, il y a du sang et des morts, des poursuites, des combats, beaucoup d'actions mais il y a aussi des moments plus intimes avec l'enfant,  ce petit bonhomme qui illumine l'album, d'un naturel joyeux, tous s'attachent même malgré eux.


Un très joli album qui appelle une suite parce que le château de l'ogre détenait quelques surprises et la fin n'en est pas vraiment une... J'espère vraiment qu'elle est prévue, je serai au rendez-vous !


Un dernier mot pour la couverture, elle est superbe !



Sur mon échelle : 📚📚📚📚

lundi 31 août 2026

Chronique : White River - Ian McGuire

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman White River, écrit par Ian McGuire et publié aux éditions Rivages.

couverture du livre White River - Ian McGuire


Fiche technique du livre :
Titre : White River
Auteur : Ian McGuire
Éditeur : Rivages
Traduction :  Sophie Aslanides
Genre : Littérature anglaise/ 

Date de parution : le 19 août 2026


Le résumé de l'éditeur :
Durant l'hiver 1766, un colporteur arrive dans un comptoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson avec une pépite d'or et la promesse d'un filon plus au nord, au-delà de la White River. Magnus Norton, le gouverneur du fort, organise en secret une expédition périlleuse pour s'en emparer. Un groupe de prospecteurs - dont Tom Hearn, second sur un baleinier rattaché au comptoir - s'enfonce alors vers les Terres stériles, guidé par une famille autochtone. Lorsque l'hiver arctique referme son piège et que leurs plans s'effondrent, l'expédition vacille au cœur d'une nature aussi sublime qu'impitoyable.

Mon avis :
Magnus Norton gouverne d'une main de maître le comptoir de la Compagnie de la Baie d'Hudson avec l'aide de son adjoint John Shaw. Lorsqu'un colporteur leur fait miroiter un gisement d'or au Nord dans les terres stériles au delà de la White River, ils décident de monter une expédition afin de l'exploiter pour leur propre compte. Il ne faut surtout pas divulguer l'information et trouver des hommes sûrs. Ce seront Abel Walker neveu de Norton, facile à manipuler et Tom Hearn, un solitaire peu penché sur les confidences.... Pour finir, une famille indienne leur servira de guide : Datsanthi le chef et sa femme Pawpitch , son fils Nabayah et sa compagne Keasik.

Tous les sept partent dans la direction de l'Arctique, vers la promesse d'un eldorado....

C'est un récit documenté absolument passionnant, tout d'abord pour l'aventure au sein d'une nature sauvage et hostile (les descriptions sont superbes), le froid, la faim, la maladie, les blessures, la traversée de la White River et puis surtout pour la confrontation des différents modes de pensée entre les blancs et les indiens, mais aussi avec les esquimaux. Il y a un tel fossé entre leurs conceptions de la vie, leurs habitudes, leurs croyances (avec un peu de surnaturel parfois) que forcément drame il y aura... C'est Shaw qui dérapera le premier, s'en suivra un enchaînement inéluctable de violence.
L'auteur dresse un portrait intime de chacun de ses personnages et les laisse évoluer au fil des pages, il décrit la cruauté, l'assujetissement, les dérives du pouvoir, j'ai adoré voir les caractères se révéler, s'infléchir. Qui restera lucide ? Qui succombera à la cupidité ?

Quelques passages sont particulièrement forts et marquants : une rencontre avec un loup, une chirurgie de terrain, des quiproquos tragiques... Certaines images sont difficiles à oublier !

Le récit prend son temps pour installer l'intrigue mais il est construit très intelligemment de façon à ménager une tension grandissante au fil des pages, il nous tient en haleine du début jusqu'à la toute fin. Si la nature et l'aventure sont omniprésentes, l'Homme reste au centre du propos et c'est avec une incroyable justesse que l'auteur met en lumière ses faiblesses et sa barbarie. Il dresse un tableau sans concession de la colonisation aveugle et brutale.

Une excellente lecture !

Un post-scriptum pour cette couverture que je trouve absolument magnifique ♥


Sur mon échelle : 📚📚📚📚




dimanche 30 août 2026

Chronique : Johnny Clem (Héros de guerre) - Philippe Charlot - Miras

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Johnny Clem (Héros de guerre), écrit par Philippe Charlot et Miras et publié aux éditions Grand Angle.

couverture du livre Johnny Clem (Héros de guerre) - Philippe Charlot - Miras


Fiche technique du livre :
Titre :  Johnny Clem (Héros de guerre)
Scénario: Philippe Charlot
Dessins : Miras
Éditeur : Grand Angle
Genre : BD

Date de parution : 08 avril 2026

Le résumé de l'éditeur :
À l'aube de la Guerre de Sécession, Johnny a neuf ans et pleure sa maman disparue tragiquement. Son père, seul avec trois jeunes enfants, va refaire sa vie. Autour d'eux, le monde s'agite. Les volontaires de l'Union, exaltés, se précipitent à l'appel du Président Lincoln. C'est cette nouvelle famille que Johnny va se choisir. Celle qui part pour les champs de bataille et les plus terribles boucheries d'une guerre fratricide. À douze ans, sa bravoure lui vaudra ses galons de sergent et le surnom mythique de Johnny Shiloh. Mais derrière la légende se cache une autre réalité : celle d'un enfant qui s'est jeté corps et âme dans la folie des hommes, prisonnier d'une gloire à laquelle il ne pourra plus échapper.


.Mon avis :

Comme bien souvent c'est tout d'abord la couverture de l'album qui m'a attirée et puis ensuite comprendre que tout ceci était tiré d'une histoire vraie, photo à l'appui à la fin de la BD. Incroyable ! 

Johnny n'a que 9 ans lorsque la guerre de Sécession débute. Les volontaires affluent pour rejoindre Lincoln et paradent dans les rues. Johnny ne se sent plus réellement chez lui depuis l'arrivée de celle qui remplacera sa mère défunte, une femme revêche et autoritaire. Il voit cet appel à s'engager comme une opportunité et se glisse subrepticement dans le train des soldats. C'est le début d'une aventure inconcevable et pourtant....
Bien entendu, son passage à l'enrôlement n'est pas suivi de succès, on compte bien le renvoyer chez lui mais il va bénéficier de circonstances inopinées pour s'introduire durablement dans diverses sections. A force de détermination, en se rendant utile inlassablement de bien des façons, il devient la mascotte de tous et gagnent leur respect.

J'ai beaucoup aimé la narration, rythmée par le chant "When Johnny comes marching home again", on nous raconte son arrivée et petit à petit, année après année,  une plongée dans l'horreur de la guerre : la violence, le sang, les régiments décimés, les champs de bataille couverts de morts. Il y a une telle discordance entre son jeune âge et les événements auxquels il participe avec son tambour ! C'est un récit très bien documenté, avec force détails, un album très instructif.

Les dessins sont très réalistes et rendent tangible l'horreur de la boucherie des combats, ils mettent aussi en lumière toute l'humanité de ses personnages. Johnny est ferme et courageux, il sera d'ailleurs décoré et gagnera un surnom, mais il est aussi profondément impacté par tout ce qui l'entoure, la détresse des uns, les deuils...

Un très chouette album qui raconte l'incroyable destin d'un gosse emporté dans une guerre qui le dépasse pour finir sergent à 12 ans.

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


dimanche 9 août 2026

Chronique : Tant de neige et si peu de pain – Béatrice Wilmos

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman Tant de neige et si peu de pain, écrit par Béatrice Wilmos et publié aux éditions Actes Sud dans la collection Babel.


 
couverture du livre Tant de neige et si peu de pain par Béatrice Wilmos

Fiche technique du livre :
Titre : Tant de neige et si peu de pain
Auteur : Béatrice Wilmos
Éditeur : Actes Sud (Collection Babel)
Genre : Littérature française / Roman historique / Poésie russe
Date de parution : 3 septembre 2025





Le résumé de l'éditeur :

Moscou, 1919. Marina Tsvetaeva a vingt-sept ans. Son mari s’est engagé dans les armées blanches et elle ignore s’il est toujours en vie. Seule, en pleine guerre civile, elle est contrainte de faire des choix....
Dans ce roman bouleversant, Béatrice Wilmos nous amène auprès de l’une des plus grandes poètes de la langue russe, à une époque peu connue de son existence. Et son portrait en écrivaine, mère et femme amoureuse, nous bouleverse.



Mon avis :

Moscou 1919, Marina se confie à ses carnets, elle est seule avec ses deux filles dans une ville sinistrée où se procurer bois, nourriture est un véritable parcours du combattant. Elle décrit la Russie de la disette, de la maladie, des files d'attente interminable, de la faim, du froid ...
Elle est sans nouvelles de son mari sur le front depuis de longs mois.

Instants fugaces, patchwork de sons, de couleurs, de souvenirs heureux, par petites touches se dessine la vie de Marina. De l'enfance dans la maison familiale, de la rencontre avec l'amour de sa vie, la naissance de ses filles tellement différentes jusqu'à l'arrivée de la guerre qui fait passer d'une vie confortable à la misère. S'en suit une vie difficile, il faut abandonner la maison, se réfugier dans le grenier qui devient le "palais-grenier" dans une vaine tentative de maquiller la dure réalité. Il y a aussi les carnets qui permettent d'esquiver, de survivre..."La poésie du quotidien est sa seule consolation"..

On découvre, à travers la reconstitution romancée de Béatrice Wilmos agrémentée de très nombreux extraits de poèmes de Marina et de sa fille, la très belle histoire avec Serjoi, l'amour incommensurable pour la petite Alia, la première née surdouée avec qui elle partage tant, mais aussi l'indifférence voire le rejet pour Irina, la seconde, possiblement affectée d'un déficit intellectuel. 

Parfois, des décisions inconcevables s'imposent, laisser ses enfants à l'orphelinat pour qu'elles soient correctement nourries. Mais rien n'est simple dans la vie de Marina.... Et le drame survient, non sans que sa responsabilité soit largement engagée.

S'en suit une introspection sans concession où se déroulent tous les manquements, la culpabilité qui submerge mais ne peut ni effacer, ni absoudre. 
Mon cœur s'est fracassé sur plusieurs scène d'une cruauté folle. 

Un roman très court, le destin tragique d'une famille ballotée dans les violences de l'Histoire, raconté par une femme amoureuse en souffrance, une mère démunie qui ne sait pas aimer ses deux enfants de la même façon. 

Un texte d'une grande poésie et terriblement poignant.

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


dimanche 21 juin 2026

Chronique : Les 4 As anthologie - 1er volume - Georges Chaulet - François Craenhals

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD Les 4 As anthologie - 1er volume, écrit par Georges Chaulet et François Craenhals et publié aux éditions Casterman.


couverture de la BD Les 4 As anthologie - 1er volume - Georges Chaulet - François Craenhals

Fiche technique de l'album :
Titre :  Les 4 As anthologie - 1er volume
Scénario: Georges Chaulet
Dessins : François Craenhals
Éditeur : Casterman
Genre : BD
Date de parution : 7 mai 2026


Le résumé de l'éditeur :
En 1957, Georges Chaulet publie son tout premier roman des 4 As, Le Fantôme de Campaville, aux éditions Casterman. Un livre drôle, plein de fantaisie, dans lequel Dina, Lastic, Bouffi et Doct, une fille et trois garçons, et leur chien Oscar, enquêtent sur un curieux revenant. " Je crois, décidément, qu'il est sans aucun doute possible de tirer quelque chose de cette équipe-là. ", assure bientôt son éditeur. Le but recherché est clair : proposer une série qui ne soit pas un obstacle éducatif, avec des personnages à la psychologie assez poussée pour souligner les qualités de chacun. Leurs travers sont amusants et contribuent à la réussite de l'entreprise. L'écriture extrêmement visuelle de Chaulet et le trait élégant de Craenhals - qui s'inscrit parfaitement dans la continuité d'Hergé concourent à faire la différence. Les 4 As se déclinent en bande dessinée à partir de 1964.


Mon avis :
Les 4 as est une série de BD parues dans les années 60, cet album est le premier volume d'une anthologie publiée depuis 2024. C'est un très bel objet, relié, toilé, agrémenté de documents et d'analyses qui donnent un éclairage fort intéressant sur l'origine de l'œuvre, sur l'époque, sur les auteurs.

Nous y découvrons 4 personnages très sympathiques bien que terriblement conventionnels. Les auteurs s'amusent à pousser les stéréotypes (jusque dans leurs noms) pour en faire ressortir des effets comiques bienvenus.  

Lastic : le garçon entreprenant, progressiste, touche à tout, toujours à  inventer, fabriquer. C'est un peu le meneur de la bande.

Dina : la seule fille, superficielle et frivole, obsédée par les coiffures, vêtements, décorations mais qui peut surprendre les lecteurs. Pas folle la guêpe !.

Ces deux-là passent leur temps à se chamailler plus ou moins violemment.

Doct : avec ses petites lunettes, c'est l'intello de la bande, toujours le nez dans un bouquin, passionné d'Histoire, il est une mine d'informations et de références.

Bouffi : en surpoids, la nourriture est son principal centre d'intérêt, il est le rigolo du clan.

Sans oublier Oscar, le chien qui ressemble étrangement à Milou !

Dans cette première anthologie, nous les suivons dans 4 de leurs aventures :

- Les 4 As et le serpent de mer
Nos 4 héros sont à la recherche d'un trésor englouti et se frottent au mythe du serpent de mer (une sorte de Lochness) dont tout le monde parle.. Mais ce trésor est convoité par des individus malhonnêtes. Actions et révélations sont au menu.

- Les 4 As et l'aéroglisseur
Cette fois-ci, Lastic entraîne ses compagnons dans la construction d'un avion pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions. Mais leurs efforts ont convaincu un ingénieur de l'école centrale de l'aéronautique de leur proposer de construire ensemble une machine bien plus moderne : un aéroglisseur. Bien entendu, tout ne va pas aller de soi, il y aura de nombreux obstacles à cause d'un Napoléon délirant !

- Les 4 As et la vache sacrée
Mon préféré des 4 titres! Notre petite bande est en vacances à la ferme, vacances sur le papier seulement parce que les tâches y (trop!) sont nombreuses. Parmi le bétail, Pâquerette dotée d'une étoile noire sur le front attire de nombreuses convoitises, ses cornes auraient le pouvoir de guérir le Rajah de Mandragore. Défenseurs et opposants indiens s'affrontent pour ramener ou faire disparaitre la vache sacrée. Péripéties diverses et pérégrinations assurées. 

- Les 4 As et le visiteur de la nuit
Pour cette dernière aventure, les 4 amis viennent en aide à deux sœurs dont les nuits sont agitées. Chaque minuit, un fantôme vient hanter leur maison. Nos héros viennent à la rescousse pour déméler le vrai du faux.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette anthologie, ce groupe de jeunes détectives en herbe s'inscrit dans la veine du "club des cinq", du clan des six ou même de "l'autobus à impérial". On y retrouve ces personnages dont les traits de caractères sont accentués pour les rendre à la fois drôles et attachants. Leurs aventures sont improbables mais se suivent avec bonheur.
On est vraiment dans la BD issue de l'école belge que j'affectionne tout particulièrement, les dessins peuvent rappeler ceux de Hergé et d'ailleurs de nombreuses références amusantes à Tintin s'immiscent entre les pages (le château de Moulinsart, Oscar et Milou, une rencontre imprévue ....) . 

Il y a quelque chose à la fois de délicieusement suranné (on est clairement dans une autre époque) et étonnamment indémodable dans cette série que je poursuivrai très certainement.

Merci Babelio et Casterman ♥

Sur mon échelle : 📚📚📚📚

samedi 23 mai 2026

Chronique BD : L'écoute - Aleksi Cavaillez

 Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur la BD L'écoute, écrit par Aleksi Cavaillez et publié aux éditions Dargaud.


couverture de la BD L'écoute par Aleksi Cavaillez


Fiche technique de l'album :
Titre : L'écoute
Scénario: Aleksi Cavaillez
Dessins : Aleksi Cavaillez
Éditeur : Dargaud
Genre : BD
Date de parution : 7 mai 2026


Le résumé de l'éditeur :
Une étudiante revient à Paris à la fin des années 80. Elle trouve un travail contre un logement chez une famille : s’occuper d’un jeune garçon sourd, qui refuse de communiquer. Petit à petit une relation va se nouer entre l’enfant et la jeune femme, Maïté, jusqu’à ce qu’elle retrouve par hasard une amie perdue de vue.



Mon avis :
Quel joli album tout en sensibilité !
Victor est devenu sourd très jeune et il a beaucoup de mal depuis à s'intégrer dans son école, à trouver sa place oscillant entre deux mondes, à rompre sa solitude. Il ne sait plus ou ne veut plus communiquer, ayant perdu ses repères en même temps que son audition. Sa mère, rongée de culpabilité, fait appel pour s'en occuper à Maïté, étudiante en langues à la Sorbonne contre un logement. 
Cette dernière va également retrouver et aider une amie chère qui a perdu sa voix après un terrible choc affectif.

On sent le vécu intime de l'auteur dans les pages de cet album, il y a tant de justesse dans les émotions de l'enfant, dans sa perte de repères, dans le refuge que lui offre son imaginaire. C'est beau, pudique et touchant.

Les dessins en noir et blanc, parfois crayonnés accompagnent parfaitement le propos, on navigue dans un monde ayant perdu une de ses dimensions. La mise en page tantôt classique, tantôt plus savamment désordonnée retranscrit subtilement le chaos personnel de Victor, le silence et ses cris intérieurs. 

Le propos est avant tout sur la communication orale, la voix, l'audition, la musique mais la vue est tout aussi importante. Paris devient un des personnages principaux, donnant à voir à travers de superbes planches qui offrent un panorama de ses rues, ses monuments. 

Des personnages attachants tout en nuances, un thème abordé avec beaucoup de délicatesse, une balade dans les rues de Paris, autant d'éléments pour une fort jolie lecture. 

Merci Babelio et Dargaud ♥

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


dimanche 19 avril 2026

Sœurs des vagues





Scénario :  Tristan Roulot
Dessins : Mikaël
Editions : Le Lombard





1914, en Nouvelle-Écosse, loin des tranchées dans lesquelles les nations d'Europe vont bientôt s'enliser, le petit port côtier de Peggy’s Cove attend le retour des hommes, qui tardent à rentrer de leur dernière campagne de pêche au large de Terre-Neuve. Ne restent que les femmes, les enfants et quelques vieillards. Une nuit sans lune, un mystérieux naufragé s’échoue sur le rivage. Couvert de tatouages de marin, il semble avoir perdu la mémoire... 
Paru le 30 janvier 2026

Mon avis :
Une petite île de Nouvelle Ecosse, un phare que l'on néglige, une nuit de grain et c'est le naufrage... Dans ce petit village déserté par les hommes partis pêcher en mer et dont le retour se fait désespérément attendre, ce sont les femmes qui recueillent un marin à la mémoire défaillante dont la foison de tatouages raconte une vie singulière...
Mais l'arrivée de deux individus louches complexifie rapidement les choses.
Ce naufrage ne semble pas être le seul dans la région et les deux hommes semblent chercher quelque chose de bien particulier.

Une histoire sombre bien menée qui installe très vite une atmosphère d'angoisse. Angoisse de ces femmes seules hantées par la peur de la disparition de leurs hommes en mer, angoisse de voir mis à jour des secrets bien gardés jusque là. Le mystère se révèle peu à peu.

Le dessin à la fois classique et  réaliste est très beau, il met en valeur un scénario bien pensé et surtout des portraits de personnages marquants : le marin amnésique, le gardien du phare solitaire et désabusé, la petite indienne rebelle, l'institutrice qui n'accepte pas son deuil, et toutes ces femmes qui se battent pour survivre à tout prix.... 
Les terres sauvages, la nature indomptée que l'on retrouve sur de très belles planches, tiennent une place de choix dans le récit. Une mention spéciale pour la couverture que je trouve particulièrement réussie et pour le dossier graphique en fin d'album, j'aime toujours autant ce petit plus.

Un bon polar, une très bonne lecture

Merci Babelio et Le Lombard ♥

Sur mon échelle : 📚📚📚📚


samedi 10 janvier 2026

Chronique : Le sang des collines - Scott Preston

Bienvenue sur le blog Chez Bookinette ! Je vous propose aujourd'hui ma chronique littéraire (mon avis de lecture) sur le roman Le sang des collines, écrit par Scott Preston et publié aux éditions Albin Michel.



Couverture du livre Le sang des collines - Scott Preston

Fiche technique du livre :
Titre : Le sang des collines
Auteur : Scott Preston
Éditeur : Albin Michel 
Traduction : Paul Matthieu
Genre : Littérature anglaise/ Roman noir/ 
Date de parution : 1er octobre 2025





Le résumé de l'éditeur :

Sur les collines de Cumbrie, où les hommes sont bergers de père en fils, Steve Eliman revient aider son père lors d'une épidémie dévastatrice. Après la mort de ce dernier, il travaille pour William Herne, mari de son ancienne petite amie. Une relation complexe de respect, de méfiance et de rivalité se noue entre les deux hommes qui se lancent dans un vol de moutons à grande échelle.


Mon avis :

Mais quelle écriture ! J'ai tellement aimé cette plume au delà de l'histoire... Une mention particulière pour le traducteur ♥

Un roman âpre, dur, violent et passionnant de bout en bout... J'étais un peu en retard sur mon timing, je l'ai commencé juste au moment de la crise des agriculteurs, comment ne pas y voir un écho avec l'actualité brulante en France ? Ce livre a certainement pris une dimension encore plus intense pour moi.

Les collines de Cumbrie sont des terres arides, sans aucun arbre, où poussent une herbe propice à l'élevage des moutons. C'est sur cette terre balayée par les vents que les hommes se transmettent les troupeaux, des hommes arides, taiseux, aussi bruts que la terre qu'ils foulent.

Steve Eliman a bien tenté de fuir loin, de commencer une nouvelle carrière, il a sillonné le pays au volant d'un poids lourd, transportant marchandises mais il ne peut s'empêcher de revenir au bercail où son père continue d'élever un troupeau de moutons. Au début du roman, la contrée est frappée par la fièvre aphteuse et le gouvernement organise l'abattage des troupeaux... Ceci est censé être maitrisé mais rien ne se déroule selon le schéma prévu, ça dérape rapidement et s'en suivent des scènes épouvantables, un véritable carnage !

William Herne leur voisin est rusé, il tente de flouer les services de l'Etat. Et Steve va le rejoindre, l'aider puis finalement le suivre sur des voies illégales. Comment reconstituer ses troupeaux si ce n'est en les subtilisant où ils sont encore présents ?

William organise, Steve participe. Entre ces deux-là les relations sont particulièrement complexes, pas un mot qui dépasse, tout reste implicite, admiration ? estime? compétition ?

Il y a bien Hélène, la femme de William qui dans sa jeunesse a été le coup de cœur de Steve, elle joue le trait d'union entre eux, mais tout reste complexe, plein de non-dits, de colère, de respect mais aussi de rivalité. Il y a tellement de justesse dans la complexité de cette relation où rien n'est vraiment défini..

J'ai adoré chaque page de ce livre, la plume aussi imagée que poétique, que crue, que familière, un mélange parfaitement dosé. C'est noir, c'est violent, c'est incroyablement prenant.

La dernière lecture de 2025 dont je me souviendrai longtemps... Je ne suis pas habituée à courir les salons, j'habite ma petite campagne, mais j'avoue que cette fois-ci j'aurais adoré avoir une dédicace de l'auteur, après ce premier roman je sais déjà que ce sera un très grand auteur !


Sur mon échelle : 📚📚📚📚